‹ Le juifChapitre 287 sur 312 · CHAPITRE APPENDICE · texte numérisé non relu

CHAPITRE APPENDICE

Mais pent-^lre serait-il temps pour nous d’en finir arec la cabale, si nous ne devions laisser entrevoir avec quelle opini&tre habileté les Juifs ont su tourner contre les institutions chrétiennes les traditions spirites de l’idolâtrie et de la magie qui les pervertirent eux-mémes, et avec quel art infatigable ils se sont appliqués, dans le temps et dans l’espace, à mûrir et à parfaire au milieu du monde chrétien la corruption de la science sociale. Un seul mot , et qui doit suffire pour le moment , placera le lecteur sur la voie de cette vérité.

« L’idée des hiérophantes chrétiens », c’est-à-dire, d’après le sens qu’Eliphas attache à ce mot, l’idée des conspirateurs de la cabale avait été de s’emparer habilement du pouvoir et de le retenir sournoisement à leur profit. Ils devaient donc « créer une société vouée à l’abnégation par des vœux solennels, protégée par des règlements sévères, qui se recruterait par l'initiation, et qui, seule dépositaire des grands seerelt religieux et sociaux, ferait des rois et des pontifes, sans s’exposer aux corruptions de la puissance. »

Cette idée fut, d'après le cabaliste Éliphas, « le rêve des sectes dissidentes de gnostiques ou d’illuminés' qui prétendaient rattacher leur foi à la tradition primitive du christianisme de saint Jean*. Elle devint enfin une menace pour l'Église et pour la société, quand un ordre riche et dissolu, initié aux mystérieuses doctrines de la cabale, parut disposé à tourner contre l'autorité légitime les principes conservateurs de la hiérarchie, et menaça le monde d'une immense révolution. » Ancêtres des sociétés subséquentes de l'occultisme, « les Templiers, dont l'histoire est si mal connue, forent ces conspirateurs terribles'. » ^

Or, ces hommes de l'occultisme auxquels Éliphas reconnaît le mérite d’avoir possédé les mystères de la cabale, mais qui se donnèrent le tort impardonnable de vouloir absorber dans une aristocratie exclusive la révolution immense dont ils menaçaient le monde, ces conspirateurs à la fois blâmés et honorés disparurent dans une tempête. Mais l’empire des ténèbres n’a que de courts interrègnes; et bientôt, dans l'épaisseur de l’ombre, il leur naquit

> « Les Juifs sont tous regardés comme docteurs de la loi, chez les Illuminés. « Figuier, Hist. du merveilleux, vol. IV, p. 162, livre anticatbolique; 1860.

* Catholidsme de saint Jean , mot de passe qui désigne le catholicisme de la révolte et de ia magie.

* Eliphas Lévi, Hist. de la magie, p. 278; Paris, 1860.

LES JÜIFS.

des successeurs. Ce sont leurs adeptes eux-mémes qui, de mille côtés à la fois, aux époques éphémères de leur triomphe, jetèrent au vent ces révélations. Celui d’entre eux que nous écoutons de préférence, le pseudonyme Ëliphas, est l’un des moins équivoques et des plus savants : continuons de prêter l’oreille à son langage, et sans oublier que les artisans de tous les désordres antichrétiens ou antisociaux qui agitent le monde, sous le couvert des sociétés occultes, se rattachent par le lien secret et judaïque de la cabale à l’immense et universelle association que désigne le nom récent de franc-maçonnerie'.

« La doctrine cabalistique , nous afTimie donc l’adepte Ëliphas qui la professe avec éclat, est le dogme de la hante magie, » et la philosophie occulte de la magie, « voilée sous le nom de cabale, est indiquée par tous les hiéroglyphes sacrés des anciens sanctuaires et des rites encore si peu connus de la maçonnerie ancienne et moderne*. » Mais vers quel but cette association, qui donne à son visage de si philanthropiques attraits, et dont il faut chercher le principe de vie dans les dogmes mêmes de la cabale , pousset-elle le monde chrétien? Écoutons, et nous saurons nous répondre à nous-mêmes, lorsque nous aurons entendu de sa bouche les aveux les plus positifs :

« La grande association cabalistique connue en Europe sous le nom de maçonnerie apparaît tout à coup dans le monde au moment où la protestation contre l’Eglise*, vient de démembrer l’unité chrétienne. » Or, les maçons ont « les Templiers pour modèles, les Rose-croix pour pères, et les Johannites pour ancêtres*. Leur dogme est celui de Zoroastre* et d’Hermès, leur règle est l’initiation progressive, leur principe, V égalité, réglée par la hiérarchie *,

‘ La haute Maçonnerie! — Lire surtout le livre savant et devenu rare du protestant saxon Eckert, trad. Gyr. 2 vol. in-8* , Liège, 1S54.

’ Hist. de la magie, p. 23-24; 1860.

’ Cette protestation est le protestantisme, qui éclate à l’époque si bien dite Renaissance, en tant que naissance nouvelle du paganisme, de sa philosophie, de sa littérature exclusive et de ses arts; les arts et la littérature ayant été christianisés depuis la chute de l’id<dftlrie.

* Les Johannistes , c’est-li-dire ceux qui métamorphosi nt l’apOfre saint Jean en cabaliste, chef des rose-croix, des francs-maçons, etc., et qui nous apprennent que leur but secret est de briser la tiare, etc., etc.

‘ Ce nom qualificatif signifie astre-vivant, et relierait la cabale Caïnite de Cham au sabéisme, ce qui doit être. — Lire, entre autres. Traité de la police, vol. I", p. 521, in-folio; Paris, 1705, etc., etc.

‘ Réserve tacite étant faite contre l’égalité en faveur des chefs de l’association ; car l’égalité est la destruction de tout ordre, même in/ernal; voir

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