‹ Le juifChapitre 219 sur 312 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

race de dispersés, <i remarquable au milieu des peuples par l’infériorité de ta force phytique !

Mais, outre le phénomène d’une invariable et invincible infériorité de type; outre le phénomène de cette railleute vitalité qui se manifeste en sens inverse de la vigueur des corps; outre le phénomène de ces immunités qui singularisent une ibis de plus le Juif, en l’exemptant des maladies et des fléaux , et qui lui impriment au milieu des peuples un caractère plus indélébile que la rouelle jaune dont les ordonnances de police le marquaient jadis aux vêtements ; outre ces phénomènes si bizarres dans leur cours et dont leur concours, un phénomène non moins inexplicable, et né d’hier, vient de causer une étrange surprise, un véritable saisissement , aux investigateurs des comptes rendus de la statistique, tandis que la soudaineté de ta production semble le désigner comme un de ces avertissements que la Providence se plaît h donner au monde, et que l’histoire enregistre sous le titre de signes des temps.

Mais ce signe, quel est-il donc? Ce qu’il est? Nul, dans quelques années, ne l’ignorera; c’est une anormale multiplication de l’espèce , c’est un inexplicable accroissement de population qui , tout d coup et partout à la fois, s’opère et s’accuse au foyer d’Israël , dans le sein des peuples divers auxquels il se mêle. Et cependant ce n’est point k l’atmosphère malthusienne , dont les miasmes envahissent la société moderne, devenue le milieu du Juif détalmudisé; ce n’est point à des conditions nouvelles et favorables k l’expansion de la vie humaine qu’il nous est pe'rmis d’attribuer cette vertu prolifique sortie k l’improviste de la chair d’Israël, et dont l’action s’arrête sous son toit sans en dépasser la limite, sans se communiquer aux peuples dont le sol lui prête une patrie.

Est-ce donc, par hasard, qu’une force intelligente, est-ce qu’une puissance invisible aurait doué les fils de Jacob d’un privilège qui, sous la chute incessante des siècles et sous le coup destructeur des révolutions, ne les aurait conservés,

LES JÜIFS.

seuls intacts dans le tourbillon des peuples, que pour les appeler par les voies de cette multiplication subite à de nouvelles destinées? Est-ce qu’après avoir maintenu, pendant des siècles, sur la surface du globe, le niveau de la population que nourrissait la Judée lors de la mort du Christ, celte force inexpliquée voudrait créer au Juif des ressources dont la grandeur inattendue lui serait une tentation de conquête, dans ces temps où, passionnés pour l’imprévu , les peuples malades et souffrants qui l’hébergent se délectent des coups de théâtre dont la succession change et renouvelle la face du monde? Est-ce qu’elle voudrait exciter à quelque audacieux mouvement celui qui sut, en tout pays, inculquer ses doctrines anlichrétiennes aux plus turbulents excitateurs des peuples*-, ce Juif, en un mot, qui jusqu’ici ne machinait que dans les ténèbres la résurrection d’un empire judaïque? Est-ce enfin que cette force invisible et intelligente, est-ce que cette force , qui jamais ne se fatigua de marcher d’accord avec le sens des prophéties judaîco- chrétiennes , voudrait en quelques années, k côté de la puissance intellectuelle et métallique d’Israël parvenu tout a coup au sommet de toutes les positions sociales, doubler, tripler sa valeur numérique? Est-ce qu’elle voudrait lui créer, toute prête a se mouvoir au coup de trompette de l’homme qu’elle appellera son Messie, une armée maîtresse en tous lieux de l’or et du fer, ces deux métaux qui, sur la ruine des principes de la civilisation chrétienne, sont devenus les deux uniques leviers de nos changements sociaux , les deux raisons dominantes de toute puissance moderne?

Mais abstenons-nous de toute hypothèse ; contentons-nous de soumettre les chiffres de la statistique au lecteur nourri des leçons de l’histoire, qui sont celles que nous recommande l’Église, et laissons k la sagacité de chacun le soin des réflexions et des commentaires.

‘ Voir dans los Revues israéliles que nous citons, l’amour et l’admiration du Juif pour tous les révolutionnaires qui furent et sont le fléau des sociétés chrétiennes.

CIIAPITUE DIXIÈME. 405

« Dans tous les pays où nous avons pu nous procurer des recensements rétrospectifs de la population juive , — écrivait notre ami , l'illustre président de la Société anthropologique de Paris, — nous constatons un accroissement d’une rapidité insolite. Et, nous disait-il dans l’intimité de la conversation, cette rapidité, de quelques raisons qu’on s’efibrce de l’expliquer, me semblait,^ ainsi que la vertu cosmopolite du sang d'Israël , un de ces phénomènes « qui confondent la raison humaine ' ! » Il nous importe donc de placer sous des yeux attentifs quelques exemples de ces faits étourdissants :

Dans la Hollande, en 1830, la population juive recensée est de 45,482; elle est, en 1840, de 51,138.

