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CHAPITRE CINQUIÈME

La Ghemara, pins tard, fourmilla de passages où les vertus de justice, d’équité, de charité, non-seulement ne doivent point s’appliquer au chrétien, mais changent de nature et deviennent un crime s’il en est l’objet; et le traité talmudique Avoda-Zara défend en termes exprès de sauver de la mort un non-Juif, de lui rendre ses biens perdus ou d’avoir pitié de sa personne'. Aussi catégorique que le Talmud, l’aigle de la Synagogue , Maimonide , après avoir énuméré les articles de la foi judaïque, s’écrie, en maudissant celui qui recule devant l’obligation de s’y soumettre : « Si quelqu’un est assez pervers pour en nier un seul , il est hors de la communion d’Israël ; c’est un précepte de le détester et de l’exterminer*! »

Toutes les passions, toutes les faiblesses du sincère orthodoxe sont donc appelées au secours de sa haine pieuse. Ainsi, dans une sorte d’hommage que le Juif talmudisant rend aux astres , le voyez-vous quelquefois diriger vers les corps célestes ses regards en sautant; puis, lorsqu’il semble s’être assuré que l’élasticité de son jarret ne peut lui permettre de les atteindre, l’entendez-vous s’écrier : « Puissent nos ennemis ne jamais nous atteindre non plus! Mais vous, Seigneur, vengez-nous des chrétiens; répandez sur les adorateurs du Christ les plaies et les fléaux dont jadis vous avez frappé l’Égypte. » Et Buxtorf remarque avec quelles instances ces fidèles de la Synagogue conjurent le Seigneur de faire passer entre leurs mains toutes les richesses des chrétiens ruinés, et d’exciter entre eux, de l’orient ’a l’occident, la plus affreuse guerre d’extermination ’. Honte, honte donc k qui les engendra, ces misérables; « que leur mère soit couverte d’ignominie, et qu’elle soit répudiée, car la fin des chrétiens n’est que vers et pourriture *. »

t. I, p. 166, 184i. Id.j sur ces imprécations, Baronius, Annales eccles., 1J86, n» XXlV ; 1320, n" XXVI, etc.

* Fol. 13 V”, fol. 20 v°. Traité Baba-Kamma, foL 29 v“, ib., 166.

2 Sur la Mischna, traité Sanhédrin, ch. x.

3 Pfefferkorn, l'Eglise et la Synagogue, p. 23-24-27.

« Ib.. p. 22.

132 LES JÜIFS.

Certes , nous avons les yeux trop grands ouverts pour ne reconnaître point que sous la douce et pénétrante influence de la civilisation chrétienne , toute viciée que nous ayons la douleur de la voir, les atroces exigences de la foi talmudique se sont considérablement mitigées chez tes Juifs nés dans les classes intelligentes et dans les régions les plus éclairées de l’Europe. Mais bien étranger serait aux réalités des choses de ce monde l’homme assez candide pour s’imaginer que le Talmud , dont l’empire conserve de nos jours encore une si singulière puissance, ne se retrouve plus sous l’épiderme, ou du moins sous le derme de l’immense majorité des Juifs. Trop souvent, en efle\, les hommes du commencement de ce siècle ont-ils pu constater de leurs yeux , ainsi que nous l’avons fait nous-méme , les preuves de la fidélité du Juif judaïsaut à ce précepte odieux, tracé de la main du rabbin Isaïa, au treizième siècle' , et que le dixneuvième voit enûn tomber en désuétude dans une partie de l’Europe ; « L’Israélite qui s’est donné à un culte étranger doit être considéré comme le chrétien et jeté dans la fosse; — ou, s’il tombe dans un puits et qu’on puisse faire adroitement qu’il y reste, qu’on le fasse*. »

Parmi les exemples les plus retentissants de cette haine implacable du Juif contre les convertis, et nous les choisissons entre ceux du premier quart de ce siècle, se place en première ligne l’enlèvement des enfants du célèbre orientaliste Drach, ce rabbin que ses puissantes et opiniâtres études des Écritures sacrées et du Talmud avaient amené, malgré les luttes de son cœur et les plus fortes répugnances de ses instincts judaïques, ’a la foi de l’ancienne synagogue eide l’Eglise. Nous n’emprunterons que d’une main sobre quelques traits aux récits touchants de ce père .si cruellement éprouvé, car nous ne visons point aux épisodes; mais nous pourrons ajouter au besoin notre parole à la sienne,

‘ Sommaire de l'Avoda-Zara.

^Cod. Vatic. hebratc., n» 184, p. 65. Ib., l’Église et la Synagogue,

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