CHAPITRE ONZIÈME
police et le commandant de la ville ne fussent intervenus pour calmer l’eirervcsccnce du peuple. On leur distribua des milliers de passe-ports dans toutes les provinces allemandes, et il en est très-peu qui ne se soient pas rendus en Roumanie. Toutes les villes d’Allemagne se purgent de cette lèpre; et seule la Roumanie humanitaire ouvre les ports et tend les bras à ces lépreux, qui vont transformer la Roumanie en un immense hôpital. Nous demandons h MM. Rosetti et Bratiano si c'est Ih un procédé biblique? A coup sûr il n’est ni convenable, ni national, ni économique' »
.... « Tout ce qu’il y a de hideux, de repoussant, de mauvais, tout ce que l’Allemagne rejette vient s’enclaver dans ce pays, destiné à devenir le réceptacle des immondices de toute l’Europe! Nous voici arrivés au moment où l’on ne badine plus. Ce qui est arrivé en Bohême, en Moravie, en Silésie, h Munich, h Wurzbourg et h Nuremberg, va aussi avoir lieu chez nous; et sans doute nous n’aurions pas eu à en passer par Ib si le gouvernement donnait les moindres preuves de prévoyance. Nous croyons impossible que les Roumains acceptent les conseils du (journal le) liomanulu, et qu’ils livrent bénévolement leur pays aux Juifs. Et la preuve évidente de l’abandon complet du pays entre les mains des Juifs n’est que trop claire : ’a Rraïova, Bncharest, Ploïscbti, et graduellement jusqu’au Pruth, le judaïsme devient tellement encombrant, qu’à l’exception de Bucharest, qui n’est pas encore tout ’a fait défiguré, tout le reste a revêtu un air sinistre. Nous ne voulons point parler delà partie du nord de la Moldavie, qui n’a plus rien de roumain. A Jassy, on trouve pour cinq Juifs un chrétien, et la proportion des Roumains en général est de huit contre un Juif. Cet état de choses n’est plus soutenable, et il n’est pas douteux que le gouvernement, le corps législatif et les municipalités ne doivent prendre des mesures énergiques pour éviter ce mal,
’ Tout ce qui est entre guillemetsest textuel. Remarquons qu’à cette date le ministre Bratiano n’est guère moins vivement accusé par les Roumains que par les Juifs.
afin que te peuple n’essaye pas de se faire justice lui-même ‘ . »
« Il est aujourd’hui de notoriété publique que M. Grémieux , en parlant de Bucharest, a juré sur sa foi à ses coreligionnaires que, dans un an au plus, les Juifs jouiront du droit naturel et des droits politiques des Roumains, ajoutant que s’il n’en était ainsi il se pendrait. Cette question... prend de jour en jour des proportions si considérables, qu’elle devient pour tous les Roumains une question de vie ou de mort. Ceux qui ont fait des courbettes, des génuflexions a M. Crémieux, ceux qui l’ont conduit dans l’assemblée des représentants de la Roumanie , où le président, M. Epouréano, et le ministre des cultes, 31. E. A. Rosetti, l’ont aidé à descendre de voiture pour le conduire appuyé sur leurs bras, restent les soutiens de cette affaire, qu’ils y soient intéressés ou non. Comme leur habileté est généralement reconnue, et que le journal le Rotnanulu est le plus répandu dans le pays, nous, dans l’impuissance de lutter, nous ne pouvons employer d’autres moyens que de dire à chacun : Évitez les embûches-, ne signez rien contre les Juifs qui ne soit écrit en termes convenables et clairs. » N’ajoutez aucune foi à ceux qui viennent vous dire que les demandes dont nous vous soumettons la formule « sont barbares, qu’elles feront rire toute l’Europe. » Non, car... « de telles choses se sont faites et se font encore.... même dans les pays les plus civilisés.... Les vrais barbares ce sont ceux qui nont ni patrie ni Dieu, qui sont des agents de l’étranger, achetés par lui , et qui nous contraignent à regarder comment les traîtres vendent aux Juifs notre pauvre pays martyrisé. » Nous disons ces choses « parce que nous croyons de notre devoir de ne pas laisser le Romanulu tromper tout le peuple avec ces mots : civilisation, progrès, dix-neuvième siècle, humanité, cosmopolitisme, etc.*. »
* Archives Israélites, XVI, p. 711 ; 1866, etc., extrait de la Gazette roumane des Carpathes.
* Archives Israélites, ibid., p. 717; 1866. — La politique du Juif est nécessairement cosmopolite , et souvent il est intéressé a le reconnai-