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Les doctrines éparses dans le code religieux des Juifs, où foisonnent Us variantes et Us eontradUlions , nous apprennent anssi que « toutes les étoiles et toutes les sphères célestes sont des ilres animés, qui sont doués d’intelligence et de raison. Ckimme elles reconnaissent celui qui est souverainement béni, elles se reconnaissaient elles-mêmes, et reconnaissaient les Anges qui sont au-dessus d’elles. Leur science est inférieure à celle des Anges, et supérieure à celle des hommes. MaïoMnides, dans le Moré Nebuehim, démontre que les étoiles sont animées. »
D’après quelques rabbins, il y a des anges mortela et des anges immortels. Lorsque ces esprits se montrent, ils ont besoin d’une forme, et, s’ils restent trop longtemps dans cette forme, ils se matérialisent. C'est ce qui est arrivé à Asai et h Azaèl. Aux bons anges sont opposés les mauvais, qui sont cependant en partie les organes nécessaires de l’action divine; et la cabale admet assex généralement que, parmi les démons, les uns sont créés de Dieu, tandis que les autres proviennent des bons anges qui se sont propagés entre eux, ou pollués avec les hommes! (Cf. Zend Avesla.)
A titre d’exemple de la vigueur avec laquelle l’Église attaquait ces vagues et fausses doctrines, relatives à la nature des esprits célestes et è leur action sur les astres et sur les liabilants de la terre, nous citerons quelques paroles du concile provincial de Bordeaux en 1583 :
« Ceux-là commettront un crime exécrable et son< excommuniés, qui, par l’inspection des astres, à ta /dçon des Cbaldéens, et |>ar l’usage sacrilège de l’astrologie judiciaire, étouffant la liberté de l’boinme et la providence de Dieu, etc., etc. « Concile, tit. 7.
NOTE 111. — Lx CLKV DE Salomon et le jeu cabvllstiqce du tabot.
N’omettons point de rappeler, à propos de la cabale, que Martin d’Arles, dans son traité De superstitUme, et Delrio, mentionnent un livre de magie dont les Juifs et les Arabes faisaient le plus grand usage en Espagne « pour commettre les plus détestables actions. » Or, ce livre qui se formait de sept parties distinctes, passait de père en lils, et se conservait à litre de précieux héritage. — On pense qu’il descendait en droite ligne d’un célèbre rituel hébraïque cabalistique ayant pour titre : la Clef de Salomon, Clavicula Salomonis. Les Juifs ne craignaient point d’attribuer au roi Salomon' lui-mème ce livre (dont nous eûmes eutre les mains une copie). Peut-être, en nous rappelant la honteuse idolâtrie de ce souverain, tombé des faites de la sagesse dans un abtme de ténèbres, ne trouverons-nous rien d’improbable à ce qu’il ait tracé de sa main ce code impur delà magie. Et, que d’autres cabalistes l’aient ou non remanié, toujours est-il que s’y déroulent les mo)ens occultes employés alors par les Juifs pour arriver à leurs lins suprêmes : les honneurs, les vengeances, les richesses, une vie facile, sensuelle et voluptueuse
Que si jamais nous doutions à quel point la magie, issne de la cabale, et dont les Juifs pharisiens et talmudistes fiueiit depuis le Christ les docteurs et les grands maîtres, est une science impie,* il nous sufOrait, à propos du
' Bariolocci, Biblhlheca hebraUa, I. I, p. 703.
5ii LES JUIFS.
livre qai porte le nom de Salomon, de prêter nn instant l’oreille an mage Éliphas pour chasser tout nuage de nos esprits. « Nous avons dit comment le nom de Jehova (Dieu) se décompose en soixante-douze noms explicatifs qu’on appelle Scliembamphoras. L’art d’employer ces soixante-douze noms , et d’y trouver les clefs de la science universelle , est ce que les kabbalistes ont nommé les Clavicules de Salomon. En effet, k la suite des recueils d^évocations et de prières qui portent ce titré , on trouve ordinairement soixantcHlouze cercles magiques formant trente-six talismans. Ces talismans portent chacun soixante-douze noms , avec le signe emblématique de leur nombre et de celle des quatre lettres do nom de Jéhova à laquelle ils correspondent. C’est ce qui a donné lieu aux quatre décades du tarot, u
• A l’aide de ces signes , et an moyen de leurs combinaisons , infinies comme celles des noms et des lettres, on peut arriver à la révélation naturelle et mathématique de tous les secrets de la nature, et entrer par conséquent en communication avec la biérarchie entière des intelligences et des génies. » (Éliphas Lévi, Histoire de la magie, p. 109-110, 1860.)
Les instructions de ce grimoire, appelé rituel , se rattachent évidemment aux doctrines de la secte des pharisiens, où régnait la foi cabalistique k l’influence des astres. Aussi imposaient-ils k chacun des noms hébraïques qui répondaient aux différents noms attribués k Dieu par les prophètes. Et que nos regards s’arrêtent sur la magie savante ou sur la magie grossièrement sensuelle et sabbatique, nous en voyons les doctrines et les pratiques tirer sinon leur origine, du moins « leur perfectionnement, de la Synagogue. » (L'Église et la Synagogue, p. 325.)
La cabale, cette science des sciences, cette religion des religions, ainsi que la définit Éliphas (Dogme et rit., p. 244, t. 1, 1854.) est la science du mage, disons-même du sorcier, do diseur de bonne aventure. Et le tarot, ce jeu de cartes oraculaires que maniaient si dextrement les doigts agiles de la bohémienne, en contient le langage révélateur. Mais gardez-vous de rire des merveilles que la cabale nous révèle sur ce trésor scientifique k forme bizarre , et qui ne s’offre guère k nos yeux que sous la crasse du bohémien ; car ce jeu de cartes cabalistes, ce livre qui lui sert k consulter le sort, ce n’est rien moins que le résumé monumental de toutes les révélations de l'ancien monde, la clef des hiéroglyphes égyptiens, les clavicules de Salomon, les écritures primitives d’Hénoch et d’Hermès. Cette clef des initiations, ( les bohémiens) la devaient sans doute k l’infidélité ou k l’imprudence de quelque cabaliste juif. Les bohémiens sont originaires de l’Inde, et le tarot est venu d’Égypte en passant par la Judée. Ses clefs se rapportent aux lettres de l’alphabet hébraïque , et quelques-unes fle ses figures reproduisent même la forme des caractères de cet alphabet sacré. »
Mais qu’étaient donc ces bohémiens si peu connus du vulgaire ? « C’était une secte de gnostiques indiens, » c’est-à-dire de cabalistes « que leur communisme exilait de toute la terre* ; » car le dernier mot de la cabale et des initiations occultes dont elle est l’&me, c’est, en tontes choses, le plus radical et le plus immonde des communismes. Le sabbat n’en a pas de plus complet, et l’histoire nous apprend que les grandes hérésies qui eurent les gnostiques en tète le pratiquèrent.
I Éliphas Lévi. Nous lui laissons la pleine responsabilité de ses assertions lorsque nous ne les discutons point. Hût. de ta Magie, p. 322-327, 1860. — Voir ei-dessut, Bohémiens, cbap. x, divis. v.