CHAPITRE QUATRIÈME
sa réprobation, soit à l’époque où « elle étaü encore l’ÉglUe de Dieu, n’a jamais été protestante;... jamais elle n’a livré la parole divine k l’arbitraire, généralement influencé par les passions, et au caprice du jugement personnel des individus. Telle est la tradition conliée à la garde des anciens et des docteurs de la nation , sous l’autorité du chef de la religion assis sur la chaire de Moïse ' . »
« Mais comme les rabbins, c’est-à-dire les Pharisiens, audacieux falsificateurs de la véritable tradition, exagèrent tout de la manière la plus extravagante, ils prétendent que Dieu révéla à Moïse non-seulement tout l’Ancien Testament, mais aussi la Misclina et les deux Gbemara*. » Il y a d’ailleurs deux Talmuds : celui de Jérusalem’, et celui de Babylone composé pour réformer les défauts du premier. Or ce Talmud réformateur n’en renferme pas moins une multitude de rêveries, d’extravagances ridicules, d’indécences révoltantes, et surtout d'horribles blasphèmes contre ce que la religion chrétienne a de plus sacré’.
Le Talmud babylonien, exécuté par Uab Asschi et son collaborateur R. Abina, fut clos dès les premières années du sixième siècle de notre ère , et aussitôt accepté de tout Israël. C'est ce corps de droit canon, religieux et civil à la
fois, QUI KÈGLE JUSQU’a CE MOMENT LA CONDUITE DES JUIFS ATTACHÉS A LEUR FOI ERRONÉE.
« Tout ce que contient la Ghemara de Babylone, — dit
‘ Autorité véritablement papale. Ib. Harmonie, t. 1, p. 125. — Lire Josèplie, Antiq., liv. III, ch. iv.
* Ibid., p. 12B.
3 Ou plutôt la Ghemara de Jérusalem de l’an 279 , compilation due à R. Yohhanan.
* Préi'epies du Talmud contraires au droit des gens et à la loi de Moïse : Constat vero ex Bernhardo Luzemburgio, in Catal. hœret., lib. 11, Gregorium l.X pontincem A. C. 1230, Judæorum libros, et imprimis omnia talmudica volumina flammis addixisse, atque idem factum A. C. 1244, imitatum esse Innocentium IV, inductos causa quod ii libri, et nominatim utrumque Talmud, Hierosolymilanum et Babylonium , non solum contumelias et blaspliemias, mullas infâmes et horrendas adversus Jesum C. Salvatorem nostrum , sed et sanctiones et præcepta contra jus gentium, atque ipsam Moisis legem contineant, 10, 11. Telaignea Satanœ, t. I, Altdurf, Novicorum, 1581, 2 vol. in-4”.
le Moïse rabbinique Maimonide, — est obligatoire pour tout Israël. Et l’on oblige chaque ville, chaque contrée, de se conformer aux coutumes établies parles docteurs de la Ghemara, de suivre leurs arrêts, et de se conduire scion leurs institutions; car le corps entier de la Ghemara a été approuvé par tout Israël. Les juges qui ont donné ces institutions, ces décrets, établi ces coutumes, prononcé ces décisions, enseigné ces doctrines , formaient tantôt l’universalité des docteurs d’Israël , tantôt la majorité. Ce sont eux qui avaient reçu par tradition les fondements de toute la loi , de génération en génération, en remontant jusqu’à Moïse, que la paix soit sur lui ‘ ! »
Le Juif qui aurait la candeur de croire que ces traditions inlectes remontent jusqu’au premier législateur des Hébreux, pourrait donc, en un certain sens, alfirmer avec sincérité cette insigne fausseté, que la loi de Moïse est la loi de sa nation 1
Mais, quelque opposé que soit le Talmud aux livres mosaïques, il sullit qu’il se trouve être le livre sacré des rabbins pour que nous n’ayons point à craindre de nous répéter en établissant, parle suffrage d’historiens modernes, la détestable et suprême autorité de ce code religieux aux yeux de tout Juif véritablement orthodoxe. Laissons donc M. Achille Laurent, l’un des membres de la société orientale qui ont le plus approfondi dans ces derniers temps la question judaïque, confirmer les allirmations positives de l’illustre Drach, l’ancien et docte rabbin :
« Le Talmud de Babylone est le seul qui soit suivi. Il forme une collection qui n’a pas moins de douze volumes in-folio. Les deux Talmuds étouffent, comme on l’a fort bien dit, la loi et les prophètes! C’est le code religieux des Juifs modernes, bien différent de celui des anciens juifs. C’est lit que sont renfermées toutes les croyances ; et lorsqu’on a le courage de parcourir cet immense recueil, on y trouve
‘ Discours préliminaire du Yad-Hhazaka , Drach, Harmonie, t. I", p. 164. Voir plus bas la distinction de ces fausses iraditions et des vérilables; et lire dans Drach, à la suite, tout ce qui concerne le Talmud, son antiquité, etc.