‹ Le juifChapitre 66 sur 312 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

d’être ce que furent ses pères, doit couvrir et en quelque sorte dérober aux regards la loi de Moïse?

A côté de ces fruits du Talmud , le lecteur voudra peutêtre placer un instant , par la pensée , les fruits de l’arbre évangélique, afin de les mieux counaitre. La morale évangélique, et nous le savons, prend sa source à la base des dogmes chrétiens. Il se dit d’elle, et les incrédules ne l’ont point proclamé moins haut que les fidèles, que cette morale est b la fois la plus magnifique et la plus complète qui jamais ait éclairé le monde. L’inventer, si l’on en croit des hommes tels que le célèbre Jean-Jacques , était au-dessus des forces humaines. L’intelligence qu’elle émerveille lui rend un légitime hommage, et 1a nature, qu’elle assouplit et corrige en la domptant, reconnaît à la fois sa douceur et sa force. Elle est divine, et tels sont h ce litre les splendides rayonnements de sa beauté, que les doctrines les plus subversives, lorsqu’elles cherchent b se frayer un chemin au milieu des foules , sont réduites k lui faire de perfides emprunts ' , b usurper son nom , et b se composer avec elle une ressemblance qui se joue des yeux : Corruptio optimi pestima.

Mais puisque la morale évangélique est la chose du monde la plus connue, voyons donc si celle qui naît des traditions rabbiniques , ou des préceptes du Talmud * , aurait ou non quelque rapport avec cette règle des moeurs chrétiennes. Étude facile, curieuse, et que peu de traits rendront sinon complète, du moins suffisante. Et, d’abord, si la plus grande partie, quoique la moins sublime, de la morale du catholicisme a son code dans la Bible, et que le Talmud soit, ainsi que l’affirment les rabbins, un commentaire de cé livre sacré, comment les fruits de la Bible sont-ils divins

* Ceux, par exemple, qui font du Christ le prince de la doctrine des égalitaires.

* On nous permettra d’appeler doctrines du Talmud les doctrines ou les traditions pharisaïques ou rabbiniques antérieures à la rédaction des talmuds, puisque les talrauds sont le code où se formulèrent ces doctrines.

chez les hommes du Chrisl, tandis que ceux du rabbinisme seraient qualifiés de démoniaques par les Pères mêmes de l’Église ?

Démoniaques 1 A peine oserions-nous prononcer ce mot, s’il n’était de saint Jean Chrysostome; et rien ne nous semble plus intéressant que de voir, dès le quatrième siècle, à quel point de dégradation la doctrine faussée du judaïsme avait fait, au nom de Dieu, descendre la morale publique d’Israël. Si donc les leçons de l’histoire ont pour nous quelque attrait, écoutons la parole brûlante de ce puissant docteur, témoin attentif Studieux observateur des mœurs hideuses qu’il stigmatise:

« Autrefois les jeûnes des Juifs n’aboutissaient qu’k des procès et à des querelles; aujourd’hui, ils aboutissent au libertinage et a la débauche : on voit ces hommes, pieds nus, danser sur les places publiques; ils prétendent jeûner, mais leurs actes sont les actes que l’ivresse inspire. Écoutons comment le prophète veut que vous jeûniez : <■ Sanctifiez le jeûne! » Ainsi le jeûne tourne-t-il k votre utilité. Il ne dit pas : « Faites du jeûne une fête profane. » Non, mais il dit : il Annoncez l’assemblée solennelle, réunissez les vieillards'.» Et les Juifs d'aujourd’hui, réunissant des troupes d’efféminés ’, des bandes nombreuses de misérables courtisanes, attirent à la synagogue le théâtre entier, et les histrions de la scène; car leur synagogue ne diffère en rien de ces lieux publics! Que dis-je.? la synagogue n’est pas seulement un théâtre et un lieu de prostitution; elle est une caverne de brigands, un repaire de bêtes fauves. Votre maison est devenue, pour ainsi dire, la tanière de l’hyène, dit le Seigneur et non pas d’une bête ordinaire, mais d’une bête impure! »

Eh quoi, chrétiens! « lorsque l’heure de l’assemblée vous

> Joël, ch. I, v. 14.

^ Des infâmes ; molles; qui alterius fornicationem suslinent, qui in semetipsis fœminas profltentur. Du Gange.

3 Jérémie, ch. vu, v. 11.

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