CHAPITRE ONZIÈME
rétrograde et clérical? Non, pas le moins du monde. Il s’en faut! et le grand coupable, si les Juifs disent vrai, c’est le prince lui-même; c’est le jeune militaire de la maison de Prusse que M. de Bismark et Napoléon III ont assis sur le trône roumain! C’est le jeune protestan^que l’avocat Israélite Ciémieux proclame, en s’adressant a Napoléon III, un prince « animé des intentions les plus libérales'! » C’est en outre le ministre tout-puissant de ce prince, c’est-à-dire Jean Bratiano. Mais ce ministre quel est-il? un fanatique, un ami des prêtres? — Ob! du tout, il est le chef des hommes du progrès ; il est le grand démocrate de la Roumanie! — Le vrai persécuteur, ce serait donc, en définitive, le gouvernement roumain , le prince et le ministère appuyés sur la Chambre qui représente la nationalité roumaine! Mais laissons, laissons Israël lui-même nous signaler, en formulant ses terribles incriminations, ceux qu’il appelle les coupables :
« Ainsi que nous l’avons prévu (date du 25 juin 1867), la situation devient chaque jour plus intolérable. Le prince est arrivé le 16, et nul de nous ne peutobtenir une audience! Il a cependant « passé près de trois quarts d’heure dans le temple israélite de Galatz , lors du Te Deum célébré en son honneur! Il s’est exprimé sur tout ce qu'il a vu d’une manière bienveillante; mais on peut déduire des paroles mêmes qu’il a prononcées là, quelles idées son entourage lui insinue sur les Israélites, » car on lui attribue ces mots : « Les Juifs moldaves méritent la persécution, parce qu’ils ne sont pas seulement nuisibles au commerce, mais encore à la santé publique! »
Le recours au prince qui gouverne la Roumanie est donc fermé pour nous. Et que dire de Jean Bratiano, le ministre tout-puissant, celui qui caresse l’émeute, « qui ne confie les fonctions officielles qu’aux membres des comités persécuteurs, )) l'auteur de l’épouvantable circulaire d’où naquirent toutes les iniquités commises contre les Juifs; ce ministre contre lequel s’élève de tous côtés le cri des victimes ;
‘ Archives Israélites, XII, p. 541 ; 4867.
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cet homme sans pitié, qui j)euple les prisons d’Israélites, qui les y délaisse sans nourriture; ou qui, les traitant de vagabonds, donne l’ordre de les jeter au delà des frontières. Ces énormités ne sont que trop connues; mais peu lui importe, et rien n’émeut cet homme que vous entendez « nier tous les faits qui se passent à la lumière du soleil. » Le monde, heureusement, « sait ce que valent ses dénégations ' . »
Et pourtant cet implacable, ce féroce et fourbe démocrate, est l’homme du prince! Son but est de tromper l’Europe, en même temps qu’il attise les haines contre les Juifs, et que, dociles à ses ordres, ses fonctionnaires arrachent aux paysans des pétitions où le gouvernement est supplié de sévir contre les Juifs. C’est pourquoi le prince qui accorde au ministre la plénitude de sa confiance, promet tout, et rien ne change^! En un mot, « que la persécution soit le fait du gouvernement du prince Cliarles, on n’en doutera que le jour où il proclamera l’émancipation complète des Juifs moldo-valaques’ . »
Le cri de la nation, qui va tout à l’heure frapper nos oreilles, repousse et réfute ces incriminations du Juif. Mais, à son sens, les princes qui refusent de protéger Israël contre leurs propres sujets, et de l’élever triomphant au niveau des citoyens indigènes, ce qui signifie de l’asseoir sur les ruines mêmes de leur royaume, voilà de nos jours, comme au moyen âge, les grands coupables, ceux que flétrit l’histoire écrite par le Juif ou par les amis du Juif.
‘ Archives israélites, XIV, p. 659 ; 1 867, etc.; — id., Archives israélites, X, p. 471 ; 1868.
® Archives israélites, XI, p. 502; 1868.
3 Voilà le bout de l’oreille. Archives israélites, XV, p. 683; 1867.
A QUI LES TOBTS? — l/cnquête dénote que les provocateurs des excès commis, ce sont les Juifs. — Les Juifs d’Occident, après s’étre faits les échos du Juif roumain, avouent ne savoir concilier les dépositions. — Le Juif se pose contre la liberté de la presse et de la tribune, dont il est l’ardent champion dans les Etats chrétiens où son influence domine. — Si le gouvernement se déclare contre le Juif,