CHAPITRE TROISIÈME
droiture, aidées de la grâce divine , révèlent les monstruosités de la tradition talmudique.
« Je dois, nous dit l’illustre Drach, rectifier l’erreur si commune parmi les personnes étrangères au culte judaïque, à savoir que les rabbins sont les prêtres des Juifs. Ces hommes n’ont que la direction de la conscience de ceux qui veulent bien s’adresser à eux dans les cas graves; par exemple, quand le malheur a voulu qu’une cuilleq^estinée au maigre tombât dans un pot qui sert au gras; ou si , par mégarde , on a touché ou mouché la chandelle au saint jour du sabbat, etc., etc.'. »
« L’office de la synagogue , qui consiste h entonner les prières et les cantiques, et à lire le Pentateuque -, les soins de distribuer les aumônes publiques, de surveiller l’éducation de la jeunesse , d’assister les mourants , de présider aux ensevelissements etaux cérémonies qui les accompagnent, etc., sont généralement réservés à des laïques; et quand les rabbins s'en chargent, c’est comme simples particuliers. Quant au mariage, le rabbin ne fait que le bénir, chose que peut faire et que fait tout Israélite, et qui, d’ailleurs, n’est nullement essentielle pour contracter ce lien!... C’est l'époux qui prononce les paroles sacramentelles, en offrant k l’épouse un objet d'une valeur quelconque. Celle-ci, en l’acceptant, sans meme proférer une parole, devient sa femme légitime. La présence du rabbin est si peu nécessaire, que si cette cérémonie avait lieu en présence de deux Israélites quelconques, le mariage serait valable*. Prêcher la parole de Dieu, et sur des objets de simple morale, la plupart des rabbins n’en ont pas d’idée! Les sermons, qu’ils prononcent d’ailleurs fort rarement, ne sont que des dissertations talmu-
‘ « Conducteurs aveugles, qui avez soin de psser ce que vous buvez, de peur d’avaler un moucheron, et qui avalez un chameau. » S. Matthieu, Evang. , xxiii, 24. Exculantes culicem, camelum autem glutientes. Et qu’est dev enue en Israël depuis cette époque (t826) l’observation du sabbat?
* Voyez Talmud, traité Kidouschin, fol. 1 et seqq., Mafraonidesou Joseph Karo.
(liqiies, auxquelles la plupart de leurs auditeurs n’entendent rien. Ces dissertations sont quelquefois entremêlées de gronderies (tholihabhaha) et de farces pour nVe (lialalzot) , dont je donnerai des éclianlillons '. »
Non, mille fois non, le rabbin n'est rien moins que prêtre, rien moins que pontife, et la nation juive « ne possède plus aucune espèce de sacerdoce ». Im caste sacerdotale y est inconnue depuis que, chose admirable! la confusion de nos tribus s’est opérée ’a la suite du dernier recensement ordonné ])ar César Auguste, et d’où résulte l’établissement authentique de la généalogie de Notre-Seigneur*. Il est vrai que « les rabbins de nos jours se disent les docteurs de la loi; > mais qu’ils se souviennent que leurs décisions n’obligent aucunement la conscience des Juifs! Autrefois ce n’était point la même chose, le refus de se soumettre ’a l’enseignement de l’autorité religieuse emportait la peine de mort^^ car il y avait alors un temple, des sacrifices, des prêtres, il existait une autorité sacerdotale et d’institution divine! » Au surplus,
« le Talmud dit formellement que, depuis la dispersion, il n'y a plus de docteurs en lsra'él\ et que l’autorité du Sanhédrin de Jérusalem cessa quarante ans avant la ruine du temple', c’est-k-dire précisément 'a l’époque de la passion de Notre Seigneur. Le Consummatum est prononcé du haut de la croix par l’Arbitre du monde fut donc l’arrêt de l’éternelle dissolution de ce corps célèbre®! »
Non, vraiment, quelque fantôme d’autorité doctorale que le premier Empire ait permis aux Juifs d’évoquer, « il n’existe pas aujourd’hui dans la nation juive une autorité qui puisse poser la limite séparant ce qu’il y a d’obligatoire dans la loi de Moïse et dans les traditions, de ce qui a cessé
' Ihid., première lettre du rabbin, p. 69. Paris, 1825.
^ Ibid., deuxième lettre, p. 292. Paris, 1827.
^ Deutér., xvii, 12. Talmud, traité Sanhédrin, fol. 26 v°, fol.
27 r ', etc.
^ Talmud, traités Sanhédrin, fol. 13 v”, fol. 14 r“; Gnaboda-Zara, fol. 8 v, etc. Deuxième lettre, p. 292-3.
5 Ibid., p. 293.