CHAPITRE TROISIÈME
sans cesse dans leurs discours; qu’ils s’étudient k faire respecter notre religion sainte, et qu’ils en dépouillent l’exercice des pratiques minutieuses et absurdes dues aux arlilices d’une politique incompatible avec l’état actuel de la civilisation; qu’ils s’appliquent à en faire chérir l’esprit et les doctrines, en donnant eux-mêmes l’exemple de toutes les \erlus '•
Ces paroles une fois entendues, nous fraucbissons l’espace qui sépare l’année 1848 du mois de décembre 1866. Nous faisons choix du moment où les élections convoquent les Israélites français k une nomination consistoriale. Il y a, s’écrie k cette occasion l’un des grands organes du judaïsme, « il y a un courant k l’ordre du jour, c’est celui d’opérer des réformes dans le culte; mais il en est une nécessaire, impérieuse, urgente, dont on ne parle pas : c’est la modification de nos règlements. Nous voyons toujoui's le silence des consistoires sur leurs actes. Les comptes, c’est-k-dire les budgets , ne sont plus soumis k l'examen de la communauté : les vœux de la communauté ne sont pas consultés pour la nomination des rabbins, et les prières sont sur le point d’être bouleversées!... » etc.
« Quoi qu’il advienne, les élections de notre culte se font d’après les dispositions légales existantes. En présence des faits déplorables qui se sont produits dans plusieurs circonscriptions, lors des dernières élections israélites; en présence d’un consistoire central qui reste silencieux sur des actes plus ou moins répréhensibles,... nous engageons les Israélites de France k s’abstenir, etk ne point prendre part aux prochaines élections*. »
« De la sincérité , Messieurs , de vous tous , rabbins ou administrateurs. Quand vous accepterez des fonctions quelconques, remplissez-les avec conscience et dévoue-
• Des Consistoires, etc., p. 79, par l’Israélite Singer. Excellent I
Mais, si vous désertez la doctrine odieuse et absurde du rabbinisme, il ne vous reste qu’une religion de fantaisie, qui n’est ni celle de Moïse ni celle du Talmud.
* Univers israélite, n“ IV, p. 175. Décembre 1866
ment * : cl si vous n’avez ni vocation ni temps pour bien remplir ces devoirs, qui vous force à solliciter ou à accepter des titres? V’^ous pourrez être sans eux de très-braves gens »
Mais, lorsqu’il « s’agit d’bommes que la loi a chargés de veiller sur l'clat religieux de milliers d’âmes, chacun a le droit et le devoir de demander quelle est la manière de vivre de ces hommes vis-à-vis du judaïsme , dont ils sont les directeurs... Quels égards le Pentateuque et le Décalogue trouvent-ils dans l’élection des hommes appelés à l’administration centrale supérieure des affaires religieuses israélites do France? La simple possibilité qu’une autorité centrale supérieure puisse être entièrement composée de profanateurs du sabbat et de violateurs des lois alimentaires ne seraitelle pas un symptôme effrayant d’une situation maladive, illégale , de nature à rendre illusoires les meilleures intentions de la loi, et à en produire de contraires? »
Hélas ! « de quelque côté que nous envisagions les besoins de la religion, nous ne trouvons nulle part un point où le regard scrutateur puisse se reposer avec satisfaction. L’âme de la religion juive est la connaissance religieuse, et Dieu a choisi Israël pour être le porie-Jlambeau de l’humanité Où donc est l’instruction religieuse de notre jeunesse? où la connaissance religieuse de nos hommes âgés?... » ...« Jusque dans les sphères élevées àe la pépinière de nos prédicateurs et de nos rabbins, l’esprit du superficiel , du médiocre, du manque de science et de l’inertie, menace de pénétrer. Où sont les élèves formés sous l’égide de la direction centrale, qui , comme envoyés du Dieu des armées, enseignent sa vérité et sa connaissance, annoncent sa volonté et sa loi?... Hélas! leur bouche déborde sans cesse de l’exaltation des victoires que
' Ib., p. 992. Lo service est si bien fait qu’il y a dans les comptes des erreurs de seize mille francs !
2 Archives irsaélites, ii“ XXII, p. 993, 15 novembre 1866.
Les Juifs, depuis le Christ, porte-flambeaux de l'humanité!... S’ils sont lumière, où sont les ténèbres? Mais le Talmud va nous éclairer. Nous respectons le français tel quel des Juifs , mais nous soulignons, ici et ailleurs des mots non soulignés dans le texte, et sur lesquels nous voulons que l'attention se porte.