PREMIÈRE DIVISION. — LE MESSIE JUDAÏQUE
Le Juif orthodoxe ne cesse d’espérer une révolution universelle qui l’élèvera, par son Messie, au-dessus de tous les peuples. — Israël a-t-il ou non conservé sa foi naïve et robuste au Messie? Oui, mais le Juif, depuis quelques années, n’est plus, ici et là-bas, semblable à lui-même, — Le rabbin Lazard énonce que le rétablissement de Jérusalem n’est que chose idéale, qui ne nuit pas, en conséquence, à leur patriotisme national. — Les réformateurs allemands tiennent le même langage , parce que parler de ce rétablissement serait un obstacle à leur émancipation. — Les Juifs anglais sont plus francs, et l’immense majorité des Juifs croit au Messie, mais défense est faite d’en fixer la date. — Le Messie des talmudisants reste le pivot de la foi judaïque. — Lettre de M. Lévy Bing sur le Messie, chefd’œuvre de clarté. — L’unification des peuples doit s’opérer, afin qu’Israël puisse être, au-dessus d’eux tous, le peuple-Pape. — Le toast universel. — La patrie de cœur et définitive de tout Juif, c’est donc encore la Judée. — Cependant le Messie ne sera pas de nature divine. — 11 rebâtira Jérusalem et y ramènera les Juifs délivrés. —
Le Juif talmudique ,=e nourrit do l’espoir de la conquête et de la spoliation des peuples qui lui donnent droit de cité. — Preuve, anecdotes. — Pour le Juif progressiste, le Messie est l’époque philosophique actuelle, qui renverse Eglise et Talmud ; pour le Juif orthodoxe, celte époque est une des étapes qui préparent le Messie réel. — Grotesques superstitions. — Familles messianiques , descriptions.
Les Juifs ont espéré de tout temps leur Messie, et, tantôt y songeant, tantôt sans en avoir la conscience, ils ont préparé Tœuvre de la révolution sociale et universelle dont l’instrument définitif serait ce Messie, et dont le résultat final doit être et sera, — ne cessent-ils de se répéter l’un h l’autre, ' — d’établir leur domination sur tous les peuples de la terre! Mais nous ne saurions comprendre ni la vivacité de cet espoir, ni la force que donne cette foi traditionnelle b l’e.véciition de leur dessein, si nous n’arrêtions un instant le.s yeux sur l’ardeur et la ténacité de la croyance qui lie l’esprit et le cœur du Juif à l’idée du Messie.
La question se pose donc pour nous en ces termes : Israël a-t-il ou non conservé sa foi naïve et ardente au Messie?
Et la réponse que nous donnent les üls de la dispersion est celle-ci : Malheur! malheur h qui l’a perdue cette foi! Ce-