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CHAPITRE QUATRIÈME

manque à ce pieux hommage, elle représentant de la ligue contraire a l’orthodoxie, c’est-k-dire l’organe du protestantisme en Israël , nous tient, à son tour , sur le Talmud , un langage contre lequel sa qualité d’homme du progrès le met lui-même en opposition fréquente et flagrante. Mais nous reproduirons ses paroles sans commentaire :

H L’immense compilation de Ravina et de Rav Aschi s’est répandue parmi les Juifs avec une rapidité presque miraculeuse; elle fut acceptée, dès son apparition, comme l’expression vraie et sincère de la loi traditionnelle. De nombreuses écoles, où le Talmud fut l’objet de l’étude la plus respectueuse, surgirent tout d’un coup en Orient et en Occident -, ses décisions casuistiques furent acceptées par toutes les communautér, et cette triple barrière élevée par les rabbins de la Palestine et de la Babylonie autour de la Thora (loi écrite) ne rencontra pas un seul téméraire qui voulât la franchir. Gomment se fit cette transmission, il serait diflicile de le dire-, mais le fait est que l’œuvre éclose sur les bords de l’Euphrate fut, en un instant, entre les mains des Juifs qui habitaient les bords du Rhin, du Danube et de la Vistule. »

« L’attachement des Juifs pour le Talmud devait naturellement signaler celte œuvre gigantesque à l’attention de leurs ennemis... Le Talmud devint le bouc émissaire chargé de toutes les iniquités-, on attribua à son enseignement tous les vices et tous les crimes dont on accusait les Israélites^ et l’on répandit sur lés principes qu’il contient d’épouvantables calomnies, suivies bien souvent de nombreux massacres*. » Massacres, hélas! dont la vérité sur le Talmud, qui va se révéler a nous page à page , n'expliquera que trop clairement la cause!

rait par lire les prétendus passades qu’il critique, et ne répéterait pas de confiance une farce antijésuitique qui devint la confusion de ses auteurs, et dont le mensonge fut si puo iquement réfuté. Nous le j envojons entre autres au volume des Erreurs et mensonges historiques de M. Ch. Barthélemy, p. Î60, etc.; 1863, Paris, Blériot, 53, quai des Augustins.

‘ Lazard, rabbin. Archives israélites, XII, p. 544-5, 15 juin 1867.

« Enivré.s par les effluves de la liberté, nous dit le rabbin que nous citons, ceux que l’on appelait les réformateurs voulaient se débarrasser d’un seul coup de toutes les entraves; et le Talmud , qui depuis son apparition avait joui d’une autorité incontestée, fut dédaigné et repoussé. Quelque.s Israélites, fiers d’avoir, au sortir du Ghetto', pénétré dans les salons dorés, ne craignirent pas de rendre le Talmud resj)onsable de leurs souffrances. »

Voici donc, en Israël, un mouvement hostile au Talmud; et voici que, tout ’a coup, le meme mouvement se manifeste sur les points les plus éloignés les uns des autres. « En revenant de la municipalité de Pesth , écrit un voyageur Israélite , j’ai passé devant la synagogue de cette ville. L’émancipation et le bien-être des Juifs, qui grandit jottrnellement ici comme dans presque toutes les contrées de L’Europe, leur ont procuré, aussi bien dans les fonctions publiques que dans la vie scientifique et sociale, une influence qui, en maintes localités, équivaut .v l.\ suprématie. Quoique, comnie U est notoire, l'antique code de Moïse et le Talmud strictement orthodoxe, spécialement dans l’Europe occidentale, ne soient plus du goût de ses adhérents modernes, et qu’un grand schisme se soit élevé entre les orthodoxes et les réfractaires, cependant les deux partis n'ont pas manqué de s’entendre sur certains points, et de pourvoir ensemhie avec libéralité aux fonds nécessaires à l’érection d’un temple magnifique à Pesth L »

C’est-à-dire, en définitive, que la loi de Moïse n’est plus et que le Talmud succombe, et c'est là ce que nous devions observer. Que nous importe, lorsque nous aurons constaté ce phénomène, si des temples somptueux, si des sépulcres blanchis et qui ne couvrent que le néant, continuent de .s’élever sous des mains judaïques! Ces mains souvent discordantes se réunissent pour repousser le Talmud, voilà le

' Ib. 547. Ghetto, quartier de certaines villes affecté à la résidence des Juifs; Voir plus bas, chap. ix.

2 Archives israélites, Xlll, p. 563, 1866.

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