‹ Le juifChapitre 280 sur 312 · CHAPITRE APPENDICE. 5Ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE APPENDICE. 5Ï

sur les astres; puisque, dès lors, il nous importe de les connaître assez à fond pour changer au besoin leurs noms; car les noms sont l’instrument de notre action sur ces recteurs de tel ou tel astre, dont le devoir est de verser en tels lieux, en tel temps, en telle circonstance, les influences qu'il entre dans notre volonté de diriger.

Ainsi le contemplatif spirite tournera-t-il ses méditations profondes sur le nombre des lettres qui composent le nom de Jéhovah, sur leurs fîgures, leurs combinaisons et les noms des Anges que leurs fonctions y attachent. Mais, humble serviteur de l’homme, le corps doit unir son action à celle de l’âme; le cabaliste aura donc tantôt à le tourner d’un côté, tantôt de l’autre; il devra remuer sa langue d'une certaine façon, et composer, combiner ses gestes avec la prononciation de certaines lettres, de certains mots et de certains noms, en un mot harmonier les mouvements du corps avec ceux de râme'.

Loin de nourrir la crainte de se donner de vains labeurs, le cabaliste se sent heureux des voluptés qu’il arrache péniblement du sein de la science, et du bonheur qui découle pour lui d’une union tellement intime avec Dieu, qu’il lui arrive quelquefois de se croire transformé lui-mèine en divinité. C’est pourquoi les docteurs qui se sont élevés jusque sur les hauteurs de la cabale spéculative, en invoquant le nom de Dieu et les noms des Anges, ne se font qu’un jeu du miracle; nous en prenons à témoin le miracle du gâteau générateur de merveilles du rabbin IsmaëP....

... Et n’omettons point de mentionner un ordre de cabale astrologique dont nous ne révélerons point ici les secrets, mais qui nous enseigne que les cabalistes accordent de grandes influences aux astres, et particulièrement à la lune, parce qu’elle est la grange et le réceptacle des autres planètes. Elle communique avec elles, mais plus encore avec le soleil. Celui-ci la remplit d’une vertu vivifiante qu’elle laisse retomber de son sein sur les autres créatures. A elle de régler toutes les révolutions inférieures, car elle est la femme unique des noms do Dieu ; et cette

’ Ibid., p. 392. Crs choses rentrent dans les signes sacranientaiix de la magie, lorsqu’elle revd la forme de l’astrologie judiciaire. Lire les anciens Ih^urgcs et Cornélius Agrippa, etc., etc., que nous avons si souvent cités dans nos ouvrages sur la magie.

’ Ces giteaux magiques rappellent les fromages enchantés dont il est question dans la Cité de Dieu de saint Augustin. Lire cap. xviii, p. 18; — voir id., dans notre livre lies hauts phénomènes de la magie, chap. v, 2* division, transformations, zoomorphisme, etc., etc.

femme tient le milieu entre Dieu et la créature, entre les cieui archétypes et les anges, entre nous et le ciel des astres. Son rôle est celui de médiatrice entre les Anges et l'homme; elle conçoit et devient grosse en s’unissant au soleil son mari, pour communiquer ensuite ce qu’elle a conçu aux hommes arrosés de la grâce de Dieu. Elle reçoit en outre de Vénus les vertus nécessaires à la génération, et de Mars la force et l’humeur bouillante...

Les initiés de la cabale prétendent saisir un enchaînement fatal entre les causes secondes et les esprits ou les intelligences supérieures. Chaque créature, se figurent-ils, participe aux qualités d’un être suréminent; ils s’attachent donc à savoir de quelle planète dépend celle qu’ils ont en vue. Us cherchent ensuite par quels canaux la planète et l’intelligence versent leurs influences dans cet objet, et s’efforcent de démêler les anneaux secrets de la chaîne qui lie le ciel à la terre. Ont-ils résolu ce problème, ils se disent maîtres de faire descendre d’en haut ces génies, soit en les comblant d'honneurs proportionnés à leur rang, soit par l’oblation d’herbes et d’odeurs conformes à leurs goûts'. Et vous les entendez allirmer que cette assistance du génie communique à l’objet terrestre une vertu fort étrangère à sa nature.

Une de leurs croyances est que les âmes sont préexistantes aux corps’; que, passant par les Séphiroth, elles traversent certaines sphères; et que du jeu de ces circonstances dépend leur sort en ce monde. Dieu, disent-ils, lorsque l’homme naît, lui dépêche un gardien, un Ange qui le dirige selon les inclinations qu’il a reçues de la planète sous laquelle il est né ; le cabaliste devra donc s’évertuer à découvrir quel est ce génie. Mais si l’homme se soustrait à la direction de cet Ange, sa chute dans le crime et dans le malheur est inévitable. Tel fut le sort de Saül, tel de Balthazar, de Nabuchodonosor... Et, dès lors, brille l’évidence de ce principe, que pour assurer le bonheur d’un enfant il s’agit, avant tout, d’apaiser et de flatter l’esprit de la planète sous laquelle il est né. [Ibid, page 294-96.)

Assez nous semble dit pour faire voir que ce fut grâce à ces

' Lire saint Augustin, relevant le |)liiloso|>lie Porphyre, Cité de Dieu, liv. X, cliap. XI. — Sliakespeare sVst emparé de ces notions, scène iv des Sorcières de. Macbeth: «Scaleof dragon, lootli of wolf, »ctc., et Virgile épuise la description de ces objets magir|ues : « Has lierbas... Uis ego SKpe, >> etc., Betog. VIII.

’ Erreur d’Origène très-connue, et condamnée.

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