CHAPITRE DIXIÈME
et ne découvrir qu’avec une réserve extrême les moyens de supériorité qui distinguent sa personne et convergent dans sa main. Le nombre en est infini; loin de noi\s est donc l’idée de les énumérer. Mais a la force que prête au Juif la constitution naturelle de son peuple au milieu des autres peuples, c’est-à-dire l’inappréciable avantage d’être à la fois, en tous royaumes, un État dans l’État, et par cela même, d’un bout à l’autre de la terre, une société presque aussi facilement secrète que patente; à la force que prête au Jitif son habileté séculaire et suprême à tenir sous sa mystérieuse direction les sociétés de l’occultisme, dont l’esprit est l’esprit même qui l’anime; à la force que prête au Juif l’or sur lequel il exerce l’action fatale de l’aimant sur le fer; a la force encore que lui assure la presse , dont l’or est l’un des plus énei^iques moteurs, il faut ajouter une force à laquelle toute autre obéit; et le noyau de la nation la possède à uni rare degré sans que presque aucun frein le gêne '. Or, cette force qui sans cesse, dans le monde, nous oblige à plier ' devant elle, c’est la supériorité de son intelligence, c’est la richesse et l’excellence de sa nature ; avantage qu’il est difficile de contester au Juif, si ce n’est dans les sciences philosophiques, ces régions d’escarpements où tombe et se brise dans des chutes mortelles quiconque prétend en gravir les hauteurs, si la vérité religieuse n’a jeté devant scs pas d’indispensables lumières. De ce côté , le Juif n’est doue qu’un infirme, et pareil est-il à ces hommes que, dans un de ses bons jours, nous a dépeints le poète Hugo : lugubres railleurs qui s’assoient sous les feux du soleil pour le nier et lancer l’ironie au visage du public dont les yeux en affirment les rayons; railleurs dignes de toutes railleries, carilss'enorgueillissent des infirmités et des négations de leur vue comme de la précision suprême dans la faculté de voir!
’ Car la morale talmudique l’atTranchit de toute règle de mœurs dans ses rapports avec le chrétien. Nous admettons, ici comme ailleurs et toujours, de nombreusas exceptions. Quant au Juif non orthodoxe, il agit selon ce qu'il croit, et si sa croyance n’est point judaïque, notre parole ne ralteint jamais.
Frappée autant qu'elle peut l’être de cette supériorité générale du Juif, la feuille protestante qui s’intitule la Gazette de la Croix ne craint donc nullement de proclamer que « partout les Israélites sont supérieurs aux chrétiens ou bien près de les égaler, sauf sur un point seul, le dévouement missionnaire. » Et plus que jamais de nos jours voyonsnous Israël prodiguer la culture ’a cette supériorité générale -, car sa pensée dominante, son ambition, d’apres sa propre parole , c’est « de prendre une éclatante revanche , et d’exciter une admiration éyale au mépris dont il a été, pendant des siècles , la victime ‘ . »
Il n’est point de siècle, pourtant, qui n’ait vu les Juifs se distinguer dans les diverses carrières où l’intelligence humaine brille de ses qualités transcendantes*. Mais de nos jours on renoncerait à nombrer, dans les diflérents États de l’Europe et du monde, ceux des lils de Jacob qui encombrent et parcourent avec distinction les carrières libérales et scientifiques-, ceux qui s’assoient non point sur les fleurs de lis, — jamais ils n’ont eu cet honneur, — mais sur les hauts sièges de notre magistrature-, ceux qui figurent et se distinguent par leur habileté dans les postes administratifs, ou qui portent avec honneur l'épaulette * -, ceux qui , grâce au vole de l’électeur, franchissent le seuil de nos Chambres et deviennent, — ô merveille! — les législateurs des nations chrétiennes; ceux que de remarquables talents élèvent au rang de membres des grands Conseils, d’hommes d’Étal, de ministres, ou, disons le mol, de directeurs des plus puissants royaumes ou des plus puissants souverains de la
• UnivffTs Israélite, V, p. 195; 1867.
'■* Lire Archives israélites, IX, p. 371 à 377 ; 1867.
® Vaillants successeurs d^s guerriers qui combattirent avec le courage du lion sous les Machabées, avec la rage du tigre sous les chefs de révolte qui, depuis la mort du Christ, provoquèrent dans les contrées orientales l’extermination presque totale de leur race. En France, les Archives israélites comptent un Juif sur trois cent soixante habitants, et un nombre d’officiers trois fois plus fort que la proportion de un à trois cent soixante I Ajoutez que les grades d’officiers no sont accessibles aux Juifs que depuis la révolution de 1830. Archives israélites, XVI, p. 746; 1867.