CHAPITRE APPENDICE
aux héritiers des Goths et des Vandales I Les peuples ignorants et barbares les considéraient comme magiciens ; on ne faisait guère le procès à quelque prétendu sorcier qu’il ne s’y trouvât un Juif impliqué, et partout on les accusait de maléfices de toutes sortes*. » Fidèle à son invariable système de l’apologie du judaïsme aux dépens de l’Église, et ne nous présentant la médecine juive que par le côté séduisant des cures, M. l’avocat Bédarride, oublieux du cété cabalistique de la science médicale des Juifs, ses compatriotes, ne saurait tolérer ces soupçons injurieux que l’histoire de tous les peuples a cependant traduits en certitude. Aussi ne condescend-il à nous les expliquer que par la stupide ignorance des chrétiens : a Les cures que les médecins juifs opérèrent, nous dit-il, et qui avaient quelque chose de merveilleux dans un siècle d’ignorance; la langue étrangère dans laquelle étaient renfermés les secrets de leur art, et qui leur donnait un caractère mystérieux, et surtout la qualité d’inHdèles que portaient ceux qui exerçaient la médecine, éveillèrent la sollicitude inquiète d’ttn vulgaire superstitieux. On n’hésita pas à ne voir que sortilège et magie dans le savoir qui distinguait les médecins arabes et juifs; les conciles excommuniaient donc les chrétiens qui s’adressaient à eux *. * Et, pour un écrivain juif, cela va sans dire, les conciles, en proscrivant l’art de ces magiciens, ainsi que le firent à Home les Césars, les maîtres des peuples les plus policés du monde ancien, feraient œuvre de Vandales I
' Bail, Zes Juifs au dix-neuvième siècle, p. 91-94, 2‘ édit.
Ces barbares D’étaient , en agissant de la sorte, que les imitateurs des peuples les plus policés du paganisme, de Rome payenne qui sévissait sans cesse contre ces Juifs, ces mathématiciens magiques, ces ChaldéensILa Cbaldée, Babylone fut l’école des Juifs, et le Coran nous y montre les mauvais anges enseignant la magie. Ibid., 1. 1”, p. 392, du Ryer, 1775.
> Bédarride, Les p. 139, 2« édit.; Paris,1361. — H. l’abbé Gioberti, très-mince autorité dans la question , où son libéralisme antiromain l’égare, nous tient è peu près le même langage. Noos noos gardons de disputer aux médecins juifs certains progrès que l’art médical put lenr devoir. La chimie ne dut-elle pas elle-même de grands progrès à l’alchimie?... Et de
3uel fonds d'ignorance cette témérité de faire porter sa critique sué les écrels des évêques et des conciles qui intimaient aux chrétiens malades la défruse ds recourir è la science des Juifs? L’étude démontre que l’Eglise ne s’est en aucun temps composée d’un vulgaire ignare et superstitieux. Mais devant la malice homicide et les crimes de magie dont l’histoire de tous les peuples témoigne que le Juif était coutumier, l’Eglise devait trembler à la fois pour la vie corporelle et pour la vie de l’ème de ses enfants. — Lire à l’appui le célèbre Traité de la police, t. W, p. 279, etc., 4 vol. in-folio; Paris, 1705, 1710, 1719, 1738.
LES JDIFS.
Nos yeux tournés dès la haute antiquité chrétienne vers l’un de ces hommes qui furent la gloire et la lumière de l'humanité, surprennent en effet la médecine cabalistique, que les Juifs ses contemporains avaient reçue de leurs pères , en voie de descendre de son siècle vers le nôtre le long de la chaîne des traditions malsaines qu’ils tendaient à leurs fils ; et nos oreilles la lui entendent frapper de ses anathèmes.
« Les démons, s’écriait saint Jean Chrysostome, ce vaillant père de l’Église, habitent non-seulement la Synagogue, mais encore les âmes des Juifs. Rechercheriez-vous la guérison de votre corps au prix du salut de votre âme? Pourriez-vous, sans exciter l’indignation de Dieu , le créateur de votre corps , implorer de votre ennemi votre guérison? Et comment 1a science médicale ne deviendrait -elle pas, entre les mains d’un idolâtre quelconque, une ressource infaillible pour vous entraîner aux pieds des dieux des gentils * Souvent aussi les payens ont guéri des maladies de cette manière et ont rendu aux infirmes la santé; sera-ce une raison de prendre part à leur impiété *? »
« Si Dieu permet aux démons, comme il le permet aux hommes, d’opérer quelques guérisons, il le permet pour nous éprouver ; et mieux nous vaut la maladie que la lâcheté de demander à des moyens impies la délivrance de nos maux. Le démon, même en nous guérissant, nous ferait à coup sûr plus de mal que de bien; car il aurait soulagé notre corps, qui n’en sera pas moins la pâture des vers, mais il aurait compromis l’éternel bonheur de notre âme. Les recruteurs d’esclaves offrent aux enfants des
' Saint Chrysostome, lorsqu’il tient ce discours, sait ce qu’ignorent ceux qui s’aventurent à qualifier de fanatiques et de superstitieux les chrétiens et les conciies. Il sait qu'une grande partie de la médecine antique, chez les idolâtres, se pratiquait dans les temples, où le prêtre et le médecin se confondaient l’un avec l’antre; il sait que cette médecine était en partie magnétique, magique, démoniaque, ce que nous exposons dans notre livre Des médiateurs et moyens de la magie. Or, la médecine cabalistique ou talmudique du Juif, mêlée qu’elle était de magie, se confondait à ce point de vue avec celle du payen, et s’inspirait des mêmes dieux. Un art médical également spirite a repris vigueur de nos jours, et particulièrement grâce à la résurrection du magnétisme. — Lire sur ces points le volume Prcelectiones theologicœ do 1866, de l’illustre théologien J. Perrone, du Collège romain, qui nous fait souvent l’honneur de nous citer.
* P. 358-362. Tertnilien disait des démons, à l'aide desquels la médecine magique semble nous guérir ; Liedunt..., remedia præcipiunt ad miraculum nova, sive contraria, lædere desinunt et curasse creduntur — Ils causent le mal... et lorsqu’ils cessent de le causer, nous crions à la guérison. Apolog., cb. XXII.