CHAPITRE DEUXIÈME
poussière de l’bistoire ancienne-, nous ne nous permeltons point encore, quelle que soit notre impatience, d’éloigner nos pas de ces premiers jalons, et le merveilleux trait d’union que tire entre ces temps et le nôtre la main de l’un de nos modernes rabbins, fera sentir, nous l’espérons, l’utilité de notre excursion dans les siècles passés. Voici donc, en l’an de grâce 1867, le mot de M. le grand rabbin Trenel, directeur du séminaire rabbinique , et dontla plume réclame entre le pbarisalsme antique et le pbarisaïsme moderne une solidarité glorieuse :
« Reconnaissons-le, ces Pharisiens qu'on s’est plu, dans des portraits de fantaisie, â dépeindre si violents et si orgueilleux, avaient bien des qualités, bien des vertus. Iis ont été beaucoup calomniés ; ils ont été de bonne heure victimes de cette étrange théorie si souvent appliquée aux Juifs, et qui attribue à tout les défauts et les torts d’une faible minorité ' . »
Quoique pour les Juifs du dix-neuvième siècle, disciples des Pharisiens, les Pharisiens bourreaux du Christ soient encore ses victimes, et que les Évangiles ne soient rien moins que de l’histoire, permettons- nous, en attendant des pages plus récentes, d’opposer à leur parole celle de Jésus, rangé par eux , ainsi que leur propre historien Josèphe , tout Pharitien qu'il était lui-même, au nombre des insignes calomniateurs de leurs ancêtres.
Votre prophète Isaïe vous voyait de loin, et « c’est avec raison qu’il a fait de vous autres, hypocrites, cette prophétie : Ces gens s’approchent de moi de bouche et me glorifient des lèvres, mais leur cœur est bien éloigné de moi*. C’est en vain qu’ils m’honorent, parce qu’ils enseignent des maximes et des ordonnances humaines. Race de vipères, comment peuvent-ils dire de bonnes choses? Car c’est de la plénitude du cœur que la bouche parle ’. »
' Univers Israélite, l’aris, 18ü7, p. 454.
Bible, Isaïe, xxix, 13.
^ Evang. S. Marc, xii, 6 à 9. S. Matthieu, Évang., xii, 34.
îl LES JUIFS.
» Ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles; et si un aveugle en conduit un autre; ils tombent tous deux dans la fosse
» Ayez soin de vous garder du levain des Pharisiens et des Sadducéens; car je vous déclare que si votre justice n’est plus abondante que celle des Scribes et des Pharisiens, vous n’en/rere* pas dans le royaume des deux *. »
Ah 1 ces Pharisiens, qui croupissent avec délices dans l’esprit et les pratiques de leur secte, connaissez -les donc enfin; car si la parole de l’histoire et la parole de l’Évangile ne sont point autant de mensonges, ils lient, ils attachent aux épaules des hommes des fardeaux si pesants qu’on ne les saurait porter, tandis que pour eux ils ne veulent point les remuer du bout du doigt! Toutes leurs actions, ils les font pour être vus du reste des hommes ; et les premières places dans les festins, les premières chaires dans les synagogues, ce sont celles qu’ils recherchent, de même qu’ils aiment à être salués dans les places publiques et a s’entendre appeler maîtres ou docteurs (Rabbi, Rabbins).
« Malheur ’a vous. Scribes et Pharisiens hypocrites, qui fermez aux hommes le royaume des deux; car vous n’y entrerez point vous-mêmes , et vous vous opposez encore a ceux qui désirent y entrer. Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que, sous prétexte de vos longues prières, vous dévorez les maisons des veuves-, c’est pourquoi votre condamnation sera plus rigoureuse. Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un prosélyte^ et que, lorsqu’il l’est devenu , vous le rendez deux fois plus eUgne que vous de l'enfer! Malheur à vous, conducteurs aveugles qui dites : Lorsqu’un homme jure par le temple, son serment n’est rien; mais s’il jure par l'or du temple, ah! cette parole l'engage! Insensés, aveugles, lequel des deux l’emporte donc sur l’autre, ou de l’or, ou du temple qui sanctifie l’or? Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypocrites, qui payez la dîme de la
‘ ftvang. S. Matthieu, xv, <3 ; xvi, 6 ; v, 20.