‹ Le juifChapitre 51 sur 312 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

nations qui l’hébergent? Serait-ce par hasard la loi de Moïse? Car l’article vu du Credo des Juifs nous dit ; « L’égal de Moïse n’a jamais paru dans Israël! » Non; ce ne fut point et ce ne peut être cette loi dont le règne fut la gloire des descendants de Jacob; cette loi qui, dans l’échelle de la civilisation, assura le premier rang aux Israélites entre les premiers peuples de l’ancien monde. Et déjà nous savons par cœur que si le Juif élève au-dessus de tout homme la personne de Moïse, la loi mosaïque n’est nullement pour le Juif la première des lois. Peut-être donnera-t-il ce nom et ce rang aux traditions qu’il prétend avoir reçues de Moïse ; mais ces traditions, qui sont l’œuvre et le trésor pharisaïque de ses rabbins, sont fausses. Nous venons d’entendre le Christ les flétrir à la face du monde ; et, depuis la mort de l’Homme-Dieu, l’audace des rabbins les a multipliées sans mesure. Ce sont elles qui souillent et déshonorent l’œuvre indigeste du Talmud, pour lequel nous semblent écrits depuis des siècles ces deux célèbres vers :

ül lurpiter atrum

Desinat in piscem, mulier formosa superne.

Ars poel., v. 3-4.

Le Talmud ! il ne faut donc point croire que ce monstre atroce soit sans beauté. Non! disons-le vite, et n’ayons plus à le redire : Si son corps est hideux, si ses replis sont ceux d’un immonde et dégoûtant reptile , sa tête n’est point sans noblesse, son buste n’est point sans attraits; il a, mais surtout pour l’œil et pour l’oreille du Juif, les charmes attractifs et irrésistibles de la sirène.

Le Talmud! ce corps de sciences et de préceptes religieux, d’absurdités colossales et de turpitudes sans nom, on s’essaye encore ’a le vanter; mais, dans les pays les plus civilisés, on a l’esprit d’en déguiser les folies et les fureurs ; on commence à proscrire l’enseignement de ses immoralités'; on ose enfin s’écarter de ses fatales doctrines, devenues, depuis le Christ jusqu'à nos jours^ la seule et véritable ortho-

LES JÜIFS.

doxie judaïque. Mais elle est ébranlée, elle est fortement entamée cette orthodoxie ! La prodigieuse immobilité d’Israël a donc cessé d'être !

Cependant, que le Juif marche ou s’arrête, disons-le du ton dont se dit une chose certaine ; la clef du judaïsme, c’est le Talmiid, et qui ne sait ce que c’est que le Talmud est radicalement incapable ou de déchiffrer l'histoire, ou de pénétrer les mystères de Juda. Quel est donc ce sphinx h tête de Janus dont la bouche sourit et déchire? Mais toi , fils de Jacob, que nous en diras-tu?

« Ceux qui ont voulu faire considérerle Talmud comme la seconde toi des Juifs, réplique à notre apostrophe M. Bédarride, ont pu imaginer ce fait, qui ne repose sur rien de sérieux '. »

En effet, le Talmud , cette œuvre rabbinique sur laquelle l’avocat juif Bédarride nous donne ici le change, et dont il infirme la valeur orthodoxe, n’est nullement la seconde loi des Juifs ^ il est dans leur âme la première , celle qui domine et qui écrase toute autre loi*. Et quelle vérité plus triviale dans le judaïsme? Les talmudistes nous enseignent, en effet, que l’étude du Talmud, c’est-'a-dire de la loi orale et des traditions rabbiniques, l’emporte sur celle de la Bible, et qu’il y a plus de mérite à se livrer à la première qu’à la seconde. Cette vérité traîne à l’état de maxime vulgaire dans la Synagogue : « Mon fils, fais attention aux paroles des Scribes (c’est-à-dire des rabbins, ou des docteurs de la loi), plutôt qu’aux paroles mêmes de la loi , car les sages ont surpassé les prophètes en excellence! » Et le rabbin Isaac Abnab nous enseigne , dans le livre Hamida Golah, que le fondement de la religion juive est la loi orale, ou la tradition des Pères, et non la loi écrite par Moïse. « C’est en considération de la loi orale que Dieu fit alliance avec Israël, ainsi qu’il est écrit : Âbrabanel et les maîtres les plus

‘ Ib., Les Juifs en France, etc., p. 39, 1861.

^Quoique la Mischna, première partie du Talmud, signifie la seconde loi , la deutérose. Voir plus bas.

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