CHAPITRE QUATRIÈME. 9.i
de la mort, avec mission d'amener au ciel l’âme de ce sage; mais l’ange trouva ce rabbin lisant le Talmud, et le Talmud est une lecture si sainte que quiconque s'y plonge ne peut mourir. L’ange se vit donc obligé d’user de ruse; et, d’après l’ordre du Seigneur, il fit au-dessus de la maison du rabbin un tel vacarme , que celui-ci détourna un instant les yeu\ du Talmud et put être frappé.
L’âme de Rabbi Néhémias s’éleva sur-le-champ vers les demeures célestes; elle y trouva Dieu tout occupé de discuter la question et de la soutenir contre les saints docteurs du judaïsme, et s’écria de prime abord : Non, certes, cette maladie n’est point une lèpre! — Dieu rougit de sa défaite, mais il n’osa se soulever contre la décision d'un si grand docteur, cl bientôt on l’entendit s’écrier ; Ah! mes enfants m’ont vaincu! Na-zahouni benaï '.
« Telle est une des fables rabbiniques dont fourmille le Talmud. On y voit l’orgueil satanique du Pharisien, qui met sa parole au-dessus de la parole de Dieu, sa science au-dessus de la science de Dieu, lui-même au-dessus de Dieu ’ » , et, par conséquent, lui-méme et son Talmud au-dessus de Moïse et de la loi mosaïque! Quelques écrivains, il est vrai, prétendirent assimiler ces monstruosités aux fables allégoriques des anciens; mais « il sufiit, nous afürme un ancien rabbin, de faire observer que les rabbins les accueillent à la lettre »
Et si nous ne repoussons point l’une de nos autorités les
‘Bib’. PP., t. XXII, p. lOtA.
2 Rohrbacher, Histoire universelle de l’Eglise, l. XV, p. i8t-2; 1851 .
* Üracl), première lelire, p. 74; 1825. — Une note qui suit l’évangile apocryphe de Thomas l’Israélite rapporte un des contes monstrueux des rabbins. « Cette anecdote, est-il dit, est peu de chose à côté d’une foule d autres que contiennent les écrits des rabbins. » Lire, pour s’en convaincre, la Bibliolheca rabbinica, Rome, 1675-1693, 4 vol. in-fol., du dominicain Bartolucci, qui a étudié à fond ces volumineux écrits, et la Bibliolhecalaiim et hebratca, eic., de Jo. Imbonati, 1694. a Nous avons parcouru ce vaste répertoire, et nous y avons trouvé des contes dignes di'S Mille et une nuits, et parfois d’une extrême indécence. » P. 170, ib., fables absurdes, livre d'Enoch, 343. id., Evangiles apocrvphes, tiad. d’après l'édition de C. Thilo, par G. Brunet, deuxième édition, augmentée; Paris, 1663.
plus sûres, celle de l’ancien et savant rabbin Dracb, dont la parole a multiplié les preuves delà prodigieuse ignorance de ces docteurs , nous saurons que presque tous lesguides d 'Israël bornent leurs études au fatras de cette effroyable théologie ' !
Or, l'homme agit en toutes choses d’après sa croyance. Ce qu’il croit avec sincérité passe, au jour le jour, et souvent même à son insu, dans ses actes. La foi d’un croyant est donc la raison de ses mœurs, et la source de sa morale-, ou bien, en d’autres termes, ses mœurs sont l’expression de sa foi; d’où l’on dira, sans possibilité d’erreur, que, chez tout peuple religieux, tant vaut la moyenne de la foi , tant vaut la moyenne des fidèles! Chez les Juifs, où pendant une longue suite de siècles la foi et la loi ne furent qu’une seule et même chose; chez ce peuple qui ne vivait que par sa religion, le Talmud fut donc le provocateur suprême des mœurs les plus antisociales, et l’inspirateur de la haine la plus forcenée de tout hébraïsant contre tout chrétien. Voiler la scélératesse et les turpitudes de ses préceptes religieux, les masquer, mais sans en supprimer l’enseignement; en un mot les soustraire à l’œil curieux des profanes, telle fut en conséquence la préoccupation du Juif, aussitôt que, du sein des peuples qui l’héhergeaient, des cris d’horreur et d’exécration retentirent avec un formidable ensemble contre sa foi. Certains textes disparurent alors de ce code monstrueux, et cessèrent d’être livrés b la circulation; mais, dans la crainte que le monde n’eût à gémir d’une telle perte , les rabbins se hâtèrent de confier à la mémoire les passages qui les eussent compromis, et les leçons orales remplacèrent la lettre supprimée.
t II est de notre devoir, avait donc écrit le savant orientaliste que nous avons si longtemps fréquenté, de faire connaître les maximes intolérantes, inhumaines *, que les rabbins professent à l’égard des Juifs convertis, des chrétiens, des payens et des Juifs qui trahissent les secrets de la Synago-
‘ 76., lettre première, p. 83; 18î5.
^ Et dont il fut lui-mème un cruel exemple en 4823.