CHAPITRE DIXIÈME
jour trop favorable à la vue une si phénoménale exception.
Oui, sans autre ressource que lui-même, « dispersé au milieu de tous les peuples et sur tous les points de la terre, loin de la Judée, incroisé et incroisable, ayant ses maladies et ses immunités pathologiques à lui, partout acclimaté, seul peuple véritablement cosmopolite, le Juif représente dans le temps et l’espace, au physique et au moral, le phénomène historique et ethnographique le plus surprenant. Partout il est resté lui-même, gardant ses traditions , ses rites, ses traits, sa nationalité et son type, semblable au Rhône qui traverse le lac de Genève, conservant toujours sa trace et la qualité initiale de scs eaux. »
Oui, « les traits des Juifs sont tellement caractérisés qu’il est difficile de s’y tromper. Depuis des siècles, .ils font partie de la population des pays où ils se sont fixés, mais le climat ne les a point assimilés aux nations parmi lesquelles ils habitent; et, ce qu’il y a de plus important, c’est qu’ils se ressemblent tous dans des climats divers... c’est-'a-dire que tous ont les mêmes caractères de formes et de proportions, en un mot, tout ce qui constitue essentiellement un type. Aussi les Juifs de ces divers pays se ressemblent beaucoup plus entre eux qu’ils ne ressemblent aux nations parmi lesquelles ils vivent' ; » caractère physiologique dont l’invincible ténacité dans le cours des siècles ne cessa de les isoler, en les distinguant de tout compatriote non judaïque, pour les rapprocher de tout Juif étranger ’a la terre où ils avaient vu le jour! Nulle des habitudes que produit la naturalisation ne peut, en effet, changer ou altérer en aucun lieu l’évidence de leur nationalité; « et le climat, malgré la longue durée de son action , ne leur a guère -donné que
* Ibid., p. <28. W. Edwards, Af<%»oire* de la Société ethnologique , 1. 1'-'', p. 1 3, Paris, 184t. — Examinez les monuments égyptiens les plus anciens, et à chaque pas vous rencontrez « des groupes dont les types
sont encore les portraits frappants des Juifs d’aujourd’hui Et si
vous voulez vous contenter d’un espace de trois cents ans, étudiez le tableau de la Cène de Léonard de Vinci. Dans ce chef-d’œuvre, « les Juifs d’aujourd’hui sont peints trait pour trait. » Géogr. méd., t. II, p. 128-9; — Mémoires de la Société ethnologique, t. I"', p. 13.
des diversités de leint el d’expression, ou peut-être d’autres modiücations aussi légères'. »
Ces remarques ont déconcerté plus d’un observateur! Tout n’est point dit sur le Juif cependant, et non-seulement l’immunité qui le poursuit et s’attache à sa chair est un fait dont le physiologiste reste frappé de stupeur et le chrétien muet d'admiration , mais une seconde anomalie l’accompagne et se produit à contre-sens de la frêle apparence du Juif, et de la faiblesse, de la- ténuité de ses membres. Cette singularité consiste dans sa longévité, c’est-à-dire dans la supériorité de sa force vitale sur celle des peuples dont la vigueur physiciue surpasse étrangement sa vigueur.
* DocUîur Boudin, Géogr. méd., p. 1 28-129. — Que s’il plaît à quelques chrétiens de reconnaître, d’accord avec un grand nombre de Juifs, une action divine dans cet état exceptionnel , ce sera le cas de se rappeler le principe, sans cesse rappelé dans nos livres sur la magie, du parallélisme constant qui existe entre l’ordre divin et l’ordre démoniaque dans les choses de ce monde, où le démon est appelé le singe de Dieu. L’application de ce principe se retrouvera sur-le-champ dans l’espèce actuelle; car, à côté de l’ubiquité, ou de l'universalilé merveilleuse, et des immunités du peuple de Dieu , momentanément maudit et humilié, nous rencontrons dans la race énigmatique des Bohémiens, ces sorciers de la bonne aventure, une universalité et des immunités parallèles, quoique d’un ordre très-inférieur. Nous livrons notre idée a ceux qui voudront construire ce parallélisme, dont ils rencontreront quelques éléments dans le chapitre des Bohémiens du Traité de géographie et de statistique médicale en France ■
« Le nom de Bohémiens a été donné à un peuple errant et vagabond qui , depuis le commencement du quinzième siècle, s’est répandu dans toute l’Éurope. 11 paraît aujourd’hui démontré... qu’il est Indien d’origine; mais on ne trouve aucune trace dans l'histoire de son émigration... » Leur nom varie chez les différents peuples de 1 Europe, et ils n sont disséminés dans presque toutes les parties du monde.. . On rencontre aujourd’hui leurs lentes au Brésil, et même dans l’Amérique du Nord , et on estime leur nombre total à 600,000 ou à 700,000. »
O Le Bohémien résiste admirablement au froid et à la chaleur, et il n’est presque jamais malade. Sa sobriété est remarquable, mais il a un goût prononcé pour la chair d’animaux crevés. Presque tous les historiens accusent ce peuple de cannibalisme, et ils attribuent à ses goûts anthropophages les vols d’enfants qui lui sont imputés. » Ib. 124. Nous rencontrerons cette dépravation de goût dans l’élude des sabbats diaboliques ; chez les Juifs ^Bible), chez les Chananéens, chez les idolâtres ou gens à religion démoniaque, et chez les sorciers. Nous aurons, comme conséquence, les vols d’enfants, l’assassinat des adultes, comme celui du P. Thomas, pour avoir leur sang, et nous verrons se dessiner les variantes diverses de l’anthropophagie, qui est un crime sacré. Voir notre livre (momentanément épuisé) Dieu et les Dieux.