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CHAPITRE DEUXIÈME

la société juive était animée pendant le siècle qui a précédé la destruction du temple. » Non, et quiconque veut donner k sa parole quelque autorité, doit « être profondément versé dans la littérature talmudique et agadique contemporaine de Jésus'. » ^

Ainsi , polir être doué de quelque science et savoir apprécier le judaïsme ; pour donner quelque poids et quelque crédit k sa parole , voilà le moyen critique que nous imposent les Juifs, disciples et admirateurs des Pharisiens ; Tourner le dos à l'histoire écrite par les payens, par les Évangélistes, et par l’historien juif Josèphe, Pharisien luimême; vanter, exalter sans mesure les traditions rabhiniques, que Jésus attaque d’un bout k l’autre des Évangiles devant le peuple juif, qui ne cesse de l’acclamer k l’éternelle confusion des Pharisiens ; oublier que saint Paul , le plus ardent et le plus implacable persécuteur des chrétiens avant sa miraculeuse conversion, était le disciple du savant rabbin Gamaliel; oublier enfin que les savants et profonds rabbins qui délaissèrent la secte pharisaîque pour se convertir aux vérités du christianisme , avaient pâli dès leur enfance sur cette triste littérature du Talmud’!

Mais ne serait-ce point la vraiment demander au bon sens de se renier lui-même? Et puisque le miraculeux aveuglement des Juifs est une des plus splendides démonstrations de la vérité que l’bisloire nous a transmise sur les faits du christianisme , n’avons-nous pas k remercier les Pharisiens de leur invariable persévérance k tracer des pages qui témoignent aussi fortement contre eux-mêmes que celles où se lisent des énormités historiques semblables a cette dernière :

« L’apparition de Jésus et de ses disciples n’a fait aucun

‘ Arc/iit'es israélites, I'‘’mars 1867, n" V, p. 205. Agada signifie la prédicaiion populaire, Halaca l'étude de la loi.

2 On nous permettra de nommer entre les plus doctes le rabbin Drach, qui nous üt l’honneur de citer un de nos écritstdans son Harmonie entre l’Eglise et la Synagogue, p. 446, t. Il, 1844, et dont nous avons si souvent recueilli la parole dans nos conversations.

:a LES JUIFS.

bruit dans la Judée et ù Jérusalem; au rontraire, elle est restée inaperçue, ignorée, et tous ces récits qui en font un événement considérable à la fois aux yeux des classes élevées et du peuple, sont de pures inventions. Cependant, grâce à nos évangélistes modernes', on est aujourd’hui forcé de discuter dans une histoire des Juifs les moindres détails de ces légendes évangéliques* . »

Nous interrogeons ces détails, et, b propos de l’acte sanglant du Calvaire , b propos des prodiges historiques qui , dans l'instant même où le Christ expirait, ébranlèrent la cité sainte, l’évangéliste saint Luc nous transmet la réponse de l’un des disciples d’Emmaüs au voyageur qu’il n’a point reconnu et qui lui adresse cette question : Pourquoi donc êtes-vous tristes? — Tristes? Vraiment, « êtes-vous donc le seul étranger dans Jérusalem qui n'ait point su ce qui vient de s'y passer en ces jours’? »

Mais puisque ce Pharisien repousse l’Évangile qui le flétrit, laissons nous-mêmes b l’écart ce livre sacré. L’histoire des peuples les plus profanes nous suffit. Est-ce donc que la vie et la mort du Christ n’ont point révolutionné la synagogue, la Judée, l’empire romain, le vieux monde d’un bout a l’autre? ce monde qui, persécutant, mettant a mort les disciples de Jésus, b l’exemple des Pharisiens, couvrit ses arènes, avant de se rendre au Christ, du sang de plus de dix millions de martyrs! Et c’est devant l’événement le plus authentique et le plus considérable des annales de l’humanité ; c’est devant ce fait qui changea la face du monde et força les siècles de briser leur marche , pour se ranger sous la date d’une ère nouvelle, que se dresse aujourd’hui comme alors, l’orgueil aveugle et paradoxal du pharisaïsme! Gardons-nous donc de nous alTligcr si nous voyons la justice de Dieu condamner le pharisien des temps an -

* MM. Strauss et Uenan! que nous renvoyons au savant docteur Sepp.

* Ib., p. 209, Archives Israélites, 1867, n° V.

3 Tu solus perc’grinns es in Jérusalem, et non cognovisti quæ facta •sunt in ilia Iiisdiebus? Luc, xxiv, 18.

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