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CHAPITRE DEUXIÈME

« En vérité, ce prince était un grand homme, un excellent roi; il était digne de tous nos regrets; et nul de ses prédécesseurs ne mérita de si magnifiques funérailles 1 »

La prévision d’Alexandre se réalisa de point en point , et sa femme se concilia le cœur du peuple; mais elle n’eut de reine que le nom; et les Pharisiens, c’ est-h-dire toujours les chefs et les docteurs de la secte, cumulèrent sous son nom les profils et les honneurs de la royauté ‘ !

Ainsi parle l’histoire, écrite pourtant de la main d’un Pharisien, au moment où vient de naître le Sauveur. Et telle était en ces jours lointains la secte, guidée par ses docteurs, par ceu.v que nous appelons aujourd’hui des rabbins. Mais que seront au témoignage de Notre-Seigneur ces hommes épris d’eux-mêmes, qui pervertissent le peuple par leurs traditions controuvées et par les fausses interprétations de la loi; ces saints qui s’apprêtent h fouler aux pieds Moïse et les prophètes, et qui vont se constituer h jamais les lé- 'gislateurs et les arbitres de Juda? Au Christ seul , en effet, il appartient de nous le dire; et, sur ce point historique, nous devrons la lumière h sa parole précise, incisive et charitable, cette fois, par ses duretés salutaires, mais non point par les mollesses et les condescendances d'une lâche modération. Oh! si tout autre que le Sauveur nous tenait ce langage, qui ne crierait de nos jours h l’intolérance et à l’hyperbole? Mais l’Évangile parle, écoutons; car le Juif orthodoxe se fait gloire aujourd’hui même d’être le disciple et le continuateur de ce Pharisien :

Il Deux hommes montèrent au temple pour prier; l'un était Pharisien, l’autre publicain. Le Pharisien se tenant debout, priait ainsi en lui-même : Mon Dieu, je vous rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injustes et adultères; ni même comme ce publicain ’. »

‘ Josèphe, Hist., liv- XIII, ch. xxiii-xxiv.

®S. Luc, Évang., xviii, 10-11.

a LES JUIFS.

Telle est l’opiniou du Pharisien sur lui-mcme, telle est son humilité, sa charité. Mais lorsqu’il s’agit de la multitude dont il est l’idole, les termes par lesquels il la qualifie deviennent h l’instant moins flatteurs, et le texte évangélique nous les rapporte... Ces docteurs ont juré de s’emparer de la personne du Christ, mais le peuple qui le voit à l’œuvre est divisé sur son sujet Les archers qu’ils ont en-

voyés pour le saisir « s’en retournent donc vers les princes des prêtres et les Pharisiens, qui leur disent ; Pourquoi ne l’avez-vous pas amené? Les archers répondent : Jamais homme n’a parlé comme cet homme-lh. — Et les Pharisiens leur répliquent : Êtes-vous donc aussi vous-mêmes séduits? Y a-t-il quelqu’un des sénateurs ou des Pharisiens qui ait cru en lui? — Pour celle populace, qui ne sait ce que c’est que la loi, ce’ sont des gens maudits de Dieu! »

« Sur cela, Nicodème, l’un d’entre eux, et le même qui était venu trouver Jésus la nuit , leur dit : Notre loi permetelle de condamner personne sans l’avoir entendu et sans s’être informé de ses actions? » A ce docteur de leur propre école, qui se mêle de signaler cet outrageux ouhii de la loi, prompte sera leur réponse : « Est-ce que vous êtes aussi Galiléen? Lisez avec soin les Écritures, et apprenez qu’il ne sort point de prophète de la Galilée ' ! »

Gens maudits de Dieu! Galilécns! ainsi donc se trouve qualifié le peuple! Ainsi se voit traité tout docteur qui se permet de défendre la justice et la loi contre l’orgueil homicide du Pharisien. Et cette implacable malice était indispensable à leur domination sur ces foules timides qui les vénéraient. — Car « plusieurs sénateurs croyaient en Jésus ; mais, h cause des Pharisiens, ils n’osaient le reconnaître publiquement, de crainte d’être expulsés de la synagogue, les Juifs ayant déjà résolu que quiconque reconnaîtrait Jésus pour être le Christ serait chassé ’ . »

Jusqu’ici, nous nous bornons à peu près à souffler sur la

* Évang. S. Jean, vu, l;j à 53.

S. Jean, Evang., xii, 42; ix, 22.

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