CHAPITRE ONZIÈME
universelle, s’empressait de Ini transmeltre ces lignes et le nom qui les signe est assez fier! « J’ai l’honneur de ^us informer, en réponse à la lettre que vous m’avez adressée le A courant, que le gouvernement du roi vient d’inviter de nouveau son représentant à Bucharest à employer toute son influence pour assurer h vos coreligionnaires en Roumanie la position qui leur est due dans les pays dont la législation s’inspire des principes de l’humanité eide la civilisation etc.
— Berlin , 22 février 1868. — De Bismark B
Si donc le principe de non-intervention domine la politique de l’Europe libérale, il est un intérêt plus fort qui semble dominer cette politique ; cet intérêt est celui de la maison de Jacob.
Ainsi souffle le vent! et nous prions en toute simplicité qui le saura, de nommer dans certains États de l’Europe un intérêt, concernant hommes ou choses, qui rencontre à son service une plus générale, une plus constante et active intervention que celle dont la nation juive sait disposer et dispose en sa faveur.
Et cependant, sur la bannière que le libéralisme moderne arbore dans les royaumes européens, il a tracé d’une main impérieuse ce mot, qui est la ruine de la civilisation chrétienne ; Plus d’intervention de peuple à peuple ! — Que si la maison qui touche la tienne, frappée du feu des révolutions, vient à brûler, ô toi qui gouvernes, retiens la main sacrilège qui s’efforcerait de l’éteindre, car ce feu dévorant c’est le feu sacré!
Ne jamais intervenir chez autrui, voila donc le principe antisocial, c’est-à-dire antichrélien, qui prend racine sur le sol de l’Europe. La Révolution l’impose; mais, pour elle, vivre sans le violer ce serait mourir. C’est pourquoi , partout où semblent l’exiger les intérêts de la République uni-
/ Univers isr^lite, VIII, p. 371 ; avril 1868. — Autre lettre du même ministre des affaires étrangères , et, dans le même esprit, au conseil
verselle, destinée à s’étendre 'sur les ruines des empires chrétiens, nous voyons la Révolution, servie de toutes parts par les sociétés occultes dont Israël est le prince , tromper ou entraîner les gouvernements' dans ses voies, intervenir sous leur égide, et imposer aux peuples contre leur volonté, contre leur intérêt, contre leur nature, contre leur génie et leurs mœurs, les principes qui portent au milieu de leur état social la division, la désolation et la mort.
Sept monarques, fondateurs de la constitution nouvelle de la Roumanie, y fondent en faveur du Juif un droit nouveau dont le monde révolutionnaire proclame l’excellence , mais que repoussent les traditions, les mœurs et les intérêts de tout un peuple 1 Ce droit fatal a l’indigène est tout naturellement violé par lui; le Juif se trouve être insulté, pillé, menacé par le plus tolérant et le plus doux des hommes, par le Roumain, qu’il pressure et qu’il exaspère, et le gouvernement de la Roumanie ne veut, ne peut ou n’ose prêter, aux cris de pillage et de mort hurlés contre le Juif, que la plus sourde oreille!
« O monarques puissants qui régnez sur les peuples*, — s’écrie donc Israël, ce protégé de l’Étranger, — c’est à vous que s’adresse toute la population juive de la Roumanie; c’est vers vous que les Juifs du monde entier demandent, pour
leurs frères des principautés, secours et protection En
s’adressant à cette haute intervention, les Israélites roumains se fondent sur le droit que leur donne la convention qui a créé la nation roumaine sons votre puissante garantie »
Le Juif qui réclame à si grands cris ce secours du dehors
‘ Toute règle a ses exceptions, et il y a chez tous les peuples des intérêts d’urgence dont l’intérêt judaïque, contraint lui-même d’attendre le bénéfice du temps, essaye en vain de triompher.
2 Apostrophe aux souverains de la France, de l’Autriche, de la Turquie, de l’Angleterre, de la Russie (qui, chez elle, les oppresse cruellement, vide suprà), de la Prusse, et à Victor-Emmanuel de la maison de Savoie, qui préparèrent les 28 avril et 29 mai 1836 la convention dite internationale, laquelle fut conclue à Paris le 19 août 1858.
