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CHAPITRE DEUXIÈME

saïsme moderne, c’esl-à-dire sur quelques échantillons des sentiments, de la science et de la critique du Juif judaïsant de nos jours. Précieux morceaux qui nous peignent par leur propre pinceau ces hommes dans la physionomie desquels nous nous refuserions h voir autre chose qu’une plate et odieuse caricature, si la main qui les trace était autre qu’une main judaïque.

« Deux choses, nous dit en l’an de grâce 1867 l’organe du Judaïsme libéral et progressiste, distinguent le livre de M. Rabbinowicz, docteur en médecine de la Faculté de Paris. Premièrement, il réhabilite les Pharisiens jusqu’alors toujours et par tous maltraités; secondement, il fait de Jésus un agitateur purement politique. — Nous avons lu la thèse de M. Rabbinowicz; la bonne foi la plus grande s’y manifeste d’une façon très-claire... L’Israélite, animé d’autant d’attachement pour ses aurêlres que de respect pour leurs traditions. s’y laisse bien deviner, mais l'homme de la vérité s’y fait sentir tout aussi fortement'. »

En effet « ta tolérance des Pharisiens envers les chrétiens fat parfaite*, » nous dit-il , et quand une hostilité se produisait , elle était toujours « provoquée par des miracles que les Israélites (disons les Pharisiens) jugeaient être des supercheries employées pour séduire et égarer le peuple’. »

’ P. 1l3-t1i, Arch. israélites, l"’ février 1867.

^ Ibid. Archives, p. H.'i, n" Vlll; l’Univers israélite, mars 1867, p. 326. Nous prenons à témoin de cette vérité pharisalque, entre une multitude d'assassinats, les deux premiers qui furent commis par les Pharisiens : l’assassinat juridique du Christ, et celui de son premier martyr, saint Etienne. Partons ensuite du chapitre xxiii de l'Evangile de saint Matthieu, et nous arriverons, en suivanteette roule, au drame sanglant du Père Thomas, objet de l'un do nos chapitres.

3 Ce.s hostilités sanglantes étaient-elles de la tolérance, une tolérance parfaite? n’élaient-elles pas l’expression féroce du dépit que causaient des miracles tels que la multiplication des pains, la résurrection de Lazare, les prodiges sans nombre qui dévoilaient à la fois la divinité du Christ et les mensonges des Pharisiens? « De nombreux passages tirés desEvangiles prouvent queJésusn’ajamais voulu réformer le Judaïsme ni modifier la moindre des cérémonies pratiquées par les Pharisiens, ajoute M. Rabbinowicz, et il reste à expliquer comment on est arrivé à la divinité de Jésus et aux autres dogmes. » 1867, ib.. Archives israélites, p. I lu, n° viii.

L’auteur Je l’article des Archives ismélius que nous citons, M. Pierre Mazerolle,.est qualifié de chrétien par cette leiiille judaïque, et termine son appréciation par les lignes suivantes. « Ce qu’a fait M. Rabbinowicz, répétons-le, est courageux, et était nécessaire. Que ses coreligionnaires l’imitent; nous avons droit à cet honneur, à celte conGance de leur part... Il est particulièrement beau de voir le modèle de la discussion en matière religieuse donné par un homme appartenant 'a une race It laquelle si longtemps on n’accorda que la calomnie et l’injure'. »

Nous ne saurions, pour notre part, afficher celte audacieuse admiration pour une science qui se réfute d’elleméme, et qui se déconsidère par le prodige de ses impudeurs; mais nous lui trouvons le mérite de mettre en relief la déplorable et insigne faiblesse des grands docteurs du judaïsme, et les incurables sentiments de haine contre le christianisme de leurs ouailles et de leurs auxiliaires. Nous continuerons donc un instant encore les simples citations <|ui les tournent k notre proGt et confirment la parole du (Christ :

Autant dans les pages de MM. Strauss et Renan, ces doucereux contempteurs de la divinité du Christ, » Jésus est élevé à la hauteur de l’idéal du dix-neuvième siècle, autant, nous dit l’Israélite Graetz, le pçuple qui lui est opposé (le Juif) est resté la caricature qa' en avaient faite ses adversaires, patjens et chrétiens. » Mais « il ne sufGt pas d’avoir lu Josèpbe, qui n’a écrit une histoire juive qu'à l’usage des Romains, ni de connaître des écrivains évangéliques qui ont vécu à une époque bien postérieure k celle de Jésus, et qui ont, au surplus, écrit dans un esprit manifestement hostile aux Juifs et au judaïsme* ; il ne suffit pas non plus d’avoir glané quelques phrases mal comprises de la littérature talmudique pour faire un portrait exact des sentiments et des idées dont

' ^rcfeii’cs Israélites, p. H 7, t" février 1867.

^ Iloilile aux Juifs, qu’ils s'efforçaient d’attirer à eux, et pour qui leur maître était mort?... Hostile au pharisaïsme, soit!...

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