CHAPITRE APPENDICE
1568 , et nou« en cnnseillons la lecture aux rieurs , qui répéteront en ckceur, si bon leur semble , ce jeu de mots si connu :
Kmtra damus rum faits damut, oam fallere oottmm eti,
K( CDD) faits damut. uil uiti nostra damut (Nottradamiit).
Mais les amateurs sérieux rechercheront ce remarquable ouvrage, et le placeront dans leur bibliothèque. Ils ; trouveront la clef des pcr.<onnages désignés, une traduction des quatrains en regard du texte, un dictionnaire des mots vieillis ou inusités, de savantes scolies, des notes fort curieuses, beaucoup de science et un singulier intérêt. Les prédictions accomplies sont quelquefois saisissantes et disons mieux, déconcertantes
L'auteur, que nous n'avions point l’honneur de connaître, eut la bonté, en nous offrant son ouvrage, de nous expliquer un certain nombre de quatrains, surtout de ceux qui regardent l’avenir, et auxquels il serait imprudent de donner une explication publique. Mous admirâmes son obligeant, sa modestie et sa pénétration. Ajoutons à ces louanges, et pour en prouver la sincérité, que nous ne saurions partager certaines opinions que l'auteur admet dans un antre ouvrage de la même date , et dont notre livre Des Médiateurs et Moyens de la Magie a combattu quelques-unes par anticipation.
Un mot du cabalisteÉliphas résume, dans un triste éloge, la vertu de la cabale et la puissance des astrologues cabalistcs ; « Paracelse a peut-être été le dernier des grands astrologues pratiques. Il guérissait les malades par des talismans formés sous les intluences astrales, et reconnaissait sur tous les corps la marque de leur étoile dominante. C'était là, selon lui, la vraie médecine universelle, la science absolue de la nature, perdue par la faille des hommes, et retrouvée par un petit nombre d'initiés ». (Dogme et rit., vol. 1*', p. 236, I85t.) Ah! » combien Dupuis se trompait lorsqu'il croyait toutes les religions issues seulement de l'astronomie t C’est au contraire l'astronomie qui est née de l'astrologie, et l'astrologie primitive (qui est l'iilolâtrie sabeisie) est une des branches de la sainte cabale , la science des sciences, et la religion des religions ». (Éliphas, ibid., p. 244.)
Il ne manqua malheureusement pas de chrétiens aussi cniiebes que les Juifs, leurs maîtres, en faveur de ces moyens d’opérer des merveilles. Ces naïfs cabalisles s’étonnaient de nous voir perdre, par notre insouciance et par la paresse des théologiens, les grandes et merveilleuses lumières que verse et prodigue leur science ! Chacun de nous, à les entendre, devrait se hâter de tout quitter et de tout vendre pour acquérir cette perle de haut prix. Avec quelle rapidité se convertiraient les impies, si la cabale leur découvrait ses infinies perfections; si, par exemple, les mystères que renferment chaque mot et chaque lettre de l’oraison dominicale leur révélaient les sept périodes de l’Église, son sort, ses révolutions, en un mot tous les Séphiroth, toutes les splendeurs divines contenues dans cette même oraison qu’ils récitent chaque jour sans en comprendre ni le sens ni les merveilles! (Ibid., snppl. àl’hist., p. 351).
A l’appui de celte vertu des noms , le rabbin Salomon Ben-Sevet daigne nous raconter comme positif le fait suivant. Le bruit s’était répandu jadis, en Kspagne , qu’un enfant chrétien avait été tué dans la maison d’un Juif, et que les Juifs avaient pris le coeur du cadavre pour célébrer leur Pâque.
« Cette macliination , dit le rabbin, attira de grands malheurs sur les Juifs. Toutefois, Salomon Lévite, homme très-sage et très-expert dans les secrets cabalistiques , sut heureusement les détourner ea plaçant sous la langue du cadavre le nom ineffable de Dieu. Car ainsi rappela-t-il à la vie le jeune enfant , qui fit connaître les véritables auteurs de sa mort. <•
Quoique nous soyons loin de croire à la réalité de résurrections opérées par les arts occultes, et que nous ayons cité dans notre livre des Médiateurs et moyens de la magie quelques exemples des fausses et effrayantes résurrections opérées par cet art, ce récit a une grande importance pour quiconque recherche les antiques habitudes des Juifs; et la justification du rabbin ne nous parait propre qu’è démontrer sa science ou ses prétentions magiques. (Lire l’Église et la Synagogue, p. 330.)
C’était, jadis, en plaçant ainsi sous la langue d’un Térapim une lame d’or sur laquelle étaient écrites les formules évocatoires et les questions à résoudre, que les consultants obtenaient une répon.se de la part de lesprit du mort. Et le savant Kircher admet que les Térapims, qui se confectionnaient en coupant la tête d'un enfant, peuvent avoir la date même de Chain , le dépositaire de la cabale caïnite, c’est-è-dire des traditions magiques des fils de Caïn. (Lire notre livre : Dieu et les dieux, Paris, 1854, p. 46-47, livre épuisé, que nous n’avons pas encore eu le temps de refaire. — FourmonI, Réjlex. critiques, t. I, p. 229-370, etc. Voir sur Caïn et son fils, inventeurs rie fous /es crimes, l’Iiistorien Josèphe, Histoire, \.I, chap. 2, et autres savants auteurs.)
NOTE VI. — La Ch.alkée nE nos jours; traces de la cabale caï.mte
ou CBAMIQVE ET DES SOCIÉTéS SECRt.TES FRIMITIVES.
« La Cbaldéel Ce nom réveille-t-il dans l’esprit des Européens d’autres images que celles de ces évocateurs d’esprits infernaux , si souvent anathématisés dans la Bible ' », et d’autre pensée que celle de la cabale noire ou de la doctrine traditionnelle du catholicisme démoniaque, qui, presque dès l’origine des temps, chemine à cOté de la cabale sainte, doctrine traditionnelle du catholicisme divin?
La Chaulée! « les sources de l’histoire les plus sûres et les plus antiques y placent deux fois le berceau de l'humanité. Créé de Dieu dans le voisinage ou dans le sein de la Chaldée, l’homme y renaît et s’y multiplie encore après les destructions diluviennes. Abraham y reçoit le jour, et, plus lard, sa glorieuse vocation », qui l'arrache à cette terre vouée au culte des démons. « Ninns y fonde Ninivc; l’impiété conjurée y bâtit Babel et ses somptueuses demeures : les deux grandes cités qui personnifieront à jamais la puissance, l’orgueil et le faste. » P. 7
« Pauvre Chaldée! infortuné pays! quelle déchéance! Après avoir été le siège des plus grands empires, la patrie des grands saints, un des plus
* La Chaldée, esquisses historiques suivies de quelques réflesions sur l’Orient, par M. l'abbé P. Martin, cbapel. de Saint-Louis des Français, à Rome, p. 3, 1867, Rome, impriiu. de la Ciidltà Cattolica, avec emprunt à M. le baron Adolphe d'Avril ; Etude sur la Chaldée chrétienne, Paris, 1864. Benjamin Duprat.