CHAPITRE TROISIÈME
PREMIÈRE DIVISION. — LES RARRINS, LE GRAND SANHÉDRIN, LES CONSISTOIRES.
Qu’est-ce que le rabbin? Est-ce un pasteur, un prêtre, ainsi que le dit aujourd'hui le Juif? — C’est un docteur, le plus souvent pétri d’ignorance, et remplissant quelquefois d’assez singulières fonctions. — 11 ne fait rien qu’un laïque ne puisse faire a sa place! — Les rabbins exercent les professions les plus variées, ils peuvent être bouchers, cordonniers, revendeurs, etc. — Leur éducation. — Eloges que s’entre-donnent les rabbins. — Cruelle sévérité avec laquelle ils sont jugés par les organes mêmes du judaïsme. — Cependant les Juifs, afin de se donner le semblant d’un culte sérieux, et d’obtenir do l’Etat que ce culte soit salarié, donnent à ces rabbins le titre de prêtres, de pontifes, de pasteurs. — Et ces prêtres juifs sont d’institution profane ; ils doivent leur état de ministres de la religion judaïque à des princes chrétiens. — Phases de l’autorité légale des rabbins on France. — Napoléon I" les utilise pour ses recrutements militaire.s et sa police politique. — En un mol, le rabbin n’est qu'un docteur; et le 'Talmud nous dit que, depuis la dispersion, il n’y a plus de docteurs en Israël I — Et pourtant, jadis, leMo'ïse du judaïsme talmudique décrétait la mort sans jugement contre quiconque niait la tradition des rabbins*.
« Les Juifs , nous dit Kluber, l’un des coryphées de l’école des publicistes philosophes dont le témoignage ne saurait être suspect, les Juifs forment une secte politico-religieuse , placée (de fait) sous le rigoureux despotisme théocratique des rabbins. Non-seulement les Juifs sont étroitement wiis et conjurés entre eu.\, au point de vue de certains dogmes religieux, mais ils constituent une société héréditaire tout d fait close pour ce qui concerne la vie ordinaire, le commerce habituel, et l’éducation du peuple, excluant tout progrès, et entretenant soigneusement entre eux l’esprit de caste et de famille par l’interdiction formelle de toute alliauce avec des personnes d’une autre religion*. »
El dans cette société judaïque, presque tout homme, depuis le Christ, est Pharisien, ou talmudisie, c’est-à-dire
‘ Note importante. Nous ne pouvons assez recommander au lecteur de ne juger aucune des assertions contenues dans nos chapitres sans la rapprocher de sa date , que nous avons le plus grand soin de donner.
2 Kluber, Coup d'œil des délibérations diplomatiques du Congrès de
sectateur des traditions que flétrissait Jésus et que maintiennent les rabbins. Quel est donc au milieu de ce peuple tout pharisaïque, le rôle, quel est le personnage du rabbin? — Le rabbin, depuis l’époque de la dispersion, est ce qu’était jadis le Scribe, qui toutefois n’appartenait alors ’a aucune secte spéciale. 11 est le docteur de la science religieuse. Ses coreligionnaires lui décernent ce titre, mais il n'y a dans sa personne rien du prêtre , car le sacerdoce a disparu du milieu de Juda depuis la dispersion du peuple et la confusion des familles. Nul Juif ne connaît aujourd’hui sa généalogie; nul ne sait quelle est sa tribu, nul n’est capable de prouver qu’il descend de Lévi , nul, par conséquent, n’est en droit de s’arroger ni le titre ni les fonctions de prêtre ‘ .
Erreur! erreuri et vous entendrez soutenir en Israël que les Juifs ont encore leurs pontifes, leurs patriarches, leurs prêtres! Mais non; non, de grâce! s’écrie dans le seizième siècle l’évéque de Valtourre, n’allez point prostituer de tels titres et les appliquer à ces Juifs impurs, à ces infects déblqtéreurs , à ces cabaretiers, à ces trafiquants que nulle iniquité jamais ne fera battre en retraite*.
Nous ne nous effarouchons point de ces termes; car une plume (forigine judaïque les reproduit de nos jours â peu
Fi>nne, III, 390. Observons que Kluber parle de la très-grande majorité de la nation juive à une époque postérieure au Sanhédrin de 1807, et que, depuis cette date récente, une immense révolution religieuse est en voie de s’opérer chez les Juifs et surtout en France.
‘ Les prêtres ne peuvent èlre tirés que de la tribu de Lévi ; et tes lévites, quoique compris dans l’ordre sacerdotal, no sont point prêtres par cela seul qu’ils sont lévites. Bible, Nomb., ni, 6 à 11, etc. Essai hist. sur les Juifs, t. II, p. 71, ch. vi, anonyme; Lyon, 1771. « Les lèvres du prêtre sont les depositaires de la science, et c’est de sa bouche que l’on recherchera la connaissance de la lui, parce qu’il est l’ange du Seigneur des armées. » Bible, Malachie , ii, 7.
’ Vahl ne, quæso, spurios illosatque olidos blaterones, caujiones et n^ociatures, omiii iniquitate pteuos, patriarchas aut sacerdoles dixerisl Dies caniculares, Dn. Sim. Maioli Episcop. Vulturariensis, 1615, Maguntiæ. 1. 111, p. 878. Id. Subst. Traité de la Police, 1. 1"', p. 2’79, etc. Paris, 1705, in-f". Lire id. Baronius, Annales ecclesiasticœ. bious rilerons ces deux œuvres monumentales et si différentes l'une de l’autre.