CHAPITRE QUATRIÈME
fait-, et, le Talmud repoussé, le Juif devient abordable, sa suprématie se fonde, il cesse de faire peur et horreur. En un mol, la décadence de son orthodoxie talmudique devient la cause et l’aurore de sa préjwndérance sociale.
Mais certains coins de la terre ne conservaient-ils point, outre les Juifs Garaites de notre connaissance, quelques autres descendants de Jacob, tenus, ce semble, en réserve pour protester un beau jour contre le Talmud, et hâter, sous le coup de leur parole judaïque, la chute de ce monstrueux despote? Écoutons : Au delà du lac Pathé et de riraouaddy, dans le Céleste Empire, un voyageur israélite nous signale la découverte de certains Juifs chinois, et nous transmet quelques bribes de sa conversation avec ces sectateurs inattendus de liloïse dont la bouche traite d’une manière assez piquante la légitimité du Talmud :
Le Juif voyaceur, Jf. Stempfd. « Vous ne vous distinguez pas sensiblement par vos croyances de vos frères de l’Occident?
Le Juif chinois. Vous pourriez bien vous tromper; et, d’abord, nous n’admettons pas le Talmud coinme code religieux.
Le Juif voyageur. Dans ce cas, vous n’êtes pas des Israélites.
Le Juif chinois. Et pourquoi donc?
Le Juif voyageur. Parce que j’ai visité les Israélites de France, de Pologne, de Turquie, d’Afrique, et que je n’en ai jamais vu qui ne crussent pas à la valeur religieuse de ce livre que vous rejetez.
Le Juif chinois. Mais il y a des Israélites que vous n’avez pu voir, et qui ne connaissent même pas ce livre de nom. Ceux qui habitaient la Palestine, depuis Josué jusqu'à Sédécias, et qui ont reçu directement les leçons de Josué, de Samuel, d’Élie, d'Élisée et d’Isaïe!
Le Juif voyageur. Et comment savez-vous qu’ils ne connaissaient pas le Talmud? car les traditions dont ce livre
n’est que le registre « ont eu de tout temps cours en Israël, puisqu’elles ont déjà été communiquées à Moïse au jour de la révélation. Abraham même les connaissait : le Talmud raconte que ce patriarche possédait quatre cents volumes qui traitaient de Abodasarah.
Le Juif chinois. Mais, vous n’y pensez pas, à coup sûr. Eh quoi! vous cherchez vos preuves dans le livre même dont l’autorité est maintenant en questiool... Soyez bien persuadé que si vos traditions talmudiques avaient été connues de nos ancêtres palestiniens, il s' en trouverait des traces parmi nous, qui, pour ainsi dire, sommes arrivés de Chanaan jusqu’ici sans que des persécutions aient jamais modifié nos mœurs religieuses'. »
Ce récit n’est que peu flatteur sans doute pour la tradition talmudique^ mais, de quelque époque et de quelque côté que soit arrivé le Talmud, écoutons ce que ne craignent plus aujourd’hui d’en publier les Juifs amis du progrès, les Juifs réformistes, et demandons-nous en quoi diffère leur langage de celui de ses plus francs contempteurs :
« On sait que dans la capitale de l’Autriche nos coreligionnaires ont, depuis quarante ans, organisé splendidement le culte... La synagogue de Vienne passait dans toute l’Europe pour un modèle de dignité, de bon goût et de progrès, pour une perfection. Eh bien, tout cela ne suflit plus aujourd’hui-, tout cela est jugé insuflisant, mesquin, condamné comme arriéré, comme indigne de l’esprit du siècle. ^
M Une feuille juive de cette ville, la Neuneit, a publié récemment une série d’articles intitulés la Réaction dans la communauté de Vienne, dans lesquels on ne se borne pas à critiquer le culte, mais à attaquer violemment la vie israélite tout entière, le Talmud, le Schoulchan Arouch, les traditions... L’auteur livre non-seulement le judaïsme pratique et les enseignements du Talmud à la risée et au mépris du public
‘ A. Slempfel, Quatrième lettre, Extrême Orient, Arch. Israël., p. 24 à 26 , 1, 1 "■ janvier 1 868 .