‹ Le juifChapitre 236 sur 312 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

Passionnésadmirateursde tous les hommes extrêmes, etde tous les faits de révolution ' -, fauteurs imperturbables de tous les principes qui dissolvent, sans les bouleverser violemment , les États chrétiens; apôtres, lorsqu’il ne s’agit point de leur propre cause, de toutes les liberté» libérale» et du principe de non-intervention, les Juifs, habitués k reprendre cœur au milieu de l’orage, se répètent l’un k l’autre : Ces menaces restent et resteront k l’état d’injurés écrites, et ne se traduiront pas en actes. « A la suite de l’intervention des gouvernements anglais et français, et »ou» la crainte d'une iuva»ion des Turcs ou des Russes ses voisins (1866), le gouvernement roumain n’aura pas manqué de prendre des mesures cfficace.s pour protéger nos frères contre les menées de quelque» cléricaux, que leur impuissance réduira bientôt a néant*.

Les Juifs, dont la parole varie selon le vent qui souffle’, rangeraient-ils par hasard au nombre de ces quelques cléricaux les démocrates? le ministre Bratiano leur chef? le peuple qui ne craignait point de se livrer contre Israël aux plus redoutables excès, et les hommes d'État dont nous nous apprêtons k divulguer le Manifeste? Ces quelques cléricaux, dont il n’était jusqu’ici nullement question, formeraient donc k eux seuls l’opinion publique? opinion si ferme et si tranchée que l’avocat Israélite Crémieux la signale en ces termes : « Le préjugé contre les Juifs en est k ce point, qu’un candidat k un siège vacant k l’assemblée constituante s’engageait formellement dans sa profession de foi imprimée, que j’ai dans mes mains, k voter contre toute proposition favorable aux Juifs*. » Mais les Archive» israélite» ont mieux

tre : « Noire politique, disent les Archives dans leur programme, sera essentiellement universelle, cosmopolite, comme le sont nos lecteurs etc. » P. 8, l" janvier 1869.

‘ Lire les Revues juives et jusqu’aux derniers numéros : Archives israélite», 1, p. 14, 15, 20, 1869 ; id., II, p. 55; id., VII, p. 195; id., X, p. 308; id., XI, p. 332, etc., etc., etc.

^ Ibid., p. 718.

3 Lire leurs Revues.

* Ibid., Archive» israélite», XVI, p. 719; 1866. Étrangers, ils feraient de la Roumanie la Palestine, et de Bucharest la nouvelle Jérusalem. » Ibid.

Hî

encoreà nous dire au sujet de ccUe immense impopularité des Juifs. Recueillons leurs paroles, et ne les perdons point :

« Ce qu’il y a de plus singulier, c’est que les gens les plus opposés, les boyards d’une part, et les rouges d’autre part, auxquels appartient le ministère Braiiano^ se reprochent réciproquement leur bienveillance envers les Juifs, pour se discréditer mutuellement auprès de la masse qui exerce le droit de vote. Les boyards prétendent que le gouvernement actuel veut accorder aux Juifs les droits civils prescrits par la constitution-, et les journaux dits rouges reprochent aux boyards de protéger les Juifs. C’est ainsi que se renouvelle le mot du patriarche, dans le Nathan de Lessing : Peu importe, le Juif sera brûlé! — Donc, quel que soiile parti qui domine, la situation du Juif sera triste', » et, sans l'intervention de l’étranger, que le Juif repousse avec fureur It Rome et partout où il s’agit des intérêts de la civilisation chrétienne, que deviendrait la cause judaïque’?

1 Archives Israélites, n" 2, p. IS ; 1868.

2 On lit dans la Presse de Vienne : La nation accuse sir Moses Montefiore d’être venu dans les principautés danubiennes pour en faire une nouvelle Palestine, pour enlever aux Roumains leur territoire et leurs produits. Elle engage à signer des pétitions dont le sens est celui de toutes les demandes du Roumain contre le Juif; Tous les Hébreux entrés dans le pays depuis 1848, sans avoir une occupation personnelle dans l’industrie, devront être rapatriés dans le pays d’où ils sont venus. — Tous ceux qui possèdent des manufactures, des fabriques pourvues d’ouvriers roumains, et qui exercent un métier quelconque, ou qui auront suivi des cours de sciences supérieurs, devront être tolérés s’ils suivent la marche de la civilisation... A partir de ce jour, l’entrée des Hébreux dans le pays sera interdite pour jamais...

Le gouvernement a interdit la circulation de ces pétitions, au moins dans les rues et les places publiques. Archives israélites, XX, p. 929- 930; 1867.

La cause de l’immense impopularité du Juif et des persécutions qu’il subit, est la même qu’au moyen .AGE. — So.N ATTENTE ET SES espérances de domination sont les MÊMES. — Le concert de mépris et de fureurs qui poursuit le Juif ne reste invariable que parce que le Juif n’a point varié. — Documents accablants, et Manifeste admirable d’hommes d’Etat du pays contre le Juif. — Dans ce lambeau d’histoire actuelle, on retrouve tout vivant le Juif des siècles anciens. — Terreurs qu'il inspire par ses mœurs insociables, par

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