CHAPITRE APPENDICE
NOTE V
CUAU1ÉE.N8, ASTROLÜCL'ES CABÀLISTtS OU 8ARÉISTF.8 ANCIRKS ET MOnEIIKES : ÉCOLES PUBUQCE8 D'a8THOLOCIE , NOSTRADAIIU8 , PARACELSE, ETC.
Nous lisons dans Dollinger ; « L’asirologie, la plus tenace des infirmités de l’esprit humain, a^ait ap<|ul8 une grande vogue par suite du contact où la conquête d'Alexandre mit les Clialdéens avec les provinces de l’Occident. Ces hommes trouvèrent un appui dans la philosophie stoïcienne, qui, en partant du principe de l’identité substantielle de Dieu et de la nature, en était vepue t> regarder les attres comme éminemment divins, et plaçait le gouvernement divin du monde dans le cours immuable des globes célestes. Le ciel avec ses étoiles, et surtout ses planètes, était un livre où les initié.-. |k)uvaient lire avec fidélité les destinées des hommes. La science des Clialdéens qui décliitrraicnt ces caractères divins était d’autant moins mise en doute qu’ils assuraient les avoir étudiés depuis quatre cent soixante-treize mille ans. Du temps d’Alexandre, les mathématiciens, les généthliaques , les astrologues des écoles rhaldéenne et alexandro-égyptienne étaient répandus en Asie, en Grèce et en Italie. Ils enseignaient, de concert, qu’une vertu secrete descend sans interruption sur la terre; qu'une sympathie intime existe entre les planètes, les corps célestes et la terre; avec les êtres qui y vivent. Les choses humaines dépendent absolument des astres. Les planètes, surtout, président aux destinées de l’homme et exercent sur sa naissance, sa vie et sa mort, une action décisive. Les unes, Jujiiter et Vénus, sont bienfaisantes, etc. Leurs propriétés se tempèrent, se modifient par suite de leurs positions et de leurs aspects divers. De là ce mélange de bien et de mal qu’ils répandent sur la terre, et la faculté qu’a l’hoimue d’augmenter le bien et de détourner le mal par la prière et les cérémonies religieuses (disons magii|ues.) »
« Les planètes ayant dans leurs demeures respectives un pouvoir qu'elles n’ont pas ailleurs, on peut agir sur elles par la prière, les vœux, le culte religieux (ou plutôt magique). De là les prières astrologiques ronqiosées et usitées en faveur de certains empereurs, d’Antonin par exemple, a
Auguste, qui défendit aux mathématiciens, c'est-à-dire aux Clialdéens, de parler de vie et de moit, les consultait... Tibère et Olhon avaient leurs astrologues particuliers. Ces devins cabalistes pullulaient dans la capitale de l’empire « en dépit des bannissements. C’est surtout sous Domitien que leur influence devint désastreuse. Leurs artifices stimulèrent la cruauté
du tyran , et lui indiquèrent les victimes et les moyens de les frapper
Il fit tirer l’horoscope d’un grand nombre d’hommes distingués, et les livrait au supplice quand l’astrologue prétendait qu’ils étaient destinés à de grandes choses. Enfin Alexandre Sévère rapporta les décrets des âges passés et leur permit d’ouvrir des écoles à Rome même. » (Dollinger, Paganisme et Judaïsme, p. 286 à 289; 3 vol. in-8, Paris, 1858, trad. S. de P.)
Et ces écoles cabalistiques se perpétuèrent au sein des sociétés chrétiennes, où « la cabale, mère des sciences occultes », ainsi que nous le dit l’adepte Ragon {tuprà), était « cultivée par les Juifs avec une ardeur sans pareille, et effaçait presque à elle seule tovies les autres sociétés secrètes > (Lecanu, suprà), ayant pour « dépositaires les plus fidèles les Juifs, qui ont été presque toujours en magie les grands maîtres du moyen âge I » (Éliphas Lévy, suprà, ibid.)
« Goerres rcligiensRS , gucrn s civiles , unité catholique riolemment brisée, famine, peste, et, au milieu <)c la misère et de l’anarchie de presque tous les États euro|iéens, une tendance générale des esprits vers l’étude de l’astrologie : voilà une des faces du seizième siècle ! Je dis « étude de l’astrologie », car on regardait en effet cet art cabalistique « comme une science, et on l’enseignait publiquement avec le concours de l'autorité civile. Ainsi Cracovie, ancienne capitale de la Pologne, possédait des écoles de magie renommées dans toute l’Allemagne. Les étudiants y affluaient de toutes parts pour assister au\ leçons des professeurs, qui leur expliquaient les figures et les caraclères astronomiques des Arabes, des Grecs, des Perses et des Chaldéens »
Peu de Cours, à cette époque de recrudescence cabalistique, et, par censé luent, de révolutions religieuses et sociales, et peu de personnages se passaient de leur astrologue. Ces charlatans , ou, pour nous exprimer avec plus de justesse, ces sectaires, foisonnaient en France à l’époque de la Renaissance; et, lorsque nous visitâmes le château si pittoresque de Chenonceaux, un nous fit observer une chambre qui lie le souvenir de Catherine de Médicis â ces sacrilèges pratiques Les dames de sa cour appelaient ces cahalistes, c’est-à-dire ces Juifs ou ces élèves des Juifs, leurs Barons, dénomination remarquable! car ce mot, qui n'était point alors devenu comme depuis un vain titre, ne désignait guère encore que l’antique et haute nobletse, la noblesse de race et primordiale du royaume, ainsi que nous le lisons dans du Cange. (Article Barones.)
Transcrivons à ce propos un passage de Deirio, trop intéressant pour l’omettre ; Hactenus patres, quorum aderipsi verba, quoniam, licet primo loto, et juxta contexliis seriem, Apusiolus loqueretur de superstitioso dierum, mensium et annorum cullu Judeonim, quos Galatæ judaizantes haud dubiè imitabantur, utpotè cum Græcis Divus Hieionymus et Primasius arbitrât!, lieri tamen potest, ut aliquid etiam paganismi simul irrcp.serit , ut vidi in Francia , tempore Catharinæ Mediceæ , quando inter aulicas matronas adeo hæc vigebant, ut nîAif inconsullis astrologis, quos Barones suos nuncu[)abant, conari auderint, etc. Disquis. mag. (L. 111, p. 2, sect. VI.)
11 importe de signaler le célèbre Nostradamus entre ces astrologues, ou, si nous parlons le langage de Rome du temps des empereurs, entre ces Chaldéens ou ces mathématiciens. On leur donnait ce dernier nom à cause de l’usage cabalistique des nombres, et de l’observation divinatoire des astres, , auxquels ces divinateurs se livraient.
Ce cabaliste insigne, recherché des rois, protégé par Catherine de Médicis, né en 1503, mort en 1566, d'origine judaïque, et dont les ancêtres étaient malAémaficiens et médecins, ainsi qu’un nombre considérable de Juifs savants, a écrit, sous le titre de Centuries, des prédictions qui traversent les siècles et dépassent l’époque actuelle. M. Anatole le Pelletier nous en a donné en 1867 (Paris, chez le Pelletier, rue d’Aboukir, 40) une édition en deux volumes in-8°, d’après les textes types des années 1558, 1566,
1 Oocleur d'Eiaiivillez, r./n(;e Gnntien , I. X, p. 13; Parif, 1856. Sotiee bât. sur M. tlt yustra-Damus par U. de Matougoes. — Ou cooçoitle besoin qu'eut une telle époque de la tenue d’un concile œcuménique !
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