CHAPITRE DOUZIÈME
lutions qni fascinent et entraînent les multitudes, puisse, en un instant, se trouver sur les lèvres, dans les vœtu et ^ la tête des peuples, ardents à tourner les merveilleuses aptitudes de sa personne vers le but final de leurs aspirations?
Lorsque s’évanouirent les jours néfastes du siècle dernier, pour céder la place au siècle que nous occupons, n’avonsnous point vu des hommes sortis d’une obscurité profonde dresser fièrement la tête sous les plumes de la toque directoriale, se draper dans les plis de la toge consulaire, et ne manquer que d’audace et de génie pour s’élever au pinacle, pour saisir et s’approprier, aux applaudissements de la foule, les insignes du pouvoir suprême? N’avons-nous point vu, tandis que grondait le torrent des idées et des passions révolutionnaires, surgir du fond de la Corse un homme de prodiges, un soldat' sous les regards duquel le monde se lut, sous la main de qui peuples et rois s'humilièrent? Ne l’avons-nous point vu porté sur le pavois par le peuple le plus généreux de la terre? N’avons-nous point vu ses lieuletenants couvrir, sans trop étonner le monde, ou tenter découvrir leurs épaules du manteau des rois? N’avons-nous point vu le fils d’un hôtelier, le séminariste, l’intrépide, le légendaire Murat, suivi de près par son camarade Bernadette , pauvre enfant de la Gascogne, faire chacun de la selle de leur cheval le siège d’un trône? Issu de race judaïque *, le maréchal Soult ne se vit-il point au moment de donner h sa vaillante épée la forme d’un sceptre? Et qui se fût étonné si le même désir eût traversé le cœur du Juif Masséna? Cet enfant chéri de ta victoire * était-il inégal à son frère d’armes et de race par un autre côté que le côté de l’ambition? Eh
‘ La Corse n’eûl-elle pas alors élé déclarée française, qui demande, en temps de tourmente, a l'homme dont la main saisit avec vigueur la barre du gouvernail, son acte de naissance?
Ce qu’affirme le premier ministre de la Grande-Bretagne, Juif luimème d'origine. Le maréchal Soult se crut au moment de monter sur le trône de Portugal, dont il rêvait peut-être de se faire un échelon au trône ibérique.
* Surnom que le soldat donnait à ce maréchal, dont le nom juif était Manassé.
bien , que les circonstances redeviennent ce qu’elles furent alors; que la fortune politique ail pour des visages nouveaux de nouveaux et de plus irrésistibles sourires; qu’il se rencontre un sophiste pétri d’habileté , un de ces coryphées de révolutions dont le souffle fanatise les peuples, un de ces retors et valeureux capitaines pour lesquels se passionne le soldat, et qui, peut-être h l’insu du public, ainsi que Soult et Masséna, se trouverait être un des rejetons égarés de la race juive ; qu’il surgisse un de ces habiles et glorieux inconnus que ses frères de sang sauraient aussi bien reconnaître que soutenir, et .surloul à une époque où les lois de la civilisation révolutionnaire ont fait de tout citoyen et par conséquent de tout Juif un soldat; que cet homme, enfin, porté par le vent de la tempête, joigne l’audace aux services, et, qui de nous, après les spectacles dont notre siècle a rassasié nos yeux, s’imaginera que tout à coup un diadème impérial ne pourrait tomber, s’abattre sur le front de ce nouveau venu? Qui nous dira la hauteur ’a laquelle ne saurait s’élever cet ambitieux, foulant aux pieds les débris de trônes fracassés par les révolutions et par les batailles? Et qui pensera que ce nouvel empereur d’une république universelle et égalitaire, élargissant la voie terrible que suivirent jadis les empereurs de la république romaine, ne pourrait inaugurer une nouvelle ère césarienne! Oui s’étonnerait, en un mot, de le voir dicter ses lois au monde, dont les rênes ffnancières flottent et ne cesseront de flotter aux mains d’Israël, en voie de devenir d’un bout à l’autre de la terre ce qu’il est en Allemagne, c’est-à-dire le distributeur et le régulateur des seules idées que le public libéral et lettré favorise et acclame!
