‹ Le juifChapitre 283 sur 312 · CHAPITRE APPENDICE · texte numérisé non relu

CHAPITRE APPENDICE

« Abraham , en sortant de la Chaldée , avait emporté les mystères de la cabale », et la cabale se mêle tellement à la magie, que, d’après « la tradition cabalistique, l’Inde fut peuplée par les descendants de CaYn; que plus tard les enfants d’Abraham et de Céthura s’y retirèrent » , et que , grâce à cette population cabaliste, « elle fut par exœllence le pays de la goétie et des prestiges*. »

La goétie, la magie, les prestiges démoniaques, les arts et les associations ténébreuses, sont donc inséparables des dogmes et des pratiques de la cabale. Rien ne nous semble plus universellement établi de la bouche des grands docteurs de la science occulte , et nous en prenons à témoin la parole même d’Éliphas, que nous avons entendu s’écrier : « La doctrine cabalistique, qui e»t le dogme de la haute magie , est contenue dans le Sepher-Jesirah , le Zohar et le Talmud* » ; afiirmation que le rationaliste Hœfer confirme en ces termes, dont la limpidité ne le cède point au cristal : < Lee doctrine» myttique», et les pratiques magique» de V antiquité sont en partie conservées dans la cabale » , dont la date est , selon nous , celle des premiers fidèies du catholicisme démoniaque , bien qu’il ne fût rédigé que « vers les premiers siècles de l’ère chrétienne par le Rabbi Akiba et son disciple Siméon Ben Jochaï. Les alchimistes juifs et arabes avaient néanmoins et depuis longtemps connaissance des livres de la cabale, qui étaient auprès des adeptes en aussi grand honneur que les livres d’Hermès Trismégiste’. »

En un mot, et nous ne craignons point de le répéter, « il est

sont les dogmes de la magie qui furent sculptés sur des tables de pierre par Hénoch et par Trismégiste. Moise les épura et les revoila; c’est le sens du mot révéler. Il leur donna un nouveau voile, lorsqu’il fit de la sainte kabbale l’béritage exclusif du peuple d’Israél, et le secret inviolable de ses prêtres. Les mystères d’Éleusis et de Thèbes en conservèrent parmi les nations quelques symboles déjà altérés, et dont la clef se perdait parmi les instruments d'une superstition toujours croissante. » Enfin, « le Sauveur annoncé aux Anges par l’élolle sacr^ de l'initiation vint déchirer le voile usé du vieux temple pour donner à l’Église un tuiuveau tissu de légendes et de symboles qui cache toujours aux profanes et conserve aux élus (les magiciens), toujours la même vérité. » Eliphas Lévi, Hist. de la magie, p. 3-4 ; 1860. On voit avec quelle ténacité les cabalistes couvrent la vérité dans le manteau de leur fausse science.

' Eliphas, ibid., Hist., p. 46-66, 7-8. — Nombreux ouvrages attribués à Abraham par les rabbins, p. 345-348, etc., voir Gust. Brunet, Evang. apocryphes et annotations; Paris, 1863.

• Ibid., Hist., p. 38.

• Hopfer, Hist de la chimie, t. I, p. 343. Les livres d’Hermès devaient contenir ime grande partie de la cabale.

certain que les Juifs, dipositaireê le» jdu» fidèles de» »eeret* de la cabale, ont été presque toujours, en magie, les grands maîtres du moyen âge*. i> Représentants sur terre de l’esprit de ténèbres. Vos ex pâtre diabolo*, ils étaient les missionnaires providentiels et les grands maîtres de l’occultisme. Toute société de mystères et de désordre, en se donnant pour chefs des Juifs cabalistes, se donnait les chefs et les conservateurs héréditaires des doctrines adaptées à son but occulte. Voilà ce qu’ignore la plèbe de ces associés ; mais tout adepte savant , tout initié sérieux se disait en s’inclinant devant eux : « Us sont véritablement nos pères dans la science’. »

Et cette science, dont le pseudonyme Éliphas Lévi, revêtu d'un nom de guerre judaïque, s’est constitué de nos jours l’imperturbable patron, étant celle de la magie, ne peut être, ainsi que nous l’enseignent les Pères de l’Église et la longue expérience des peuples, que la science même du mal‘ : science habile à créer de toutes parts, contre les doctrines et la puissance de l’Église qui la frappe de ses anathèmes, la plus savante et redoutable agence qui puisse infester la terre.

Empressée de couvrir à nos yeux cette ignominie, et se drapant du manteau de la haute sagesse, la magie cabalistique affecte de repousser loin d’elle et avec dédain quelques-uns de ses propres enfants, ceux qui, buvant toute honte et laissant les terribles conséquences de leurs principes suivre paisiblement leurs cours, osent être en plein midi ce que les habiles ne sont que dans les ténèbres. La magie, nous dit donc Éliphas, ce lévite révolté qui, revêtant la peau de brebis, ose se donner pour un des respectueux champions de l'Église : « la magie a aussi ses hérésiarques et ses sectaires , ses hommes de prestiges et ses sorciers. Nous aurons à venger la légitimité de la science des usurpations, de l’ignorance, delà folie et de la fraude’. »

Or, parmi ceux que repousse le mage Éliphas avec un mépris

‘ Eliphas, Dogm. et rit., t. II, p. 220, 2> édit.; 1S6I.

* Ev. saint Jean, ch. vin, v. 44.

* Eliphas, Hist. la magie, p. 247, ib.

* Le Coran en mille endroits, et par exemple : « Us ont suivi ce que les diables enseignaient au règne de Salomon. Salomon pour cela n’a lias péché, mais seulement les diables, qui enseignaient la magie au peuple. » Chap. la Vache, t. !•', p. 392, trad. du Ryer, 1775.

‘ Ibid-, p. 33. Aussi le magicien Eliphas, et les hommes à prestiges du spiritisme moderne, font-ils, quoique li^, assez mauvais ménage.

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