CHAPITRE QUATRIÈME
estimés de la Synagogue ont soutenu la même opinion. La loi orale, contenue dans le Talmud, a éclairci les difficultés de la loi mosaïque, nous disent-ils, et elle en a comblé les lacunes. Tous ceux qui disent quelque chose de contraire à l’enseignement des maîtres de la Synagogue seront jetés au feu de l’enfer. Enfin les rabbins enseignent que, s’il se rencontre dans ce livre quelque chose... qui surpasse l’intelligence, on doit s’en prendre à la faiblesse de l’entendement humain^ car, en le méditant profondément, on remarque que le Talmud ne contient que la pure vérité '. »
En conséquence, « ceux qui violent les préceptes des Scribes (rabbins) . doivent être punis plus sévèpement que ceux qui violent la loi de Moïse; l’infracteur de la loi de Moïse peut être absous, abtolvi potest; mais le violateur des préceptes des rabbins doit être puni de mort : morte vioriatur*.
« La loi donnée par Moïse au peuple hébreu n’est donc qu'en apparence, aujourd’hui , la loi des Juifs. Elle a disparu dans les commentaires ; et le Talmud , c’esl-à-dire le livre qui a le plus {^autorité chez ce peuple], se compose de la Mischna, qui est le texte, et de la Ghémara, qui en est le commentaire. Leur réunion forme le corps complet de la doctrine traditionnelle et de la religion L » Ces choses dites, comment ne point prêter l’oreille aux paroles élogieuses que ne peuvent aujourd’hui même se défendre d'adresser k ce livre sacré les champions principaux delà religion juive?
« Le Talmud n’est pas seulement le code civil et ecclésias-
1 Surenhusius, Mischna, partie iv, et Lent. De moderna theol. Hebrceorum. — Rupert, Synag., p. <6, Paris, 1859. — Essais hist. et crit. sur les Juifs, t. I, p. 70; Lyon, 1771, etc.
®E. H., t. III, ord. 4, tract. 4, dist. 10, p. Î97. Lucius Ferrari, Prompta biblioth.; et voir Maimonide, chap. Veén tsarihh lo guedhim, etc., etc.; Deuxième lettre d’un rabbin. Ih., Drach, p. 332 ; 1827. Le.s tribunaux occultes de la haute franc-maçonnerie ne l’emportent point en rif'ueur sur ceux de ces rabbins.
3 A. Laurent, membre de la Société orientale. Relation historique des affaires de Syrie depuis 1840 jusqu’à 1842, etc., en Egypte, en Sÿn'e, efc.jt.II, p. 351; Paris, 1846. — Rohrbacher, Hist. universelle de l'Eglise, t. XV, lire p. 481 , etc., 1851 ; t. V, p. 67, 78, etc., 1860.
tique du judaïsme, nous dit dans la capitale meme de la France l’organe de l’orthodoxie actuelle; mais il est une œuvre de haute importance pour tout savant... On ne saurait nier que les auteurs du Talmud ont bien mérité des Juifs. Les principes de morale contenus dans le Talmud ont produit chez les Juifs une telle sobi^iëté, une telle abondance de sentiments de générosité, de ferveur et de chaleur pour la religion, la vertu et la bienfaisance, que tout observateur impartial de la vie Israélite ne saurait méconnaître l’importance de cette grande œuvre, et que tout philanthrope regrette profondément qu’on ait injustement nié ça et la la valeur de cette œuvre '. »
Que si la hardiesse de ces louanges nous cause un certain frisson d’étonnement , essayons de nous tourner un instant veisM. le grand rabbin Trenel, directeur du séminaire rabbinique, celui que nous entendions tout a l’heure porter si haut la vertu de ces Pharisiens que flagellait la parole du Christ, et qu’il appelle « les dignes et austères représentants de la pensée et du sentiment Israélite 1 »
Le Talmud « a eu de tout temps des détracteurs violents et des apologistes passionnés. Pendant deux mille ans il a été, et il est encore, un objet de vénération pour les Israélites, dont il est te code religieux. D’autre part, il a servi souvent de texte aux renégats et autres calomniateurs de notre culte, qui ont puisé dans cet arsenal des armes |K)ur nous combattre. La vérité commence, grâce â Dieu , à se faire jour, et les derniers murmures de l’intolérance sont couverts par la voix d’une saine critique... ’. » Rien, ce nous semble, ne
‘ Univers Israélite, XII, p. 568, 570, août 1866.
* Univers israélite, p. 452, juin 1867. Sera-t-il permis de dire, chemin faisant, que le Talmud est le code suprême de la suprême intolérance, admirablement pratiquée par ses disciples? Et c’est là ce quTsraël lui-même va nous apprendre!
Le même grand rabbin, directeur du séminaire rabbinique, nous dit : O Le* nklacteurs de cet immense recueil n’ont pas écrit l’histoire à la façon du Père Loriquet (Jésuite), qui gratifie Napoléon du litre de lieuienanl général des armées de Louis XVIII et oublie de parler de la Révolution française. » Ib., p. 453. Si ce panégyriste des Pharisiens était un homme sérieux, il écrirait autrement l’histoire; il oommence-