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CHAPITRE DIXIÈME

jusqu’à ce jour la langue du vulgaire? — Issue d’un couple unique, ainsi que l’enseignent au Juif et au catholique les livres de Moïse, que tout loin de contredire les données de la science, la race humaine, créée pour habiter ce monde et pour y exercer son empire, l’a couvert tout entier du flot de ses générations. En ce sens, l’hisloire la déclare cosmopolite. Mais l’expérience aflirme-t-elle le cosmopoliti.sme de l’homme en cet autre sens que toute famille humaine puisse impunément transporter sa demeure dans des climats où une longue suite d’années n’a point naturalisé ses pères? En d’autres termes, l’homme qui change les conditions de son milieu natal relrouve-l-il un domicile naturel dans tous les lieux de la terre? Sa vie y a-t-elle même activité, même plénitude, même longueur, et sa race y pousset-elle des rejetons aussi nombreux et aussi viables que sur le sol où fut son berceau?

Non, l’expérience a démontré le contraire; et, dans ce sens, l’homme est loin d’être cosmopolite. Au Juif seul le privilège de l’exception ; et la science interrogée nous dit que sa race obéit « à des lois statistiques de naissance, de maladie et de mortalité, complètement différentes de celles auxquelles sont soumis les peuples au milieu desquels il vit. » Elle nous dit, cette même science, que « seule entre toutes, la race juive s’acclimate et se perpétue dans tous les climats'; qu’elle s’y perpétue sans lutte, d’elle-même, et

* Du non-cosmopolitisme des races humaines, par M. le docteur Boudin, p. 392 ; exlruil du t. P’’ des Mémoires de la Société d’anthropolof/ie de Paris, dont ce savant était président. — Médecin en clief de l’hôpital militaire de Saint- .Martin, à Paris; médecin en chef rie l’armée des Alfies en 18i8, puis de l’armée d’Italie, où il succédait en 1869 à M. le barron Larrey, l’illustre docteur Boudin, auteur de très-nombreux ouvrages, et qui en a laissé plusieurs inédits, traite celte même question au chapitre intitulé Les Juifs (t. Il , p. 128 de son magnifique ouvrage ; Traité de géographie et de statistique médicales, deux énormes volumes de sept cents et tant' de pages chacun, avec planches; Paris, 1867, J.-B, Baillère. Nous allons le citer tout à l’heure.)

Notre très-intime ami M. le docteur Boudin avait été frarc matérialiste ; mais, aimait-il à répéter, «j’ai sur la plupart de mes confrères un énorme avantage : — je sais oublier. » Lorsque l’exp’rience lui faisait reconnaître dans sa croyance scientifique un préjugé d’école, il le

sans appeler a elle ce Ilot auxiliaire et lointain qui devra si longtemps encore, par exemple, soutenir ou accroître le niveau des populations de l’Algérie', de l’Amérique, et d’une multitude de colonies dont le sang veut être sans cesse renouvelé, parce que sans cesse une terre marâtre le dévore.

Mais quelle est la nature des singularités étranges qui distinguent, favorisent ou quelquefois affligent le Juif? Et d’abord quelle est celle des immunités qui lui donnent droit à la vie au milieu des plus mortels fléaux? C’est l'a peut-être ce que quelques exemples nous aideront à saisir!

« En ce qui regarde le choléra, tantôt les Juifs en font

répudiait à l’instant, et sans s’inquiéter du nombre ou de la qualité de ceux qui faisaient de cette erreur un des dogmes de la science moderne. Plusieurs faits de haut magnétisme dont il avait été témoin, et qu’il avait étudiés avec le mélange de sagacité et de ténacité qui caractérisait son esprit , le bouleversèrent. Il y a donc autre chose icibas que de la matière! — Peu de temps après, cet éminent docteur fut mis en rapport avec notre voisin le R. P. Ventura , et bientôt il nous dit : o Je commence à croire que le bon bout est du côté des catholiques. » Un peu plus tard, le crépuscule qu’il avait entrevu devint pour lui pleine lumière, et il se rapprocha de Dieu.

Le 9 mars 1867, vers neuf heures du matin, à la suite d’une longue maladie qui n’avait arrêté ni sa marche ni ses travaux, il nous envoya par un domestique co mot de sa main: «Je suis perdu; un prêtre!...» Nous arrivâmes , et il nous désigna M. l’abbé Depontailler , du clergé de Saint-Roch. Nous l’aidâmes a recevoir les derniers sacrements, et, le soir, vers neuf heures, jouissant d’un calme parfait et conservant la plénitude de son intelligence, il rendait devant nous son âme à Dieu.

La plus complète biographie que nous connaissions sur la vie scientifique et les travaux du docteur Boudin est celle de M. le docteur J. A. N. Perier, ancien médecin en chef de l’hôpital des Invalides. V. Rozier, 39 pages grand in-8“; Paris, 1867; très-fin caractère. Cette brochure fut lue le 20 juin 1867 dans la séance solennelle de la Société d’anthropologie, dont le docteur Boudin avait été le président.

Le père de M. Boudin était officier supérieur; sa mère appartenait à l’une des maisons nobles de la Bavière. 11 était polyglotte, et la langue allemande lui était aussi familière que la française.

' Algérie, mortalité, décès sur 1,000 habitants :

1844. Européens. . . . 44,6. Juifs 21,6.

Docteur Boudin, AW

■cosmopolitisme

des races huvmines, p. 389.

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