Ej Suisse, 1803, 1,267; 1837, 1,360; 1850, 3,146.

En Bavière rhénane, 1814, 9,951 -, 1829, 13,937; 1835, 14,428.

En Prusse (royaume). 1822, 145,000; 1840, 195,000; 1849, 218,000.

En Algérie, 1849, 19,028; 1851, 21,048.

En Hongrie, 1785, 75,089; 1805, 127,816; 1840, 241,632; 1848, 292,000.

Dans la ville de Pesth , 1840, 7,721; 1843, 12,800; 1848,16,512*.

Les Israélites de l’Algérie, d’après les Archives hraéliks, étaient, en 1861 , au nombre de 28,097, et ce nombre s’est accru, pendant les cinq dernières années, de 5,855 individus*. Or, « un accroissement d’une telle rapidité ne se

> Géogr. méd., t. H, p. 13t-1.37 ; 1857.

• Géogr. méd., t. II, p. 137, etc., etc.

® Univers Israélite, iX, p. 4S3-4; 1867; id., VI, p. !t69; 1868. D’après le rappwrl présenté au gouverneur général de l’Algérie, l’augmentation pour les Juifs est donc dans la proportion de 208,39 pour 1 ,000 , tandis que le climat nous y dévore. Le même phénomène s’était accompli jadis en Egypte -en' faveur d’Israël, lors de la captivité. La multiplication des fils de Jacob y avait dépassé les limites ordinaires de la fécondité, et c’est là ce qu’exprime le texte hébraïque. La traduction latine nous dit : Filii Israël creverunt, et, quasi germinantes, multiplicati sunt; ac, roborati nimis, impleverunt terram. — Le mot nimts marque l’excès. La traduction française emprunte la périphrase, impuissante qu’elle est à rendre la force du texte : » Les

voit chez aucun peuple de l'Europe ‘ / » Cette fécondité soùdaine, et renouvelée de l’époque miraculeuse d’Israël-, cette ubiquité, ce cosmopolitisme exceptionnels, indices du plus singulier et extraordinaire privilège de constitution physique que l’histoire des peuples ait h nous signaler, et qui, — nous devons le répéter, — « confond la rafson humaine, n’est-ce point Ik l’indice plutôt d’une grande mhfion providentielle qu’un simple hasard*? »

Les Juifs auraient-ils donc encore, ainsi qu’ils l’affirmèrent avec Moïse, un ange qui les conduit, et qui , tout en les châtiant dans la proportion de leurs fautes, conserve ces élus pour une mission providentielle que nous verrions tout à coup s’étendre h toutes les régions de ce monde? Les textes bibliques sont précis pour le passé ; « Je vais envoi^er mon ange, dit le Seigneur, afin qu’il marche devant vous, et quit vous garde pendant le chemin!... Écoutez sa voix, et gardezvous bien de le mépriser, parce qu’il ne vous pardonnera point lorsque vous pécherez!... Si vous entendez sa voix, et que vous fassiez tout ce que je vous dis, je serai l’ennemi de vos ennemis, et j’affligerai ceux qui vous affligent*. »

Se lassant de resi>ectcr l’ange du Seigneur et d’écouter

enfants d’Israël s’accrurent comme des arbres, et se multiplièrent comme des poissons, et, étant devenus extrêmement forts par leur nombre et leurs richesses, ils remplirent tout le pays oii ils étaient. » Le docte traducteur ajoute : « La paraphrase rend ici la force des expressions du texte hébreu , qui présentent l’idée de ces deux comparaisons. » Bible de Vence, Exode., ch. i, v.7 ; 1. 11, p. 801-2, 8' édit.; Paris, 1829.

Il s’agit donc d’un fait de multiplication prodigieuse. Ce fait prépare l’exode, ou la sortie triomphale des llénreux. Une multiplication devenue soudainement semblable présage- t-elle un fait analogue?

Malgré l’oppression des Hébreux et le massacre de leurs enfants mâles, on voit dans le livre biblique des Nombres, chap. i, et surtout V. iS-46, à quel point s’est accrue leur descendance. Lire, quant aux miracles qui pullulent dans le livre biblique de \'Exode, l’ouvrage : Pensées sur la religion, de notre honorable ami il. J. Thomassy, conseiller honoraire à la Cour impériale de Paris. Nous ne saurions trop recommander cet ouvrage, remarquable par la beauté du style et la grandeur do la pensée; 1 vol. in-8“ de S'79 pages; Paris, 1868, Plon.

> Géogr. méd., t. 11, p. 138; ce que démontre le tableau de la page 65, même volume.

* Ibid., t. Il, p. 131.

^ Bible, Exode, t. XXllI, p. 20, etc.

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