Est-ce que déjà' les hommes éminents du judaïsme ne sont point des hommes avoués, recherchés, courtisés? Estce que déjà , dans les comices électoraux de l’Angleterre ou de la France, le surf/age d’élite, c’est-à-dire le suffrage restreint, et le suffrage confus des masses, c’est-à-dire celui que l’on nomme universel, hésitent l’un et l’autre à les
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élever au pinacle.^ Est-ce que leurs banquiers, leurs financiers, homnaes d’État véritables pour la plupart, ne sont point les banquiers et quelquefois les ministres des princes, les financiers des royaumes , les chefs et les dominateurs de toutes les entreprises industrielles, de toutes les grandes et colotsales compagnies de l’Europe, les arbitres, en un mot, de la paix et de la guerre, avec lesquels doivent compter, et plus humblement quelquefois que ne le suppose le vulgaire, les élus de la victoire, les têtes couronnées les plus hautes et les républiques les plus fières'?
En vérité! du milieu de ces parvenus sans nombre de la nation juive; du milieu de ces hommes que l’Europe fait ses conseillers et ses juges, ses législateurs et ses chefs d’armée, pourquoi ne se rencontrerait-il pas un beau jour et au moment d’une crise suprême un homme que les peuples en s’unifiant feraient le dépositaire du pouvoir universel? et, que ce pouvoir ait pour titre présidence ou royauté, protectorat, césarisme ou empire, le mot ferait-il rien h la chose*?
Pourquoi donc, du train de vapeur ou de foudre dont partent et se précipitent aujourd'hui les choses, pourquoi,^ si les regards se tournent vers les points de l’avenir qui menacent l’Europe entière de bouleversements radicaux, pourquoi s’étonner que du sang de Jacob, tout k coup, surgisse
* Le Petit Figaro nous dit le 12 avril 1 869 , d’après le Réveil, joiirna! socialiste, il est vrai : u Les héritiers de M. de Rothschild connaissent enfin le chiffre exact de la fortune du célèbre financier; la somme totale est d’un milliard sept cents millions. » — « Avec ses frères il prêtait au monde entier, et commandait, bourse en main, à tous les souverains. » Le Monde, 18 novembre 1868. La fortune de cette famille peut s’accroître démesurément par des opérations, des mariages, et s’associer à d’autres fortunes judaïquesl... Voir la note du ch. X, div. 2°, sur M. de Rothschild.
^L’émancipation du Juif a produit les effets qu’on en attendait; O elle a permis à ce peuple d’entrer dans toutes les carrières. Il a eu des ministres remarquables, des financiers éminents, de grands orateurs, des militaires distingués, des ingénieurs habiles, des jurisconsultes profonds, de grands artistes; en un mot, il possède fout ce qu’il faut pour former un milieu indépendant, et se gouverner lui-même. •> (Ajoutons : et, pour gouverner d’autres que lui-même.) Amédée Nicolas, Conjectures sur les âges de l’Eglise, p. 372; Paris, 1868.
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au jour inattendu le dominateur qui réaliserait les doctrines cosmopolites dont Israël est l’apôtre, dont le libéralisme n’est que l’écho? Où donc, en vérité, puisque les nations dociles à sa voix tendent ù s’unifier, h se fondre en un peuple unique, où rencontrer un homme plus apte que le Juif k la position nouvelle, plus intime k l’universalité des intérêts et des choses dont il est presque en tous lieux le créateur, plus cosmopolite, et nous répétons ce terme, car Israël est le seul homme qui puisse être , grâce au privilège de sa constitution physique, et qui de tout temps ait été, par le fait même de la dispersion, le citoyen du globe entier ' !
Quel homme, k quelque point de vue que l’on se place, aurait de plus justes et légitimes chances que le Juif k se faire accepter au milieu de populations émues, troublées, confondues, pressées, poussées par des guerres ou des bouleversements les unes sur les autres-, populations qui, formées k maudire le Christ et la loi civilisatrice du dévouement, ne savent déjk plus k peine apprécier d’autres biens que les biens de la terre , et dont les furieux appétits se tournent, comme vers un but final, du côté des richesses, pour la multiplication desquelles semble créé tout exprès le génie du Juif.
Au moment donné, comment donc ne point admettre que la race judaïque fasse sortir de son sein quelque Joseph doué des dons nécessaires k l’organisation et au gouvernement de quelque colossale Égypte? quelque Moïse suscité pour organiser, pour diriger vers la terre des patriarches* quelque formidable exode, pour briser l’orgueil de quelque Pharaon? Comment, au moins, ne point se rabattre k penser qu’il se rencontre au-dessus de ces fils de Jacob, si nous les reléguons au rôle secondaire, un grand politique, un ambitieux, un génie assez fort, grâce k ra|>point des mo-
' Voir au chapitre Influences.
2 Voyez toutes ses tentatives, tous ses préparatifs pour y ménager son retour. Lire toutes ses Revues : — par exemple, Archives israélites. Univers israélile, etc., etc.