CHAPITRE DIXIÈME
Prêtre et professeur de théologie au séminaire de Raltenberg
Jean Kolb se livrait à tous les vices; et, digne imitateur des anciens \ Gnostiques, « il attaquait ouvertement la religion et la morale en ' présence des séminaristes et des laïques. Il menait ses élèves le vendredi dans les plus mauvais cabarets, buvait et mangeait avec eux, et les excitait à faire usage en public des viandes défendues par l’Église.
Il leur enseignait sans détour que la simple fornication , loin d’être un péché, était permise, et même nécessaire. Pour leur rendre compréhensibles ces principes de morale (gnostique), il les conduisait luimême dans les fossés de la ville aux heures où les soldats ont coutume de s’y livrer à leurs orgies ; il repaissait ses yeux de ce spectacle , et / exhortait ses séminaristes à imiter en toute tranquillité de conscience J ces abominables exemples. Kolb devint enfin un objet de scandale pour toute la ville; on protesta hautement contre lui à Vienne, mais en vain ; Van Swieten le protégeait, et Kolb demeura cinq années entières à Raltenberg. La mort seule put retirer ce monstre du théâtre de ses crimes, n
Une circonstance permit sans doute « au ministre de l’instruction publique à Vienne de si affreuses audaces : c’est qu’il avait pour complice le premier prélat de l’empire , l’archevêque électeur de Mayence, G*,"* troupe de Judas avec
lui » Ce prélat élçit parvehiTd^illeurs à se donner pour coadjuteur
son parent, le baron de traître à sa patrie, et qui ne craignit point de livrer l’Église aux Irahcs-maçons, ses frères '.
Lors de la chute des principautés ecclésiastiques de l’Allemagne, lui seul gardera la sienne : Napoléon, en lui laissant le domaine temporel de quelques États , lui permit de prendre le titre de primat , ce qui indiquait assez quels projets il basait sur ce prélat I Mais la divine Providence Qt avorter ce projet.
« Ainsi parle le cardinal Pacca ; et le cardinal Consaivi nous montre, le jour du sacre de Napoléon, Mgr D*** assis à la table impériale avant le Pape*. » Enfin, de progrès en progrès, « le ministre de l’in-\ struction publique et l’archevêque de Mayence en étaient venus à] réformer à peu près tout l’épiscopat à leur image. Des loups I on n^ voyait que des loups à la tête des brebis de Dieu I »
Mais où donc s’étaient réfugiés les évêques? Hélas I cette terrible ^ chute de notre sainte Eglise, écrit un digne religieux, « aurait pu facilement être prévenue par nos évêques; mais, ô douleur 1 presque tous y ont prêté la main, et ont préféré rendre hommage aux princes de la j terre que de glorifier le Dieu du ciel. » Trois de ces prélats exceptés,
« les autres purent , à juste titre, être appelés Jes dévastateurs plutôt que les gardiens de leurs troupeaux. Je ne veux pasTilè' peur de vous afniger, vous rappeler le triste souvenir de G***, primat d’Allemagne et archevêque de Salzbourg, ni celui de l’infâme K***, évêque de
a,' Jt.j
^ Voir, même pièce, ce que dii le cardinal Pacca de cei lllumiDC, dont la secle dirigeait alors plut ou moins tous les caljînets de l’Allemagne*
* Voir les autorités, même pièce.
Saint-Pollen et conseiller privé de l’Empereur, caril est trop connu... »
G***, a rival d’E*** en fourberie schisnialique, était franc-maçon , \ comme D***, comme tous les meneurs du mou\emont qui changeait ^ alors la face de l’Alleraatmo. » La franc-maçonnerie , dont les Juifs forment l’dlat-major, « et qui n’est que le janst’nisme doublé du philosophisme son adversaire en apparence, mais foncièrenient son ami, la franc-maçonnerie occupait tous les grands sièges épiscopauXj ou par les titulaires ou par leurs subordonnés. »
« Ainsi les prélats trompaient l’Église, ainsi on les trompait eux-
mômes; ainsi les scandales n’avaient plus de limites Que devaient î ■
donc être les peuples, avec un tel clergé et de telles menées diaboli- ^ ques? Les mœurs s’écroulaient dans les villes, elles étaient bouleversées dans les campagnes; mais nulle part elles ne présentaient un aussi triste spectacle qu’à Vienne, où le gouvernement avait comme /i pris à lâche de corrompre , pour régner à la place de l’Église. » 11 fy prétendait accroître de la sorte son tiès-légitime pouvoir du pouvoir / tout spécial qui ne -saurait appartenir qu’aux ministres de la puissance spirituelle.
El cependant, dans les masses, la foi résistait encore, « tant elle était antique et solide, et tant la grâce de Dieu la soutenait. Quant à la religion, dit le cardinal Pacca, malgré tous les efforts des sectes et des sociétés secrétes pour la déraciner’ du cœur des bons .Allemands, je puis dire qu’elle y était encore pleine de vie dans la plupart des catholiijues, et celle conservation, on peut le dire, était un véritable prodige ‘ I »
Ainsi, lorsque sonnera l’heure des dernières et des plus redoutables persécutions de l’Église, Dieu prolégera-l^il les fidèles, jetés bien plus avant encore que nous ne venons de le voir au milieu des dangers où le vertige s’emparerait de la foi la plus robuste, si le ciel lui-même ne se hâtait d’intervenir. Mais gardons-nous d’agrandir l’ampleur de notre horizon, et bornons-nous, pour le momeni, à répéter une phrase de ce précieux texte, car elle le résume tout entier.
« Le jansénisme, c’est-à-dire la Révolution », tenant le « ministérb. de l’instruction publique », va marcher en Allemagne « à pas de géant. Trente ans encore , et elle sera maitresse de tout. Le Sanhédrin janséniste aura partout ses synagogues sous le nom de loges maçonniques.
Elles dirigeront tous les cabinets, cl elles occuperont presque tous les temples
^ T. Il, p. 81. Cetre pièce iniportdnie, munie de toutes les autoriiés à l’appui, fut publiée (t-diis le Monde, le 13 août Ik68.
* Knncniie implacable et surtout hypocrite de toute liberté, la llévolutiou , dont le jansénisme n’est qu’une face, veut, sous prétexte de progrès, imposer aux familles, dans tous les États, le joug de l'instruction ubiigatuirc; et pounjuoi ? —
Parce qu’elle veut faire de nos cutants les siens, en les modelant à son image; parce <{u'elle veut, couitiie en Autriebe, transFurmer un peuple ebrétirn en un peuple imbu de toutes les doctrines subversives de la civilisation chrétienne, c’està-dire en un p, uple imbu des doetrines du jud.i'isme. Lire les passages que nous avons cités des discours de VAIltancc ûraélile universette.