CHAPITRE DIXIÈME
mil» les frais', tantôt ils sont pour ainsi dire »euls épargnés, » et ce cas est de beaucoup le plu» fréquent. — Depuis l’année 1832, — « les Juifs ont éié souvent complètement épargnés, lors même qu'ils habitaient les quartiers les plus malpropres et les plus agglomérés. Tout le moyen âge s’accorde â signaler l’immunité des Juifs pendant les épidémies de peste; immunité qui devenait souvent contre eux un prétexte de persécution. En parlant de la peste de 1346, Tschudi, ancien historien, dit textuellement que cette maladie n’atteignit les Juifs dans aucun pays*. » Les Juifs, observe l' International de Londres, « résident dans une localité malsaine, insalubre, et c’est ce que savent ceux qui habitaient le même district, surtout h l’époque où le choléra exerçait ses ravages. Eh bien, h part trois ou quatre cas de maladies, tous les Juifs, et nous comprenons dans le nombre la classe la plus infime et la plus pauvre , ont miraculeusement échappé au fléau * . »
« Frascator nous montre les Juifs échappant complètement à l’épidémie du typhus de 1505; Rau signale la même immunité dans l’épidémie de typhus observée à Langgæus, en 1824; Ramazzini insiste sur l’immunité des Juifs lors de l’épidémie des flèvres intermittentes observée k Rome en 1691 ; Degucr nous montre les Juifs échappant en 1736 k l’épidémie dyssentérique de Nimègue; M. Eisenmanu insiste sur l’extrême rareté du croup chez les. enfants juifs; et, selon ’Wawruch, le tænia (ver solitaire) ne se rencontre pas dans la population juive en Allemagne*. »
' « Diverses maladies constituent l’apanage presque exclusif de la race juive, tandis que d’autres semblent répargner complètement. »Aoncosmopolitisme, p. 3S8. Les maladies ophtnalmiques sévissent avec une certaine prédilection parmi les Juifs. MM. Grellois et Furnari ont signalé en Algérie l’hydrophthalmie comme une propriété presque e.vclusive de cette race. » Docteur Boudin , Géogr. méd., t. II, p. 140. Ce qu’il faut remarquer, c’est que l’immunité de ce souffre-douleur est généralement celle qui l’exemple des maladies mortelles.
“ Iselin, Schweizer Historié, 1734; Boudin, Géogr. méd., t. H, p. 141 .
^ Arch. israél.jXXiV , p. 1063; 1866. En 1849, même phénomène.
^ Lire tout ce chapitre; Gésgr. médic. t. 11, p. 141 ; 1837; Boudin, autorités à l’appui, ib. *
Mais quelles sont pour les Juifs, et pour certains explicaleurs de profession, les causes de cette préservation inexplicable*? Ce sont des causes qui ne peuvent l’élre, puisque la plupart, dans les circonstances ou on les signale, n’existent pas. Ce sera, par exemple, l’observation du régime religieux alimentaire, que nous voyons la plupart des Juifs fouler aux pieds aussi lestement que celle du sabbat! ce sera la circoncision, que nombre d’Israélites commencent à négliger 5 ce seront les ablutions fréquentes et d’autres causes d’égale justesse’! Car, s’il est un fait avéré, c’est que dans tous les pays de ce monde, la saleté du Juif est k l’état proverbial; et, si quelque ville recèle dans son enceinte une population judaïque, ou plutôt si vous y rencontrez un quartier malpropre, misérable, effrayant au point de vue de riiygiène, chacun vous dira, s’il vous arrive de demander : quel est-il? — Eh! que voulez-vous qu’il soit, si ce n’est le quartier des Juifs? Car encore, et non pas enfin, chez les Juifs, où l’on ne se marie guère qu’entre voisins de même race, la fréquence des mariages consanguins est extrême, et la statistique s’est armée de chiffres terribles pour établir, non pas les avantages hygiéniques, mais la multitude des causes de mort et d’infirmités qui sortent de ces néfastes alliances’. Il importe donc de chercher, dans une direction que n’a point encore sondée l’œil profane, les causes de ces singularités que l’observateur voit se répéter sous une étrange variété de formes, et nous ne saurions présenter sous un
‘ Ce fait avait échappé à Shakespeare, puissant observateur : Hath
not a Jew eyes? Fed with the same food, hurt with the same wea-
pons, subject tn the same diseases, liealed by the same means, warmed and cooled by the same winter and summer as a Christian is? Merehaiit of Venice. — Walter Scott montre dans son Ivanohe, à propos d’Isaac of York et de Rebecca, une profonde connaissance de l’état du Juif au moyen âge.
^ Archives Israélites, XXIV, p. 1065 ; 1866.
^ Lire Docteur Boudin, Les Dangers des unions consanguines, et la nécessité des croisemènts dans l’ espèce humaine ; Paris , 1 862 , J.-B. Baillère; brochure in-S» de 82 pages. — Les professions auxquelles le Juif se livre l’exposent peut-être à moins de dangers que le cnrélien; ibid., G^ogr. médic., t. II, p. 140; mais cette cause de préservation serait bien minime/