CHAPITRE TROISIÈME
près dans les mêmes termes (voir plus bas) 5 et, quant au sacerdoce, l’un des grands prédicateurs de la France, le R. P. Félix, faisait naguère retentir la chaire de Notre- Dame de Paris de la même vérité. « Israël, s’écriait-il, est aujourd’hui « sans religion, sans patrie, sans prêtres, sans sacerdoce, sans autel et sans sacriflce'I »
Voicf donc cette religion monotemplale devenue veuve du temple unique où son Dieu lui permettait les grandes cérémonies du culte , et veuve k la fois de son sacerdoce ; car dans la foule entière de ses quatre millions de fidèles , un seul ne saurait se trouver qui pût confirmer sa parole s’il osait dire : Je suis de la race unique dont se font les prêtres-, je suis un des descendants de Lévil
Mais l’un des livres sacrés de la Bible ne nous avait-il point tenu ce langage prophétique : « Un long temps se passera pendant lequel Israël sera sans vrai Dieu, sans prêtre qui l’instruise, et sans loi*. » Best donc tout naturel que le peuple juif, partout où ses essaims se sont abattus, n’ait plus en guise de temple unique que de simples lieux de réunion et de prière ; en guise de loi , que des traditions étrangères k toute origine divine’; en guise de prêtres, que des consulteurs officieux , ou redevables à la loi des nations
* Archives wraatifes , VIII , 15 avril 1868, p. 353. Et l’un des organes du judaïsme de répliquer: « Autrefois les prêtres formaient chez nous une caste à part ; aujourd’hui le rabbin, ou chef religieux, entre dans la carrière pastorale par un choix libre... » 76. X, 15 mai 1868, p. 445. Ce prétendu prêtre est donc de fantaisie, d’institution humaine, instit'ié contrairement à la Bible et au Talmud, ce que nous verrons en ce chapitre.
Cette religion, disait, en mars 1868, M.Chaix d’Est-Ange, rapporteur au Sénat d’une pétition judaïque, « n'a rien de sacerdotal;... les rabbins eux-mêmes ne sont pas des prêtres, mais des docteurs ; et, depuis la dispersion, la science a remplacé le sacerdoce. » Ibid., V, p. S08-9. 1" mars 1868. « On ne pouvait mieux dire, » ajoutent les memes Archives israèlites , VI, 15 mars 1868, p. 251,... à la condition de supprimer cette erreur : que la science aurait remplacé le sacerdoce I Hais pourquoi ceile vérité du mois de mars, que« le rabbin n’est point un prêtre, » n’est-elle plus au mois de mai qu’une vérité de rebut, remplacée par l’assertion contraire? Patience !
* Bible, II Paralip., ch. xv, v. 3.
^ Le Talmud. Relinquentes mandatum Dei , tenetis traditionem hominum. S. Marc, vu, v. 8-9.
étrangères d'un titre officiel; en un mot, que des rabbins, c'esl-h-dire que des docteurs, dont, sauf quelques rares exceptions, l’ignorance est prodigieuse Mais bâtons-nous de produire k l’appui de nos paroles le texte même de l’un des membres notables du consistoire de la ville de Paris : « Les rabbins ne sont point, comme les curés et les pasteurs des communions chrétiennes, les ministres nécessaires de notre culte. L’ofUce des prières au sein de nos temples ne s’effectue point par leur organe. Ils ne sont point les confidents de nos consciences. Leur pouvoir ne peut rien pour le salut de nos âmes. Leurs fonctions sacerdotales se bornent à la célébration du mariage* -, et leurs attributions, k la prononciation, en chaire, d’un très-petit nombre d’oraisons. Ils sont docteurs de la loi, et passent pour avoir une connaissance profonde du Talmud. Ils sont canoniquement investis du pouvoir de conférer k un laïque quelconque le diplôme du rabbiuat. u Mais n ce diplôme est compatible avec toutes les professions... et nous comptons parmi nous des rabbins au barreau, des rabbins en boutique, et des rabbins marchands forains. Ils ne possèdent les éléments d’aucune science utile, et ignorent, la plupart, jusqu’k l’usage de la langue nationale... Leur attachement fanatique k des pratiques absurdes, dont le temps et la raison ont fait justice, est un titre à leur considération mutuelle et à la vénération des orthodoxes. Leur présomption est aussi excessive que leur ignorance est profonde. Si on invoque
‘ Dpuxième lettre d’un rabbin converti. <827, Paris, p. 366-7. Id., Harmonie, entre l’Eglise et la Synagogue, Exemples et exceptions, t. l'r, p. 30, etc.
* C’est trop dire, et nous allons voir que tout laïque peut les célébrer. Leurs fonctions consistent, par exemiae, à pratiquer des exorcismes magiques, comme les fils de Sceva, ^c/es des Apôtres, xix, v. <3, etc.; à veiller auprès des femmes en couches, pour les défendre contre les maladies et les maléfices du démon Lilit, etc., etc. Harmonie entre VEglise et Synagogue, t. Il, p. 320; Drach, Paris, 1844; ou bien à tracer des talismans qu’il faut porter ou avaler, pour guérir d’une maladie, pour obtenir progéniture, ou pour être délivré des démonsi Archives israélites, l’If, 15 février 1868, p. 185. Et ces dernières fonctions sont celles de nos sorciers, leurs imitateurs.