CHAPITRE NEUVIÈME
rer, il le proclame, il s’en glorifie, et nous tenons à répéter ses paroles, car elles deviennent un monument de l’Iiisloire: « Comme tout est changé pour nous, Messieurs, en »i peu de temps! Quand j'étais enfant... je ne pouvais pas traverser les rues de ma ville natale sans recueillir quelque injure. Que de luttes j’ai soutenues avec mes poings! Oui, je vous le dis. Messieurs, je suis orgueilleux dos Juifs, et il faut qu’on me passe ce sentiment de vanité; car lorsque j’étais enfant ils me comptaient pour rien »
Le Juif ne comptait pour rien-, tandis qu’il faut aujourd’hui que les États, que les puissances de ce monde, que les souverains comptent et comptent humblement avec lui. Mais d’où nous vient cette sinistre merveille? — Elle tous vient des défaillances de la foi chrétienne. Le chrétien relâché se ligure un peu vile que le Juif, parce qu’il renie les croyances de ses pères, n’est plus un Juif. Elle nous vient encore et plutôt, celte sinistre merveille, du progrès des sociétés occultes, remplies de ces chrétiens apostats qui veulent ce que veut le Juif, c’est-â-dire la civilisation judaïque, celle que nous donne notre précepteur et notre maître, le Juif philosophe, le Juif de Y Alliance universelle. Cette civilisation judaïque commence donc à prendre ouvertement la place de la civilisation chrétienne, et le Juif, en conséquence, de nous crier : Place au maître! place à celui dont vous suivez les doctrines et qui vous a délivrés des imbécillités de la foi chrétienne; arrière la foi qui lit son temps !
Oui, déjà « dans le domaine de la science la lumière commence â se faire. » 11 ne reste plus guère aux enfants du progrès qu’à pousser du pied une religion vermoulue, et le jour de sa chute sé fait pressentir. — « Inaugurée par la savante et spéculative Allemagne, la rénovation des études Ihéologiques s’acclimate en France, qui, grâce à son esprit généralisateur et expansif, peut être appelée â faire pour la synthèse religieuse ce qu’elle lit un jour pour la reconstitution civile et politique du monde. El tout Israélite doUéprou- ' Archives Israélites, I, p. 13; 1867.
uer.k désir de coopérer à cette ceuvre , où sont engagés SCS intérêts les plus sacrés'. »
,11 faut, on le voit, que, refondue comme le furent par la Révolution le droit et l’Iiistoire, la théologie romaine s'accorde avec la philosophie judaïque; il faut que la parole chrétienne se taise; il faut que ceux qui doivent aux leçons du Judaïsme tant de lumières, cessent d’insulter le Juif en donnant au Christ, ignoble et vulgaire supplicié, le nom sacré du Messie; il faut que, sur un sol où le respect est dû aux fils de Jacob comme a des égaux, le spectacle de la croix du Calvaire disparaisse; il faut que la raison de chaque individu donne au monde un Dieu jugé par elle raisonnable; il faut que le langage proscrive la sottise d’un Dieu incarné, d’un Dieu rédempteur mort sur un gibet; il faut que, d’un bout ’a l’autre de la terre, non plus une foi stupide, mais une croyance hostile au surnaturel, c’est-à-dire vraiment antichrélienne et digne des clartés de la science qui affecte de s’appeler moderne*, lie et cimente les uns aux autres les membres de la grande famille humaine! Ilommeoa idée, le Messie que le Juif attend, ce glorieux ennemi du Sauveur des chrétiens, n’est point venu, mais il arrive, son jour approche! et déjà commencent à s’incliner devant Israël les peuples conduits à ses pieds par les Sociétés régénératrices du progrès et de la lumière!... Que l’humanité tout entière , docile à la philosophie de V Alliance universelle Israélite, suive donc sans hésitation le Juif, ce peuple véritablement cosmopolite, le seul qui le soit et le puisse être*, et qui dès aujourd’hui gouverne l’intelligence et les intérêts de,s nations les plus progressives; que cette humanité tourne enfin les yeux vers la mélropole'du monde régénéré ;
‘ Univers israélite, V, p. 223; 1867. L’esprit judaïque, ou antichrétien, s’est introduit dans la science moderne, et en a souvent vicié les découvertes admirables, mais sans faire pâlir une seule des vérités du catholicisme; voilà ce que savent les vrais savants.
2 Nous ne connaissons que la science réelle, sans acception de date.
® Voir plus bas, id., pour le Messie.