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CHAPITRE DIXIÈME

terre. Et nous ne dirions point assez si nous n’ajoutions que le Juif est, en outre, non point purement et simplement le roi , mais le génie même de la finance.

Ses qualités éminentes, la supériorité de son intelligence primesautière et de son génie méditatif et calculateur, éclatent non-seulement dans le nombre infini des carrières qu’il parcourt avec une haute et rare distinction, mais elle se manifeste dès la tendre jeunesse, et nous les voyons percer dans les concours générau-v de nos lycées , où ses fils paraissent se faire un jeu d’arracher aux nôtres les lauriers dont se couronne le mérite naissant'. Ainsi ses facultés transcendantes se sont-elles manifestées sous mille formes dans les mille régions de l’industrie; le Catalogue des Exposants, et la feuille des récompenses décernées en 1867 au grand concours de l’Exposition universelle, portèrent d’un bout ù l’autre du monde le témoignage de ces glorieux travaux et de ces éclatants succès *.

En un mot, si partout où la comparaison se rend possible nous tenons compte du nombre des têtes, Israël est notre vainqueur; ses aptitudes surpassent celles que nous lui opposons; sou intelligence nous réduit à reconnaître l’infériorité de la nôtre, et nous pouvons, en signalant ce fait, répéter ses propres paroles : N’est-ce pas, au milieu de la foule des peuples, « un spectacle étrange que celui d’une minorité numériquement si mince occupant une place relativement si considérable dans les préoccupations publiques, et n’esl-ce point Ik l’éclatante marque d’une vitalité impérissable s’affirmant en dépit de tous les obstacles ’? »

L’intelligence des fils de Jacob perce et se manifeste avec une rapidité singulière jusque dans le sein des classes iu-

* Univers Israélite, I, p.t ; <866 ; — Archives israélites,lX, p. 403 à 411 ; 1867. Id., VIH, p. 371 à 377 ; 1867; — Univers israélite, VIH, p. 339, 1867, etc., etc.

2 Archives Israélites, XII, p. 549; 1867. Id., XIH, p. 610; — Univers israéiite, XII, p. 584; Î867. Id., 1, p. 9; 1867.

Archives israélites, XV, p. 673; 1867.

fîmes qui forment le gros d'Israël , et ce phénomène nous est décrit par un écrivain de sang judaïque dans un style dont l’allure légère et semi-bouffonne est loin d’altérer la vérité descriptive.

Nous avons dit qu’Israël « est intelligent; prenez, en effet, le Juif le plus dégoûtant, de l’ignorance la plus crasse, de l’accoutrement le plus déguenillé, de la tournure la plus mesbaignante, comme dirait le pantagruéliste Rabelais; faite^le laver, peigner et barbificr; emboîtez ses jambes dans des bottes non encore éculées ; revêtez ses membres d’babits quasi neufs; au linge blanc de sa chemise attachez des boutons en fau.\ h trente-neuf sous; faites servir sa tête de champignon h un chapeau retapé; recouvrez ses mains galeuses de gants beurre frais; armez-les d’un bâton de sapin peint en jonc, surmonté d’une pomme en melchior; glissez dans sa poche quelques écus, et aussitôt vous verrez cette espèce de Quasimodo se redresser et se fendre; il aura l’air superbe, le regard assuré, le geste vif, la parole arrogante et saccadée; il se promènera en dandy sur le boulevard de Gand; et grâce à son baragouin alsacien, â son accent étranger, il se donnera pour un baron allemand , et dînera le même soir au Café de Paris aux dépens de sa dupe'. »

Le Juif est né, ne semble-t-il point, pour le rôle de parvenu? — Non, pourtant 1 et ce que nous dirons, nous, c’est le contraire! Le Juif est un seigneur que la misère accabla, qu’elle avilit, qui dérogea de mille manières, et qui de sa crasse se fit un masque, mais qui sent la valeur de son sang, et que le moindre souffle relève. Vous le voyez donc ) rentrer dans les droiis de sa noblesse avec autant d’aisance et de nonchaloir que l’homme qui , s’étant couvert pendant une nuit glaciale de la dégoûtante couverture d’une auberge, lave sou corps au point du jour et rentre dans ses vêtements de la veille.

Mais ce que nous avançons est-il paradoxe? 11 sera facile

' A. Cerfberr, les Juifs touristes, p. 40; Paris, 1847.

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