CHAPITRE TROISIÈME
(lies de Tâme-, ils iie célèbrent point d’ineffables mystères; ils ne sont point les confidents des consciences ulcérées; ils n'ont point reçu du Ciel le don de pardon et de miséricorde; ils ne sont obligés ni au dévouement aveugle, ni à la chasteté sévère; ils n’ont point fait vœu de pauvreté Or,
nous le demandons en toute conscience et en toute vérité; quelle puissance peut avoir une religion enseignée par de tels ministres? Certes, tant que les Israélites auront pour interprètes de leur religion leurs tanneurs, leurs colporteurs, leurs escompteurs, voire même leurs usuriers, car beaucoup exercent ces nobles et libérales professions, jamais ils ne se trouveront à la hauteur de l’époque. » Il est vrai que, n déjà, nous avons parmi les rabbins des hommes éclairés et dignes de leur sainte mission, mais ils se réduisent à trois ou quatre ' ! »
En France, et dans quelques-uns des pays les plus civilisés de l’Europe, l’aristocratie judaïque s’applique à combattre l’ignorance de ses ministres et de ses coreligionnaires, dont elle est à juste titre honteuse. Aussi , lorsque ses nombreux efforts sont couronnés de quelque succès ’, estil d’usage d’en grossir le bruit et d’en confier la redite aux bouches sonores de la renommée. Devant les oreilles ouvertes du public, il est d’ailleurs assez simple que le style officiel répande sur les personnes et sur les choses un aspect sensiblement plus beau que nature. Nous sommes donc loin de nous armer de rigueurs contre M. le grand rabbin de Paris, Isidore, et de repousser le flux des hyperboles que nous verse sa bouche louangeuse. « Je compte, s’écrie avec emphase ce ministre du judaïsme, sur le concours actif, loyal et affectueux de mes collègues dans le rabbinat , dont la science EST SI GR.VNDE et dont le zèle est toujours au service de la religion ’ ! »
* Les Juifs, leur histoire, leurs auteurs, p. 55-6-7, par A. Cerfberr de Medelsheim. Paris, 1847.
^ Exemple ; Le collège rabbinique de Padoue, Italie, nous dit T {/hivers israélite, septembre 1867, n“ I, p. 14, etc.
* Archives israélites, VU, 1'' avril 1867, p. 307.
Mais quel crédit toute la bonne volonté du monde nous permet-elle d’accorder à ce langage, lorsque nous entendons l’un des grands organes de la nation juive faire retentir au loin ces paroles de désolation : « Âu sein de l’assemblée ’a laquelle est confiée la (Urection supérieure des affaires religieuses Israélites, le grand rabbin est le seul dans le choix de qui la connaissance et le respect de la religion sont pris en quelque considération. Quant à ses collègues..., la position sociale et l’éducation sociale sont seules considérées; mais, pour ce qui est (tune mesure quelconque de connaissance religieuse, de caractère religieux, de quelque fidélité religieuse se manifestant dans la vie, pas le moindre scrupule ne se montre dans leur choix! » Le sort de la religion isiaélite, le choix de ses ministres est donc « abandonné ^ une majorité d’hommes qui ne possèdent pas /a moindre connaissance de la religion », qui peut-être o comptent parmi les premiers contempteurs de la religion israélite et renvoient le
fait de la révélation dans le domaine du mythe! » En un mot, « la culture et l’entretien de la science religieuse manquent partout dans le vaste empire!... ‘ »
Ces paroles, et cette date, ne sont-elles point, si nous arrêtons nos yeux sur les royaumes de l’Occident, une révélation terrible de l’état des croyances en Israël et de l’ignorance générale et profonde de ses guides religieux? Car, entre tous les Juifs de ce monde, le Juif occidental est incomparablement le moins ignare 1
Cependant, ces ministres si singulièrement choisis, et la plupart du temps si déplorablement étrangers 'a la science et aux mœurs religieuses du judaïsme, les voilh, si nous en croyons cet organe du parti conservateur de la religion juive, les voilk devenus non-seulement les docteurs, mais les prêtres, les pontifes, le sacerdoce de la nation. Car on affecte en Israël, et nous saurons pourquoi, de ne les désigner que par ces termes sacrés -, car le mot est donné de toutes parts de répéter a tout propos cette qualification religieuse; car on
< VUnivers israélite, n« II, octobre 4866, p. 74-7a.