3 Jrchives Israélites, X, p. 469; 1868, etc. Manifeste des Juifs aux puissances européennes.
est donc, tout h coup et sans cause, devenu l’objet de toutes les violences de la part du peuple roumain?... Croire le Juif sur sa parole, et contre la parole de tout un peuple, ce serait pousser la naïveté fort au delà de ses bornes. Mais si , dans ce pays de tolérance, les lois imposées au nouveau gouvernement par scs hommes d’Élat libéraux et par les rois de l’étranger, sont en butte à de perpétuelles violations au détriment du Juif, re.speclé jusipi’à ce jour par les habitants, que conclure de la cruelle répétition de ce fait? Placés devant ce phénomène, les gens du dehors auront-ils la droiture de reconnaître le danger d’intervenir chez des nations étrangères , lorsqu’il s’agit de leur imposer des lois qui répugnent à leur foi religieuse ou politique, et contre lesquelles protestent avec une si terrible énergie leurs intérêts vitaux et leurs mœurs? Eh quoi! vous, potentats, pères des peuples, il vous prend la fantaisie de proférer la parole sacramentelle du mariage entre le peuple roumain et la nation juive? Mais cette prétendue que vous jetez dans les bras du Roumain, mieux que vous il la connaît! Elle a vécu sous son toit, il la méprise, il la trouve hideuse et odieuse, il la repousse de toutes les puissances de son âme cl lève la main sur elle lorsque, franchissant le seuil de son domicile, elle ose réclamer de lui les droits sacrés d’épouse. Est-ce au nom de vos principes de liberté de conscience que vous voûs faites les pontifes olliciants de ce mariage forcé, et prétendez-vous, parce qu’il vous aura plu de la sanctionner, qu’il ne porte ni fruits amers ni fruits sanglants?
luMENSE iMPOPCLxniTÉ i>ii Juip. — Les Juifs traités par la nation comme la lèpre et les immondices de la terre. — Le pays qui leur est livré, et qu’ils couvrent, revêt un air sinistre. — S7 déclarer pour les Juifs, c’est renoncer à toute influence.
Mais revenons au moment où le vigoureux poignet de Bratiano dirige encore le timon de l'Ëlat. Non, nous ne croyons pas réver, l’âme du Roumain, si débonnaire dans les habitudes de sa vie , s’exhale contre Israël en terribles
accents: écoutons, prêtons l’oreille aux paroles qui s’échangent entre les intéressés, et retenons notre jugement jusqu’à ce que les parties se soient donné la réplique... I.<es Juifs viennent, après tout, d’essuyer un rude échec
Ah! « nous devrions être contents de cette victoire de eopinio» publique , s’écrie l’un de leurs adversaires; et malgré cela nous sommes affligés, car nous ne lui souhaitions pas un pareil triomphe. Ou discutait hier à la Chambre le projet de constitution; le peuple, en foule, qui ne pouvait pénétrer jusqu’à la tribune, fit des démonstrations et monta sur les hauteurs de la métropole, afin de témoigner, à toute force, qu’il ne voulait cédei' aucun droit |>olitique aux Juifs », et qu’il voulait k reprendre » ceux que déjà possédaient ces envahisseurs.
« Un tumulte se produisit alors dans la Chambre. » Le ministère fut réduit a promettre la radiation de l’article 6 du projet de constitution qui désespère les Roumains, et il déclara en termes officiels : « qu’il ne souffrirait jamai* aucune espèce d’atteinte non-seulement aux droits, mais encore aux intérêts roumains en faveur des étrangers en général, et des Israélites en particulier. »
Grand coupable est en vérité celui qui permet que nos frontières s’ouvrent aux Juifs, et que la Moldavie, cette terre promise dans laquelle leurs flots s'accumulent, devienne leur patrie plus que ta nôtre. Comment! l’Allemagne de tous côtés se soulève contre les Juifs, les traque, les chasse, les poursuit avec des cris de mort, et nous, nous devrons supprimer l’usage des passe-ports pour les attirer et les accueillir! Celui qui proposa cette suppression, voilà, voil'a l’auteur des maux qui fondent sur la Roumanie, « provoqués par l'horrible invasion qui l’inonde. »
Et ce n’est pas seulement en Bohême, en Moravie,
« qu’on s’est révolté contre cette race impie-,... mais, tout récemment encore, les Juifs ont souffert 'a Munich et k Wurzbourg des maux que nous ne leur souhaitons pas chez nous. Un horrible carnage aurait certainement eu lieu si la