CHAPITRE QUATRIÈME
a ces documents et à ces discours , et remarqué la diversité <le leurs dates ^ d’étudier en lui-même ce fondement de la religion judaïque , et puisons d’abord U une source où nos recherches nous ont acquis la certitude de ne découvrir que science et que vérité.
Rabbin français et converti, M. Drach, que nous eûmes l’occasion fréquente de rencontrer, de recevoir sous notre toit, et de questionner tout à notre aise, avait été l’un des brillants élèves de docteurs éminents, entre lesquels le célèbre grand rabbin David Sintzheim, le A’aci, c’est-à-dire le chefdu grand Sanhédrin de Napoléon I", dont nous venons d’ébaucher l’histoire '. Or ce maître éminent nous a dit ;
« Nous qui, par état, avons longtemps enseigné le Talmud et expliifiié sa doctrine, après en avoir suivi un cours spécial pendant de longues années sous les docteurs israélites les plus renommés de ce siècle,... nous en |>arlerons avec connaissance de cause et impartialité;... nous dirons ce qui le recommande, et ce qui le condamne... Talmud est un terme hébreu-rabbinique signifiant doctrine, étude. Il désigne pins particulièrement le grand corps de doctrine des Juifs, auquel ont travaillé successivement, et à des époques différentes, les docteurs les plus accrédités en Israël. C'est le code complet, civil et religieux, de la Synagogue. Son objet est d’expliquer la loi de Moïse conformément à l'esprit delà tradition verbale*. » De temps en temps il se livre à des digressions sur l’histoire et les sciences, dont les érudits , et surtout les archéologues, peuvent tirer un avantageux parti*.
Mais « si le lecteur judicieux du Talmud a souvent lieu de s’affliger des abeiralions étranges où peut tomber l’esprit hu-
fidis contra Christianos emittunturquotidie in dicta legeseu tradilione dananabili sunt ascripiæ... Baronius, ih., 1320, xxvi.
‘ En 1807; première lettre, Drach, p. 31-32, 83; Paris, 1825.
- Ibid. C’est-à-dire, par conséquent, de la dénaturer, puisque ces traditions sont mensongères.
® Id. Rédarride, Les Juifs en France, etc., deuxième édition, 1861, p. 34. A propos de ce code, les .4rchives israélites, revue du prolest; ntisme judaïque, nous donnent en> ore le change |iar ces mois : « Quant au Talmud, il est diOicile de dire ce que nous en pensons. Que répon-
main sevré (le la vraie foi ; si plus d’une fois les turpitudes du cynisme rabbinique y obligent la pudeur de se voiler la face; si l’Eglise y est révoltée des atroces et insensées calomnies que la haine impie des Pharisiens répand sur tous les objets de sa vénération religieuse, le théologien chrétien y recueille des données et des traditions précieuses pour l’explication de plus d’un texte obscur du Nouveau Testament, et pour convaincre ses adversaires religieux de l’antiquité autant que de la sainteté du dogme catholique'. »
Sous le nom de Talmud , les rabbins désignent fréquemment la Ghemara seule, dont le nom signifie le supplément et comme le commentaire de la Mischna, c’est-à-dire de la seconde loi ou deiuérose; étude dont les rabbins nous enseignent que Dieu versa le texte dans l’oreille de Moïse sur le Sinaï. Et, de lait, un code écrit est nécessairement accompagné de traditions et de gloses sur la manière de l’entendre et de l’expliquer; sinon la lettre nue serait mi trop facile jouet du caprice ou des passions. Aussi, de tout temps, le peuple Israélite eut-il, outre la loi dictée sur le Sinaï, une sorte de seconde loi, la loi orale ou traditionnelle, qui se transmettait de bouche en bouche, et qui servait tant à fixer le scusde la Bible qu’à préserver de l’oubli les préceptes divins non confiés à l’écriture. Car la Synagogue, soit depuis
driez-vous, en effet, si l’on vous demandait votre opinion sur tes livres français? » t. XXV. p. 602, 1864. Une telle phrase serait à peine acceptable sur les bords de la Uaronne! Dans un autre passage, la même Revue nous dit : « Il faut, pour faire accepter des idées favorables au Talmud, que j’expose d’abord une des raisons qui m’ont conduit à admettre à priori sa supériorité » (sur la Bible), et « sans amoindrir la valeur de la Bible ni de Moïse. » Jb„ p. 150.
El cependant c’est pour celte école que la ééotice sur la congrégation des religieuses de Sion a dit : « Les observances de la loi sont lomliées en désuétude; les traditions talmudiques sont inconnues à la génération noueeWe; l’administration du judaïsme, calquée sur celle du protestantisme, n'est plus qu'une constitution civile qui varie et se transforme au gré des gouvernements. » P. 11-12; Paris, 1862.
Ajoutons qu’il ne faut encore appliquer ces paroles qu’aux Juifs des centres les (dus peuplés et libéraux de l’Europe, Paris, etc.
' ürach, Harmonie entre l'Eglise et la Sytwgogue, l. I", p. 123-4; Paris, 1844.