‹ Le juifChapitre 176 sur 312 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

rapports diplomatiques, a déclaré k l’étranger que la France ne renfermait que des Français On dirait, en vérité, que Napoléon 111 s’est imposé la tâche généreuse de consoler la race juive des souffrances indicibles qu’elle a endurées dans le passé, et qu’elle endure encore dans beaucoup de contrées prétendues civilisées *! » Ah! gloire et honneur « ’a notre grand et puissant souverain, qui se place, comme l’Ange au glaive flamboyant, entre la barbarie homicide et nos [)auvres frères ». Ailleurs, au contraire, « on voit, k la honte de notre temps, les persécuteurs, les pillards, des bêtes féroces habillées en chrétiens et en Européens, monter en grade et conserver des portefeuilles ministériels ’ ».

a Rendons aussi grâce k l’administration supérieure, qui , s’inspirant de si nobles pensées , n’a cessé de nous donner des preuves de son bienveillant intérêt * »■, et, puisque la circonstance s’y prête, cédons avec empressement k la voi.\ du devoir qui nous appelle k reconnaître un trait véritablement suave et touchant de cette délicate sollicitude, de cette haute et vigilante protection :

Un jeune homme de sang judaïque fut molesté dans un collège « par un de ses camarades , qui ne cessait de le traiter de Juif^ toute occasion. Le père alla se plaindre au ministre de l’instruction publique et demanda protection. Le ministre se rendit immédiatement dans ledit collège; il fit une verte semonce au professeur de la classe, qui n’avait pas voulu intervenir, et le professeur dut écrire une lettre d’excuse au père de famille, blessé dans sa religion ‘ ».

... Ainsi donc, une de ces querelles de bambins qui, d’insultant k insulté, se terminent de toute autre façon entre élèves de sang français-, une de ces taquineries d’écoliers où les supérieurs ne verraient que maladresse dans leur

* Arch. israéliles.,\ll, p. 300; 1867.

2 Univers Israélite, V, p. 193; 1867.

® Univers Israélite , X, p. 433; 1868.

' Archives iraélites, Vil, p. 300; 1867.

5 Archives israélites, XXII, p. 991 ; 1866.

intervention, et laissent li la générosité des camarades le soin de la jusiice finale, voilà qui, sur-le-champ, s’élève aux proportions d’une affaire d’État; voilà qui motive la fastueuse et immédiate intervention du plus haut représentant du pouvoir public, lorsqu’il s’agit... du fils d’un roi? — non , du fils d’un Juif, qu’un de ses camarades ose appeler un Juif, et qui prend les quatre lettres de son nom pour la plus intolérable des insultes 'I D’autres lèveront les épaules devant le ridicule qui se condense dans ce misérable incident; quant à nous, nous y trouvons le mérite immense de caractériser la haute et solide position du Juif au milieu des simples citoyens de l’Empire; nous y admirons l’importance, la puissance de ce persécuté! Comment donc enfin ne battrions -nous pas des mains à cette insigne démonstration , à cette humble génufle.xion devant Israël , puisqu’elle nous apprend que les audacieuses exigences du Juif ne savent plus accepter de frein, puisqu'elle nous révèle que son irrésistible grandeur se développe en raison directe de l’empressement des forts à le satisfaire! Et craindrons-nous d’avoir trop dit lorsque nous le voyons prétendre que l’État lui-même, que la personne même de son chef, celui qu’il vient d’appeler son consolateur et son ange, s’incline, s’humilie devant lui, et rétracte comme une insulte sa parole d'impérial littérateur, si , dans les hasards de son langage , se rencontre un mot qui, s’adressant à un peuple chrétien, semble témoigner

‘ Aussi la tendresse des Juifs pour M. Duruy est-elle sans limite; elle ne s’arrête d’ailleurs pas à cette cause unique. Deux lignes , dont nous nous garderons bien de gâter le style , nous permettront d’en juger :

«Voyez plutôt cette ardeur, celte activité, ce remuement de MM. les évêques et ar<'hevêques français Témoin la guerre achar-

née qu'ils font à M. Duruy, ministre de l’instruciion publique, à l’occasion de sa remarquable circulaire relative à l’enseignement secondaire des jeunes filles; au ministre que la postérité t>énira, comme l’admirent déjà tous les hommes de progrès et amis des lumières pour tout ce qu il a fait de bien et de grand dans le domaine de renseignement publici » Archiv. israél.. Il, p. 68; 1868. — La postérité du Juif le bénira sans doute, puisque les Archives israèlites s’y engagent !

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