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CHAPITRE TROISIÈME

Français comme leurs frères, el leur premier devoir eu d’exercer envers les chrétiens des actes de charité; car entre Juifs et Chrétiens il n’existe à cet égard aucune différence. Les rapports que /o loi judaïque permet avec les Chrétiens sont les mêmes (\ae ceux avec les Juifs; nous n’admettons d'autre différence que celle d’adorèr l’Être suprême chacun h sa manière; et, vis-h-vis l’nn de l’autre, la charité fait un devoir de prêter quelquefois sans intérêt a celui qui est dans le besoin... A cet égard, dit l’avocat Israélite Bédarride, l’assemblée réfutait les injustes reproches adressés aux Juifs, et interprétait sagement la loi de Moïse, qui repousse, par son esprit et par ses termes, les préventions dont elle a été l’objet. La religion juive était donc énergiquement vengée; et cette antique croyance, poursuivie comme intolérante et antisociale, apparaissait enfin sous son vrai jour; la persécution perdait ainsi toute excuse '. »

Cependant, « les députés de l’assemblée avaient développé les principes de leur religion; mais rien ne constatait que ce qu’ils avaient constaté fût autre chose que l’expression de leur conviction personnelle. Il fallait donner h leur opinion une force doctrinale qui leur manquait. » Et de cette nécessité sortit « la pensée de convoquer un grand sanhédrin, c’est-à-dire une assemblée de docteurs delà loi, ressuscitant en quelque sorte cet ancien pouvoir dont les arrêts suprêmes étaient regardés à Jérusalem comme des lois. »

Converties en décisions, les réponses de la première assemblée « pourraient être placées à côté du Talmud, et acquérir ainsi aux yeux des Juifs de tous les pays et de tous les siècles la plus grande autorité possible*. » Le grand Sanhé-

‘ 76 Bédarride, p. 403-4-5. Observons le perpétuel besoin des Juifs de confondre leur religion a\ec la loi de Moïse. Les rabbins eux-mêmes vont nous apprendre toute la différence qui est entre l'une et l’autre; et M. Bédarride tout le premier nous le dit ennoussignalant, quelques lignes plus bas, le Talmud, qui détruit la loi de Mofse, puisqu’il en diffère essentiellement et qu’il a chez les Juifs « la plus grande autorité ».

* Aiilorité parfaitement insuffisanie et dérisoire, puisque, « depuis le Talmud, il n’y a plus de docteurs en Israël, » et que « le.s décisions des rabbins, qui se disent docteurs de la loi, n’obligent nullement la

drin, ce corps tombé avec le tetnple, va donc reparaître pour éclairer par tout le monde le peuple qu’il gouvernail'. » Ainsi parle l’avocat Israélite Bédarride. Que sa parole sonore nous soit une raison d'évoquer un instant le spectre du sanhédrin mosaïque, afin que du premier coup d’œil le premier venu le reconnaisse et le distingue du sanhédrin des fils du Tulmud, c’est-à-dire du sanhédrin d’invention moderne.

Un jour, pliant sous le fardeau. Moïse de s’écrier, malgré la vaillance de son courage : « Seigneur, je ne puis, seul, soutenir tout ce peuple. — Bien, lui répond l’Élernel : assemble -moi soixante -dix hommes que tu sais être les anciens et les maîtres du peuple, tu les conduiras à la porte du tabernacle de l’alliance, et lu les feras rester avec toi. Je descendrai et je te parlerai •, je prendrai de l'esprit qui est en loi, et je le mettrai en eux, afin qu’ils portent avec toi le fardeau du peuple, et que, seul, tu n’en sois point chargé’. » Les soixante-dix hommes furent assemblés; l’Éternel descendit dans la nuée, prit de l’esprit qui était en Moïse et en donna aux soixante-dix anciens-, et, quand l’esprit se fut reposé sur eux, ils prophétisèrent. — Tel est le récit biblique : « Les soixante-dix choisis par Moïse , dans ce grand nombre de magistrats qu’il avait établis d’après le conseil de Jéthro et avec l’asscnliment du peuple, «ont donc institués d’une manière divine ses coopérateurs dans le gouvernement, et deviennenU le sénat perpétuel de la nation. Dieu leur communique par cela quelque chose de ces dons surnaturels qu’il avait réunis en Moïse, et qui sont désignés sous le nom générique de prophétie ’. »

Déjà ce tribunal auguste avait perdu de son lustre et déconscience; » voir ci-dessus, en ce chapitre. De quel droit, enfin, un sanhédrin composé de quelques rabbins de deux seuls royaumes où le Juif est assez rare, et fonctionnant sous l'inQuence d’un prince, d’un homme d’épée chrétien, s’appelle-t-il grand Sanhédrin et engageraitil les Juifs du monde entier?

‘ Ib. Bédarride, p. 405 à 408.

* Bible. Et auferam de spirilu luo, Iradamqiie eis, etc. Num. xi, V. Il, etc.

3 Itohrbacher, Hist. de l’ Église, l. I, p. 449-450, édit. 1850. Paris.

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