CHAPITRE QUATRIÈME
les causes toujours ai/issantes de la haine des peuples contre les restes dispersés d’Israël »
« C’est ce livre qu’étudient et que commentent tous ceux qui parmi les Juifs prétendent au titre de savant. D’après ces commentaires, le texte de la Bible n’est plus un récit historique , un recueil de préceptes et de lois sublimes ; ce n’est plus qu’une allégorie que la Gliemara explique de la manière la plus étrange et la plus ridicule. C’est de ce commentaire que sont dérivées les chimères de la Cabale, les dangereuses erreurs de la magic, l’invocation des bons et des mauvais esprits, un long amas d’errm* morales, et une théogonie empruntée à la Chaldée et à la Perse. La Ghemara est, selon les Juifs modernes, l’accomplissement, la perfection, et c'est même là ce que son nom signifie en hébreu-, mais, dans la réalité, ce rommenrnire détruit la loi par ses interprétations ridicules ou absurdes et par les principes de Aaine qu’il contient pour tous les hommes qui ne font point partie de ce qu’il nomme le peuple de Dieu*. »
L’un des auteurs les plus érudits de l’histoire de l’Église nous a dit :
« Bien loin d’ouvrir les yeux k la lumière, les docteurs juifs, les rabbins, s'appliquèrent plus que jamais k s'aveugler eux-mêmes, et avec eux leurs compatriotes. » Ils rédigèrent donc « dans un jargon de diverses langues » les douze in-folio de leur Talmud. Leur but était « d’obscurcir le vrai sens des prophéties qui leur montraient Jésus-Christ. On y trouve cependant des aveux favorables k la vérité chrétienne. » Mais ce que l’on y remarque « surtout, c’est une
' Même pensée, de Bonald, Juifs, ci-dessus, en ce chapitre. — Id. Rohrbacher, Histoire de l’Eglise, l, XV, p. 483.
* Laurent, Relationdes affaires de Syrie, etc., t. II, p. 352-3, Paris, 1846. — Id., l’Eglise et la Synagogue, p. 5-6. — Nicolal Serrarii, Trihœres., lib. II, cap. xvi. — Lire id. Moréri, quoique cet auteur ne soit qu'une bien médiocre autorité, art. Talmud et Talmudistes, t. VI, Paris, 1732.
D’après le continuateur de l’historien Josè|ihe, « il n’y a point de bornes à la haine qu’ils ont contre les Caraïtes, parce que ces Juifs rejettent le Talmud, pour rester religieusement attachés au texte de Moïse. » T. pr, p. 359; Paris, 1710, Anonyme.
9î LES JUIFS.
multitude d’assertions el de fables, semblables à celles des gnostiqiies et des payens par rexlravagance et même par l’indécence. Cependant les Juifs mettent le Tulmud au-dessus de la loi de Moïse. S’occuper de la Bible, est-il dit dans le Talmud même, c’est un mérite, ou ce n’est pas un mérite; s’occuper de la Mischna , c’est un mérite, et l’on en est récompensé; mais s’occuper de la Ghemara, il n’y a pas de mérite plus grandi — C’est cette collection de traditions pbarisaïquesqui forme le plus grand obstacle à la conversion des Juifs'. »
On trouve dans le Talmud « les fables les plus obscènes, jusque sur les patriarches et les prophètes; rhumanité n’y est pas moins outragée que la pudeur’ ; » et non-seulement il est placé par les rabbins au-dessus de Moïse, mais audessus de Dieu lui-même; c’est-'a-dire que le Talmud proclame la supériorité des rabbins sur leur créateur. Confirmons par un e.xemple notre parole, car elle doit sembler plus que douteuse.
Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, écrivit contre les Juifs un traité en cinq livres ; et , dans le cinquième , il les confond en se contentant de tourner contre eux les fables absurdes et impies du Talmud. Dans l’une d’elles, à cette question ; Que fait Dieu dans le ciel? les feuilles du livre magistral répondent : Il n’y fait autre chose que de lire assidûment le Talmud , et d’en conférer avec les savants juifs qui l’ont composé. Or, un jour, dans une de ces conférences, il fut question de différentes sortes de lèpres, et quelqu’un demanda si telle maladie était ou n’était point une lèpre. Dieu fut d’un avis, et, malheureusement pour lui, les rabbins furent d’un autre. A la suite de chaudes discussions, la décision du cas fut référée d’un commun accord à Rabbi Néhémias, que la terre avait encore le bonheur de liosséder. L’idée vint alors k Dieu d’y faire descendre l’ange
^ Kohehacher, Histoire universelle de l'Eglise, t. \\ p. 78; 1850. Talmud, traité liaba-Meizigna, f» 33.
2 Ib., t. XV, p. 483; 1851.