‹ Le juifChapitre 218 sur 312 · UI · texte numérisé non relu

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Et vaiDemeot les peuples qui méprisent sa race s’enorgueilliront-ils des forces supérieures de leurs muscles et de leurs membres-, vainement réussiront-ils a les développer et k les accroître par les savants* exercices de la gymnastique et le perfectionnement des lois de l’hygiène; vainement s'étudieront-ils k lutter de durée avec ce chétif descendant d’Israël; car, k celui-ci, la vie s’ouvre et se donne d’clle-méme : il se sent des racines dans le sol aussitôt qu’il y plante ses pieds; il tient k la terre, et la terre le soutient avec amour lorsque le vent de la mort abat autour de lui les plus vigoureux rejetons de toute race qui n’est point la sienne.

Les faits relevés d’après la statistique de la vie en Angleterre, en Prusse et en France, nous dit le docteur Richardson, conduisent k cette inévitable conclusion : que les conséquences de la gymnastique ont amené, dans tous les pays où la pratique en devient vulgaire, une amélioration générale de la vie. « Cependant, le fait le plus remarquable entre tous s’aperçoit dans l’histoire d’une race particulière , et je veux parler de la race juive. Dans aucune période de l’histoire de ce peuple merueilleux, nous ne découvrons la moindre trace d’un système qui tende a développer ses capacités physiques.

« Ses propres ordonnances et ses lois hygiéniques, parfaites en certains détails, sont peu délinies, ou même négatives, au sujet des procédés spéciaux dont le but est de développer la force et la taille. Il reste ce fait certain que, comme peuple*, il n’a jamais donné la moindre preuve de supériorité physique. » Cependant, fidèle k sa foi, et supportant le poids des persécutions cruelles et de l’oppression que lui attirait de toutes parts la vue même de sa faiblesse, il s’est étendu « sur toute la surface de la terre au milieu des conditions, des climats, des sociétés les plus diverses, et il est de tous les peuples civilisés le premier au rang de la vilalilé! »

* La force el la taille des habitants de Chanaan, qu’ils devaient conquérir et détruire, leur étaient jadis un sujet d’épouvante.

Les actes de l’état civil de la Prusse, si ce sont eux par exemple que nous prenons k titre de comparaison, donnent pour les Juifs une mortalité de 1,61 pour 100, tandis que, pour le reste du royaume, elle est de 2,0. Chaque année la population chrétienne augmente de 1,36 pour 100, tandis que, chez les Juifs, l’augmentation est de 1,73... A Francfort, d’après les relevés du docteur de Neufvllle', « la durée moyenne de la vie n’est que de trente-six ans onze mois parmi les chrétiens, tandis que pour les Juifs elle est de quarante-huit ans neuf mois. »

« Pendant les cinq premières années de la vie, les décès d’enfants, chez les chrétiens, ont été de vingt-quatre, et de douze seulement chez les Juifs... En total, la vie des chrétiens arrivait au quaut de la vie des Juifs, les premiers offrant, en somme, ans et onze mois, et les seconds vingt-huit ans et trois mois. La moitié des chrétiens n’arrivent pas à trente-six ans, tandis que la même proportion chez les Juifs est de cinquante-trois ans trois mois. Au-dessus de cinquante-neuf ans un mois, on ne trouve en vie que le quart de la population chrétienne; le quart, chez les Juifs, dépasse soixante et onze ans*. »

Que, dans son style inélégant, cette pièce pèche ou non par quelque légère exagération, cela se peut, et qu'elle nous offre un exemple tout exceptionnel de l’exception même que nous signalons, nous voulons le croire-, mais, dès lors, elle ne se rapporte que d’une manière d’autant plus remarquable aux données générales de la statistique -, elle corrobore les observations relatives aux immunités qui sont le privilège d’Israël-, et, pour sa part, elle démontre une vitalité singulière, une prodigieuse supériorité de force vitale chez cette

‘ D’après le docteur G. de Neufvllle, Francfort, 18S5, Lobensda-uu 'Ber, etc., le quart de la population meurt :

Chez les Chrétiens, à 6 ans ^ \ mois. Chez les Juifs, à 28 ans 3 mois.

La moitié à 36 — 6 — — à 53 — 1 —

Les trois quarts à 59 — tO — — à 71 — 0 —

Ibid., Non-cosmopolitisme, p. 390.

* Ce document anglais est reproduit par les Archives israélites, XI, p. 497-499; 1868.

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