‹ Le juifChapitre 36 sur 312 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

cultes, et de leur assigner un traitement sur le trésor public. Celle innovation créa une espèce de clergé israélile au point de vue légal; mais, aux yeux de la religion, les rabbins n’ont jamais été et ne sauraient être des ministres de l'Ancien Testament... Les rabbins , dont le nom signiBe maîtres, ou précepteurs, n’étaient que des Scribes plus ou moins instruits dans la loi, ou des casuistes versés dans leTalmud, qui enseignaient les commentaires sur la religion; plus tard, ils reçurent un modeste salaire de la Synagogue pour rendre des décisions sur les cas douteux de la morale talmudique. Telles étaient leurs attributions, et jamais ils ne s’étaient posés comme des pasteurs ou des ministres de leur religion

« L’institulion actuelle des rabbin« comme ministres de leur culte ne date que de l’année 1808; elle est due aux députés Israélites, lesquels, honteux de proclamer eu face de la France la nullité et l’inutilité des fonctions rabb niques, attribuèrent aux rabbins d’alors un caractère fictif et contradictoire avec la loi formelle de l’Ancien Testament^. *

« L’ordonnance royale de 1831 sanctionna cette singulière anomalie, en dotant la Synagogue d’un sacerdoce impossible. Mais, dans le fait, les rabbins, transformés en prêtres par la loi civile, et bien que salariés par l’Etat, demeurèrent sans autorité parmi les Juifs, et ils se virent en butte aux sarcasmes de leurs amis et de leurs ennemis. On avait espéré que la création du rabbinat donnerait quelque vie à la Synagogue expirante; on attendait des changements dans les cérémonies, des modifications dans les offices, des progrès dans les interprétations ; les uns voulaient des réformes, les autres s'y opposaient ; tous prétendaient régi'nérer par des moyens divers les affaires de la religion. Mais les rabbins, revêtus d’un pouvoir illusoire, incapables d’ailleurs de soutenir le rôle qu’on leur avait assigné, et parfaitement contenus de leur sort, n’opposèrent qu’une force d’inertie aux réclamations discordantes de leurs coreligionnaires »

L’estime des consistoires eux-mêmes pour les rabbins se mesure à ce fait, que dans la composition du corps consistorial « ils les éliminent autant que possible *

* Od peut lire dans le mois de juin 1846 des Archives israétiîes une inidressante notice sur le rabbinisme français.

’ Lire la Bible, Nombres, ni, t. 10.

’ La Question juive, par le R. P. Ralisbonne , Israélile converti, p. 9, 10, II. Paris, 1868, 31 pages in-8*.

' Ibid., p, SO.

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