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CHAPITRE TROISIÈME

en continuateur des grands prêtres d’Israël : « Mes frères ,

je suis profondément ému en prenant possession de ce

siège rabbinique, illustré par tant de nobles et pieux pasteurs dont le souvenir vit encore dans tous les cœurs Israélites... ' »

Et puisque ces rabbins se trouvent transformés en ecclésiastiques qui montent en chaire et prononcent des sermons ; en prêtres, en souverains pontifes de royaumes que peut-être un pontife suprême reliera bientôt sous son autorité papale, ces pasteurs ne mettent-ils point leur langage en harmonie avec les titres dont ils s’entre-décorent, lorsqu’ils nomment les laïques d’Israël leurs h ouailles », et qu’ils donnent à leurs lettres diocésaines le nom de « lettres pastorales *? »

Or, ce que ces répétitions dont ne se fatigue point la bouche d’Israël ont k nous dire, si nous savons les comprendre, c’est que si les Juifs n’avaient point l’art de donner crédit k cette ingénieuse distinction de laïques et de prêtres; c’est que s’ils ne créaient et ne promenaient au milieu de nous cette audacieuse fiction , ce fantôme trompeur du sacerdoce, ils perdraient aux yeux des peuples le prestige d’avoir une religion, ce bien, ce trésor inappréciable qui depuis tant de siècles a péri dans leurs mains; ils perdraient en outre devant le budget le droit d’avoir k se présenter pour émarger les honoraires et les frais d’un culte qui, sans une religion et un ministère vraiment sacerdotal, ne saurait être qu’une ridicule et mensongère parodie.

Sachons-le donc pour ne plus l’oublier ; ces pontifes ne sont rien moins que des pontifes; ces prêtres ne sont prêtres que pour la forme, que pour faire illusion aux peuples chrétiens qui les payent; leur autorité religieuse est néant; et cette vérité, que nous avons dû rendre palpable, s’échappe sans cesse des lèvres d’Israël. L’intrépide avocat de la cause

• Univers israélile, VIII, avril 1 867, p. 344-5.

® Archives israélites, IX, I*'' mai 1867, p. 389. Ib. X, 15 mai 1867, p. 433. — XXI, 1" novembre 1867, p. 963. Univers israélile, 111, novembre 1867, p. 103, etc., etc.

judaïque, et l’un des notables de cette nation, M. Bédarride lui-même, nous dira donc avec une simplicité qui trop souvent lui fait défaut :

« Les rabbins ne tiennent de la loi de Moïse aucune autorité sur leurs coreligionnaires; et ce titre, connu seulement depuis la dispersion , ne constitue qu'une marque de déférence donnée aux docteurs de la loi qui se font remarquer par leur mérite. Us n’ont aucune jundicnon ; seulement on s’adresse à eux volontairement, comme versés dans la loi. »

« Que si , dans certains États , les lois ont donné quelque force à la juridiction des rabbins, leur autorité découle alors de la loi civile, et non de la loi religieuse ' ! »

En un mot , les peuples infidèles ont seuls fondé les droits de ^ ces pasteurs dé Israël, et la source du sacerdoce rabbinique } est une source chrétienne!

Nous reconnaîtrons cependant que dans les pays où le vieux culte talmudique a conservé sa vigueur-, que dans les lieux où, malgré l’absence du sacerdoce et du temple, la religion entretient le sentiment de la nécessité du sacrifice, le rabbin exerce jusque dans les circonstances les plus redoutables, et quoique sans autorité légitime, quelques-unes des attributions du prêtre. Il fait revivre autour de lui l'idée dii sacrilice; il est le sacrificateur; ou, si sa main ne dirige point toujours dans la gorge de la victime le couteau sacré, c’est lui du moins qui saisit et conserve le vase où le sang a coulé; c’est lui qui recèle le sang, cette partie de la victime ({ue les sacriüants se doivent assimiler par la manducation. Et, tout à l’heure, nous verrons jusque dans les derniers exemples dont nous soumettrons au lecteur l’authenticité, les khakhams, c’est-à-dire les rabbins de Damas, lors de l’amssinat religieux du Père Thomas et de son domestique par les Juifs, s’emparer chaque fois du sang recueilli , et le conserver précieuseme^it jusqu’à son mélange au pain qui devait le faire circuler sous la dent des fidèles :

« Fils de Juda, pourquoi donc avez- vous tué ce religieux < Les Juifs en France, en Italie, etc., p. 430, 2* «lit. 1861 , Paris.

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