CHAPITRE NEUVIÈME
une tolérance qui pourrait servir d’exemple k maints catholiques de nom. »
« L’émancipation complète des Juifs de France, en les mêlant k tous les rangs de la société . en les faisant participer à leur insu à totts les bienfaits du christianisme, soit que les enfants reçoivent l’éducation dans les institutions publiques, soit que les plus intelligents et les plus studieux remplissent des fonctions administratives, judiciaires, industrielles, siègent dans les conseils municipaux, dans les assemblées législatives, dans les sociétés savantes, ou servent dans les rangs de l’armée; cette émancipation civile et politique, disons-nous, a plus fait pour la conversion religieuse des Juifs, depuis cinquante ans, que les persécutions et les exclusions de dix-huit siècles! L’Église a cerlainemcnt reçu dans son sein depuis un demi-siècle, en France, plus d’enfants d’Israël qu’elle n’en a jamais vu embrasser la foi depuis son établissement dans les Gaules ' ! »
Un peu plus tard , un Révérend Pere de sang Israélite nous tient ce même langage et nous dit : « La Synagogue n’est plus aujourd’hui ce qu’elle était il y « vingt ou trente ans!... Renonçant k ses rites séculaires, elle a couvert sa nudité en empruntant quelques lambeaux aux divers cultes chrétiens. Les observances de la loi sont tombées en désuétude; les traductions talmudiques sont inconnues k la génération nouvelle; l’administration du judaïsme, calquée sur celle du protestantisme, n’est plus qu’une constitution civile qui varie et se transforme au gré des gouvernements ! » Et si noUS comparons « cet étrange mouvement du judaïsme moderne avec \’ immobilité où il est demeuré depuis plus de dix-huit siècles, ne pouvons-nous pas constater quelque dessein providentiel sur les restes de Jacob * ? »
‘ Dictionn. encycl. de la thioloq. cathol. , par les plus savants professeurs et docteurs de l’Allemagne , Goschler, t. XII, p. 453 ; 1861 .
^ Notice sur la congp'gation des religieuses de Notre-Dame de Sion, p. 11-1 S; 186*. — Même pensée ddns Question Juive, p. 3, etc.; 1868; brochure importante de 31 pages du R. P. Ratisboiine, de sang israélite.
Ainsi donc, l’Israélite orthodoxe rend une com|)lèle et aveugle obéissance au Talmud, et ce taimndisant forme et formera dans le monde judaïque Yindenructible myau de la nation Mais dans notre Occident, partout où la civilisation chrétienne, partout même où la civilisation abâtardie des peuples qui sont en voie de se déchristianiser atteint le Juif, elle le contraint jour à jourâ repousser les obscénités, les absurdités et les horreurs doctrinales de ce code traditionnel et suprême de la foi. Si donc l’orthodoxie judaïque trouve quelque intérêt encore à conserver son nom dans les royaumes occidentaux, elle y t)erd â peu près, et sauf au bout de l’Europe, sa substance pharisaïque, son antique et rébarbative physionomie, le principe essentiel de sa vie. Elle n’y est plus qu’une contrefaçon de l’orthodoxie, on plutôt qn’nn cadavre dont la tiédeur s’éteint, que réchaufîent et que cherchent vainement ’a ranimer quel(|nes piteux vieillards, objet de l’insultante compassion de leurs fils.
En conséquence de cet abandon du Talmud et de l’opiniâtre aveuglement du Juif, le protestantisme, ce fiéau du bon sens qu’lsraël ignorait hier encore et qu’il salue naïvement du nom de réforme, a vu se lever dans la Synagogue son aurore... et déj'a touche à son couchant; car la marche du réformiste est de nos jours celle du géant! Simple reli(iue archéologique, le Talmud reçoit encore, il est vrai, son coup de chapeau, mais pour recevoir aussitôt après le coup de pied qùi lui signifie sa déchéance et l’ère naissante de ses humiliations. La Bible déj'a n'était plus à scs yeux qu'un livre de symboles ou de fables, et voici maintenant que sa religion, quittant les célestes hauteurs, est réduite à s’intituler banalement le progrès, la marche en avant dans les voies de la raison! .\u nom de la liberté et de Végulité, chacun dès lors s’approprie éijalemént cette raison, prétend l’héberger en lui tout entière, devient l’interprète suprême de
‘ Jusqu’au jour de sa conversion au christianisme.