DE LA CABALE
Le GdAeo, celle doctrine c«baligliqiie des plus inconcerableg abominations, a pour père Simon le mage', qne les Samaritains appelaient du temps même desspètres « la grande vertu de Dieu ». (Mctes des Apôtres VIII, 10.) . Disciple de la cabale, Simon éUit héritier de la doctrine des sabéistes , adorateurs des esprits et des dieux astres et serpents. Les premiers dépositaires poatdiluviens de ia cabale lurent les fils de Cham et l’opinion des savants est qu’ils tenaient leurs traditions cabalistiques des descendants de Gain. Nous avons écrit quelques pa;<es sur ce sujet mais nons nous bornerons, pour le moment, k citer un simple passage de M. l’abbé Chesnel, après avoir rappelé ces deux faits : que, parmi les principales sectes de gnostiques, laGndse compte les caiuites et les ophites c’est-à-dire les hérétiques qui tinrent à honneur de porter les noms du serpent et de Caïn ; — et que Simon le mage jugea devoir donner « à la gnOse un fond scientifique et philosophique*. »
La GuOse, disons-nous, ne fut que l’une des formes mobiles du sabéi.sme ou de l'idolAlrie primitive, dont les mystères descendaient de la tradition reçue des fils de Caïn, c’est-à-dire de la cabale caïnique, professée dans ia Cbaldée, son siège primitif, ob nous en retrouvons aujourd’hui mime des traces remarquables. (Koir ci-dessous.) Cette riche et magnifique contrée était gouverné dans l'origine par des princes issus de Chara, et leur stience traditionn-'lle, c’est-à-dire cabalistique, semble avoir été celle du premier des homicides et du premier des maudits.
Lorsque Satan séduisit les premiers hommes par cette flatteuse prome.sse : « Vous serez des dieux, il jetait, a dit un Père de l'Église, les fondements de l’idolàlrie. Cette leçon ne fut pas perdue ; et jamais depuis le monde n'a cessé d’étre divisé en deux sociétés ennemies : celle dont Dieu est le chef, et celle qui reconnaît Satan pour mettre. • La première se compose « des enfants de Caïn avant le déluge, et des Chamites depuis, » c’est-à-dire des enfants de Cham, que de nombreux savants regardent comme les affiliés des enfants de Caïn'. Lorsque • les races se confondirent, d’autres noms ont représenté , et d’autres peuples ont perpétué cetle tradition coupable », en d’antres termes cette cabale maudite, « de sorte que le culte du mal n'a pas cessé un instant d’avoir des « adorateurs I » La chaîne cabalistique, ou traditionnelle, du catholicisme démoniaque est, et devait être en effet, de même que celle du catholicisme divin, sans solution de continuité.
> Chez les Chamites , on aperçoit déjà tous les traits généranx , toutes les formes, toutes les branches de l’idolâtrie telle qu’elle se développa plus tard dans la genlililé. Ce sont le sabéisme, et le culte de la nature terrestre. C’est le mal moral, divinisé par la liturgie et la mythologie; c’est
' Saint Épiphane, Haresis princeps , Simon ille ma jus extidt, Giuhis oriundus. jidv. hœres. p. 55, édit. 162:2, in-f*. Paris.
' M. l'abbé Darras, Hist. jénéraU de rÉjtise, t. VII, p. 50-51 , 1866, Paris,
* Voir idem l'ouvrage remarquable et récapitulât f : Traité de la police, Delamarre, Paris, 1705 à 1738; 4 vol. in (•; t. l", p. 520, etc. Nous avous touché cette questioD dans un de nos livres.
la séparation presque absolue entre ce que l’on conserre des débris de la loi naturelle et la religion , qui n’est qu’un système de fables et de cérémonies; c’est la cruauté de la politique inspirée par des dogmes mobiles dans leurs formes , mais immuables dans leur essence. Telle est l’idolâtrie primitive des Chamites », c’est-à-dire des disciples et des fils de Cliam, dont la doctrine héréditaire, qui fut tOt ou tard appelée cabale, est celle que les Juifs se sont partiellement appropriée sous ce nom.
R Le culte du mal comme mal, sous le symbole si fréquemment employé du serpent », qui, dans le sabéisme, se confond avec les astres, la lune et le soleil, et le culte de l’organe de la sainte multiplication des hommes, devenu l’organe de la débauche, « voilà qui semble caractériser le chamisme », c’est-à-dire les religions et les sociétés issues de la cabale, ou de la tradition enseignée par les Uls de Cham.
Or, devant ce fait, une observation capitale, et que jamais nous ne rencontrâmes ailleurs, se présente à nous; la voici ; Ces deux choses, le serpent, cause de la malédiction des premiers hommes aprè.s la création du momie, et l’organe qui, faisant de la personne de Noé la lisée de son indigne fils, devint la cause de la malédiction des hommes après la rénovation du monde par le déluge, ces deux objets de chute, disons-nous, identiâés aux dieux sidéraux ou sabéistes, ainsi que le témoigne l’histoire des pierres divines nommées bétyles, deviennent les deux objets principaux du culte cabalistique ou démoniaque*. En un mot, « dans tous les lieux, et à quelque degré qu’on les rencontre, ils trahissent l’inllueiice soit directe soit indirecte de cette vieille civilisation satanique. » (Ibid., Ab. Chesnel, p. no.) ils sont, depuis l’origine du mal, les dieux des mystères et des sabbats; ils sont les signes sacrés de toutes les associations religieuses et politiques de l’occultisme; ils sont l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier mot de la cabale; ils sont et seront le dieu, le blason, le signe de ralliement de tous les initiés supérieurs du Temple, de la Rose-croix, de la haute maçonnerie Tout naturellement donc les Juifs, grands maîtres de cette cabale, sont devenus les grands maîtres , les princes secrets « de toutes les associations maçonniques, qui, nous dit l’adepte ElipbasLévi, lui doivent leurs secrets et leurs symboles. » (Dogmes et rites, 2« édition, 1801, vul. I, p. 95.)
Que si la cabale eut son siège primitif en Chaldée; que si, dans Babylone sa capitale, la tour de Babel consacrée à scs dieux le serpent et le soleil, se dressa sur le lieu élevé qui portait le nom de demeure des démons, ces faits qui nous rappellent les origines de la cabale prêteront quelque intérêt aux associations primordiales et cabalistiques dont la Chaldée fut le berceau, et dont nous alfons voir qu’elle est restée l’un des centres 1
' Voir aux cliap. Serpent, Dracontia, Phallus, Bélylcs, l!eili-cl, etc., noire livre Dieu et les dieux, 1853-4, paraissant en même temps, ainsi que le montrent les comptes rendus de ré|K>que, que le livre très-remarquable de M. l'ablié Chesnel, dont nous produisons les passages qui contirmeut notre opinion : Du payanisme, in-12, p. 142 à 145, 123, etc., etc. Douuiol. — Id. le docteur Boudin, Culte du scr~ peut et du phat., 1864, brochure de 88 pages; et autres déjà citées.
* Découverte que nous croyons avoir faite et prouvée ailleurs.