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CHAPITRE TROISIÈME

Nouveau Moïse pétrissant de sa main puissante et plaçant derrière lui, pour le soutenir, l’assemblée qu’il lui plaît de décorer du titre de Sanhédrin , l’Empereur coule donc d'un jet ce judaïsme nouveau, cette religion politique et policière dont les statuts doivent mettre désormais au service de ses États et de ses armées les chefs et les ministres de ce culte tel quel, dont il s’eiforce d’assimiler la population a la nôtre. Mais qui doit gagner à cette révolution religieuse, à ce concordat judaïque? Lui seul, ou ce peuple Israélite qui semble devoir bientôt jouer dans le monde un rôle si grand?...

A l’aide de l’organisation impériale du culte judaïque, c’està-dire grâce à l’action de ces consistoires locaux , grâce à la direction de ce conseil central , grâce à ces rabbins épiscopaux, et, grâce à ce rabbin patriarcal de la France, en attendant un rabbin papal, voici donc au cœur de notre patrie, au sein de ce peuple français à qui Dieu donna la mission de couvrir de l’ombre de son épée l’Église du Christ : Gesta Dei per Francos; voici les Juifs nationalisés Français et devenus deux fois citoyens sur la terre même de nos pères, où nous ne le sommes qu'une seule! Les voici devenus citoyens français autant que peut l’être un Montmorency; mais, en même temps, et plus que jamais, les

fixent ses honoraires, dont le payement, ainsique les frais du culte, sont fournis par les Israélites. Mais plus tard, « la charte Oe 1830 n'admit pas de religion dominante, et supprima le mot seule, qui mettait ob tacle à ce que l'Etat sa'ariât le culte juif, dette barrière levée, une loi fut promulguée qui mettait à la charge de l'Etat les frais du culte Israélite. » Bédarride, ib., p. i28.

Ainsi, le culte catholique, c’est-à-dire l’ancien culte de l’Êtat, le culte de l'immense majorité des Français, ou de trente-sept millions de citoyens sur trente-huit, n'est point rétribué par l’Etat. Il est te seul qui ne reçoive aucun traitement; car la rente payée au clergé catholique est la Irès-fuible indemnité des biens pris a l’Eglise par la République, et ce fut à la condition de cef'e indemnité que, par le concordat, l’Eglise fit l’abandon de ses droits à rentrer dans les biens saisis.

Le culte protestant, composé de citoyens de sang français, et le culte juda'ique, composé de citoyens d'une nation étrangère, ont donc le privilége tres-singulier de recevoir de l’Etat un salaire, et de prélever ainsi un tribut sur les catholiques.

Ci LES JUIFS.

voici reconnus citoyens juifs ou membres d’une nation qui n’est point la nôtre, qui se ramifie et prend racine dans le monde entier, qui s’alfirme par sa loi talmudique, mortelle ennemie de la nôtre, et qui subit, bon gré mal gré, sous le joug de son orthodoxie religieuse, la nécessité de rester étrangère chez toute nation dont le gouvernement l'accueille et la comble. Cessant de vivre de la vie des dispersés, voici donc les fils de Jacob, de par la loi même qui s’efforce de les fusionner, rendus peuple distinct, et reconnus corps de nation judaïque. Ils jouissent en paix des bénéfices d’une assimilation que leur croyance, que leur cœur, dans ses replis talmudiques, déclare ne pouvoir être pour eux que provisoire et fictive; et nous les voyons, au moment où la loi semble mêler leur sang au nôtre dans les veines du corps social, se rapprocher, s’unir, se serrer d’un lien pins solide que jamais, préparés et disciplinés par le fait de cette organisation nouvelle, aux vues de la politique qui leur est propre, et dont les événements leur dicteront, au jour le jour, les conseils. Ne nous étonnons donc plus si ces fidèles du judaïsme se disposent, dans l'active patience de leur attente, 'a l'acte suprême dans lequel se résument, depuis des siècles, les impérissables espérances du Juif pbarisaïque guidées par les rabbins du Talmud.

Ces e.spérances, que tant de circonstances ont fait languir, mais auxquelles d’autres circonstances donneront une vie nouvelle et une nouvelle ardeur, que sont-elles?... Nous aurons certes k le dire ; mais abandonnons pour le moment ce point de vue et cherchons à savoir de la bouche même d’hommes qui appartiennent, et qui appartinrent k la religion Israélite, le mérite et la valeur des consistoires. Il s’agit' pour nous, non point des individus k qui l’élection ouvre la porte de ces conseils, mais de ces corps euxmêmes, chargés par le gouvernement chrétien de la France de veiller aux intérêts religieux du judaïsme.

En l’an 1820, c’est-'a-dire longtemps après que les rouages de l’organisation rabbinique eurent eu le plein

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