CHAPITRE ONZIÈME
venues insuffisantes... Le désespoir de ceux qui sont l’objet de ces persécutions est indescriptible, et la plume se refuse à retracer des scènes que l’on peut s’imaginer chez des sauvages', mais non parmi des chrétiens. Les Israélites excités ont songé un moment h ré.sisler par la force à ces actes de brutalité;... la peur et le désespoir se peignaient sur tous les visages ... » Le calme cependant se rétablit, malgré celte réponse du maire, si propre 'a le troubler : « Il y a quelque chose de supérieur ai/x loh, c'esl notre droit, comme Roumains et comme possesseurs de ce pays, de vous chasser, vous autres Juifs qui n’êtes ici que des habitants’, » c’estk-dire que des étrangers-, et quel ramas impur! . . .
Quelques mois se sont écoulés depuis ces lamentables scènes, mais la fureur des populations contre nous ne s’est point apaisée, et bientôt nous voyons les mêmes actes se répéter en variantes infinies. A Berlad, « un millier d’individus, a la tête desquels il y avait quelques instigateurs, se sont jetés sur les Israélites avec une fureur diabolique, en pillant ces malheureux jusqu’à la dernière chemise... Dans la rue où je demeure, le dommage causé aux Israélites monte k quinze mille ducats... Tout a été détruit sans pitié, tant les meubles que les immeubles. Aux artisans, on a brisé les outils. Toutes les fenêtres, toutes les portes des Israélites ont été tellement abîmées que nous sommes obligés de nous couvrir de nattes pour ne pas mourir de froid. Nos synagogues sont démolies et détruites jusqu’aux fondements... Les plus riches Israélites sont réduits k la plus
‘ Et les prisons de votre Italie libre! El les fusillades auxquelles se sont livrés cos amis dans le royaume dos Deux-Siciles, où les fusillés sans jugement se sont comptés par milliers I Et les scènes atroces de la Pologne, où les femmes no sont pas plus ménagées que les hommes! Nous avons pour attester ces faits incroyables d’autres témoins que des Juifs... Hâtons-nous de dire que ces odieux excès ne peuvent excuser ceux dont les Israélites, amis et admirateurs des hommes extrêmes de révolution et de leurs doctrines, ainsi que le constatent leurs Revues, se trouveraient être les victimes.
* Archives israélites, XIII, p. 593; 1867. — Ibid., XV, p. 685. — Ibid., Jassy, XIU, p. 594.
profonde misère... La main me tremble, car le malheur est si grand et si effroyable, qu’il m’est absolument impossible de vous décrire notre terreur et noire effroi ‘. »
Le Bulletin international publie de son côté la noie suivante, où se peint une consternation profonde ; « Les dépêches de Berlad demandent du secours contre les actes barbares de la populace qui envahit les synagogues, détruit les maisons et saccage les magasins des Israélites. — Le banquier Thcnen, dont la maison a été dévastée, a échappé avec peine à une mort certaine. Le rentier Numis, horriblement maltraité, est dangerensement malade. Les commerçants Nachbar et autres, dont les magasins ont été pillés, sont ruinés totalement. M. Épouréano, et ceux qui ont cherché à défendre les Israélites, ont été outragés sans que le préfet ail pris des mesures pour repousser les assaillants... » Cependant, « c’est aux gendarmes que les Juifs doivent leur vie’ ! »
* Archives Israélites, 111, p. 124-5; 1868.
^ Ibid., p. 125. Mais est-CH que les gendarmes ne sont point les inslruinents du préfet? — A Smyrne, vers la mémo époque, les Juifs se rendent coupables de faits pareils à ceux dont ils sont ici victimes. Archives Israélites, Ylll, p. 342-3; 1867.
l^STIGATErRS Oü AUTEURS DE CES PERSÉCUTIONS ; ACCUSATIONS HARDIES
DU Juif. — Déni de justice du prince, élu de M. de Bismark. — Son ministre tout-puissant estBratiano; ce chef des démocrates est le grand persécuteur. — Enormités qu'il commet, ses dénégations effrontées; il cherche à donner le change à l’Europe. — En un mot, le grand coupable, au sens du Juif, c’est, comme au moyen âge, le prince qui ose protéger contre lui ses sujets.
Israël a parlé; nous n’avons point étouffé ses doléances, et nos paroles n’ont été que les siennes, mais tout n’est point dit; des persécutions atroces, odieuses, et dont la violence rappelle celle des siècles les plus reculés, voilh donc le fait dont retentissent les échos de l’Europe. Mais quel en est l’instigateur? Qui nous en nommera l’auteur? Serait-ce le parti que les hommes du libéralisme moderne appellent