‹ Le juifChapitre 28 sur 312 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

leurs lumières sur les questions religieuses, ils opposent les mystères; si on les presse, ils crient ^ l’irréligion; si on insiste, ils se fâchent. Ils ont la fatuité du pou\oir, et la volonté de l’intolérance'. »

li ne serait que trop facile, hélas 1 si peu que l’on remuât les annales du culte hébraïque, de multiplier à l'endroit des rabbins les traits où l’immonde .se mêle â l’absurde-, mais il nous suffit, â titre d'échantillon, d’emprunter 'a saint Jérôme, qui vécut dans la familiarité des docteurs israélites, un des exemples où se peint l’antique dégradation de ces tristes ministres.

<t Les Pharisiens, nous dit ce grand docteur de l’Église, ont inventé les traditions qu’ils appellent deutéroses; et de combien de fables et de chimères ils les ont remplies! La plupart sont tellement infâmes que je ne saurais en parler sans rougir; je veux, néanmoins, en rapporter un exemple, alin de couvrir de honte et de confusion ces ennemis déclarés de la religion du Christ. Sachez donc que les principaux et les plus sages de la synagogue étaient obligés , par le devoir de leur charge, horrible emploi! de goûter le sang d’une fille ou d’une femme qui avait ses infirmités ordinaires, afin de juger par le goût, lorsqu’ils ne pouvaient le faire par la vue , si ce sang était pur ou ne l’était pas *. »

Certaines Revues judaïques , souvent en désaccord avec elles-mêmes, nous tiennent sur le rabbin un tout autre langage. L’amélioration qu’elles signalent parmi ces docteurs, si nous la prenons au sérieux, est, en tout cas, de date toute récente; mais nous l’admettons le plus volontiers du monde,

‘ Des Consistoires en France, par M. Singer, membre du Consistoire, p, 32-33, Paris, 4820, Delaunay. Id. Cerfberr, plus loin : «Lesdevoirs (les rabbins concernant la prédication morale dans les temples, dit M. Halévy, devoirs prescrits par le grand Sanhédrin, ne sont pas remplis, ou le sont d’une manière fâcheuse, à cause de Vincapacité des rabbins en général, de leur peu de lumières, et de leur habitude de prêcher dans un jargon barbare. » Résumé de l’histoire des Juifs modernes, p. 309. — Hallez, Des Juifs en France, p. 266, etc.

* S. Jérôme, l. III, ch. xcvii, p. ‘iî\. Lettres, trad. Guill. Roussel, bénéd. Paris, 4707.

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en ce sens que, dans les Élats les plus civilisés de l’Europe, les membres du rabbinat seraient des hommes honorables, quelquefois assez savants, et qui généralement ont reçu l’éducation vulgaire. Un grand nombre, dans les centres de la civilisation chrétienne, parlent donc un langage à peu près correct, ce que ne se permettent qu’l» de rares intervalles les rédacteurs des revues qui les préconisent. Mais le dégrossissement de ce personnage si cruellement jugé par les siens, lui conférera-t-il le caractère sacerdotal que la presse judaïque s’est donné depuis quelques années le mot d’ordre de lui attribuer? Et sa bouche, pour être moins barbare, deviendra-t-elle un organe de la vérité religieuse? Car rien n’est exagéré dans les paroles du très-honorable M. Singer, grand admirateur des vertus de sa nation , et nous aurons soin de retenir son dernier mot : « Ma double qualité de membre pour l’érection du temple et du coniilé de surveillance et d’administration des écoles consistoriales, garantit l’exactitude des renseignements que je produis »

Or, près de trente ans après leur date, ces paroles douloureuses pour les lèvres qui les profèrent, recevaient de la part d’un écrivain de race judaïque une confirmation trop éclatante pour que nous puissions hésiter à nous répéter en l’offrant aux réflexions du public ; notre public est si complètement étranger à l’histoire de ces Juifs dont les mains pétrissent et déjà façonnent l’avenir de notre société!

C’est particulièrement h l’endroit de leurs fonctions spirituelles que les rabbins « sont faibles et nuis, car leur office n’égale point l’importance du saint ministère des prêtres chrétiens. Ce n’est point eux qui font résonner les temples de cantiques et de prières; ils ne font point retentir du haut de la chaire de sublimes vérités; ils ne vont point dans les familles porter l’espérance et la consolation; ils ne recherchent point la misère pour la secourir, les larmes pour les sécher; ils ne guérissent pas les plaies du cœur, les mala-

< Ib., p. 7. 1820.

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